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Journée OZP 2013. Conclusion par Marc Douaire : Ce que la refondation devra prendre en compte (sans tarder).
A l’AEF : "Il manque aujourd’hui une volonté politique"

11 juin 2013 Version imprimable de cet article Version imprimable

15ème journée nationale de l’OZP / CNAM Paris – 1er juin 2013
« Enseigner, éduquer, faire réussir en éducation prioritaire, mission impossible ? »

 

Conclusion : Ce que la refondation devra prendre en compte
par Marc Douaire, président de l’OZP

En conclusion des travaux de cette journée, ce sont les aspirations à la cohérence et à la continuité qui reviennent dans les expressions des acteurs de l’Education prioritaire et dans le contenu des tables rondes :en voici les idées majeures

Priorité à la pédagogie :
Il s’agit de construire de la réussite en donnant un sens collectif aux apprentissages et à la vie scolaire.
Le pilotage doit viser une mise en synergie d’acteurs (Anne Armand). L’action pédagogique ne doit relever ni d’un enseignement descendant ni d’un enseignement condescendant (Jacques Bernardin). Vouloir donner priorité à la pédagogie, vouloir rendre plus juste le fonctionnement de l’Ecole en France passe notamment par une remise en cause des contenus d’enseignement, de la conception des programmes, de l’évaluation des savoirs des élèves. C’est aussi avancer une exigence forte de formation conçue comme la construction d’une intelligence collective ; il est indispensable de développer des espaces collectifs pour que l’ensemble des acteurs puissent penser ensemble.

Le réseau dans la ville : de la cohérence éducative dans le territoire
Il s’agit là d’un des fondamentaux de la politique de l’éducation prioritaire, l’action partenariale étant conçue comme un élément constitutif. Il est nécessaire d’y revenir .
Cette cohérence s’appuie sur un co-pilotage effectif, le partage des valeurs éducatrices, un diagnostic partagé, un état d’esprit collectif attentif à valoriser les réussites des enfants et des jeunes
Pour construire un projet partagé et durable il faut de la stabilité.
Nécessité de clarifier la notion de réseau : à tous les niveaux le réseau doit décliner convergences, complémentarité, mutualisation, solidarité entre les acteurs.
Il est temps de mettre fin à l’empilement des dispositifs.

Les nouvelles professionnalités :
S’agit-il de nouveaux métiers ? Nous ne le pensons pas. L’histoire de l’éducation prioritaire et son évolution ont fait apparaitre des besoins auxquels les institutions ont répondu en termes de missions réalisées par des fonctions nouvelles : coordonnateur, enseignant référent, préfet des études.
La grande innovation des RAR ce fut les enseignants référents. Il était indispensable de pérenniser les actions des RAR plutôt que de les remettre brutalement en cause pour créer Eclair.
La question du profilage des postes afin de stabiliser les équipes et consolider les actions est posée : des formes multiples peuvent être envisagées.

Marc Bablet, au nom du ministère, a souhaité « inscrire la réflexion d’aujourd’hui dans le cadre de la réflexion d’hier ».
Nous partageons ce souci de mémoire et de continuité. La première de nos exigences concernant la refondation de l’éducation prioritaire porte sur la nécessité primordiale de la continuité du pilotage national de cette refondation. A l’heure des évaluations de l’éducation prioritaire, commençons par nous pencher sur l’évaluation de la continuité de ce pilotage : sur plus de 30 années, combien d’années « utiles » ? 8 ou 9 à peine !
- Il y a besoin d’éducation prioritaire : donc il y aura une relance nationale de l’Education prioritaire
- Il faut rechercher une meilleure efficacité : le meilleur indicateur de réussite serait la décorrélation entre origine sociale et réussite scolaire
- Il y aura des Assises académiques suivies d’assises nationales dans le cadre de la démarche interministérielle afin d’aboutir à des décisions pour les rentrées 2014 et 2015.

Ces trois tables rondes ont mis en évidence la richesse des réflexions, la sagacité ses propositions conduites dans le cadre de l’Education prioritaire. Cette journée doit être considérée comme une contribution à la refondation de l’Education prioritaire, permettant d’alimenter les débats qui devront être conduits dans le cadre des Assises nationales.

Faut-il attendre encore quelques mois les résultats de nouvelles évaluations de l’Education prioritaire ? Nous ne le pensons pas. Le bilan national des RAR établi par la DGESCO en 2010, quoiqu’imparfait, indiquait clairement les axes d’une relance. La carte des RAR ne souffrait pas de contestation.

La nécessaire refondation de l’Education prioritaire doit donc s’engager sans attendre. Les décideurs politiques disposent de maintes évaluations et travaux de recherche depuis des années. Il y a quelques mois à peine, dans le cadre de la concertation nationale pour la refondation de l’Ecole, le groupe de travail « une école plus juste pour tous les territoires » avait à l’issue de ces travaux mis en évidence un certain nombre de points de consensus :
- maintien de la labellisation Education prioritaire
- fin de l’empilement des dispositifs (Education nationale et Politique de la ville)
- exigence d’un pilotage national ministériel et interministériel de cette politique
- affirmation du caractère territorial de la politique de l’Education prioritaire
- primauté du réseau école/collège comme unité de base d’une politique scolaire
- renforcement de l’accompagnement et de la formation continue des équipes
- reconnaissance des fonctions de coordination
- exigence de la prise en compte de l’évolution du métier enseignant : travail en équipe, reconnaissance de toutes les tâches autres que les heures de cours, temps de concertation inclus dans le temps de service…

Des points restaient en débat : le périmètre de la future géographie prioritaire, l’utilisation des moyens supplémentaires, l’avenir du dispositif Eclair.

Présenter ces points de consensus et de débat en conclusion aurait permis à l’époque de vivifier le débat démocratique autour de la question de la refondation. Au lieu de cela, le choix a été fait d’énoncer sans débat des propositions qui tournent le dos à la réflexion conduite pendant des dizaines d’heures par plus de soixante représentants d’associations d’élus, responsables d’associations nationales, universitaires, acteurs de terrain, dirigeants d’organisations syndicales…

L’heure est à la décision politique. L’OZP a voulu que cette journée soit celle des acteurs de l’Education prioritaire. Il ne faut pas oublier en effet que, si l’analyse et la réforme des dispositifs constitue un enjeu important, rien ne peut être entrepris sans la reconnaissance de l’engagement des acteurs de l’Education prioritaire tout au long de ces années.
Cette reconnaissance est légitime et appelle sans tergiverser des décisions politiques de refondation.

 

Marc Douaire à l’AEF : "Il manque aujourd’hui une volonté politique"
« Il manque aujourd’hui une volonté politique. Il faut arrêter de tergiverser, d’avoir peur de son ombre et passer à une vitesse supérieure » en matière d’éducation prioritaire, indique Marc Douaire, jeudi 6 juin 2013.Retour ligne automatique
Dans une interview à AEF, le président de l’OZP (Observatoire des zones prioritaires) estime qu’il faut « donner des signaux forts » aux personnels de terrain. « On ne peut pas attendre la rentrée 2014 ou 2015 », alors que « nous avons tous les éléments d’analyses et d’évaluations possibles », affirme-t-il.

Note du QdZ : "tous les éléments d’analyses et d’évaluations possibles". Voir par exemple la rubrique "Rapport officiels" du site de l’OZP

 

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