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La gestion de la crise du recrutement à la rentrée. Visite de Pap Ndiaye à Créteil (Le Café)

24 août

Crise du recrutement : Pap Ndiaye gère à l’économie
"A ce stade nous sommes confiants pour la rentrée". En visite le 23 août au rectorat de Créteil, le ministre de l’éducation nationale s’est voulu rassurant pour la rentrée, assurant qu’il y aura bien un professeur devant chaque élève. Les syndicats sont plus critiques sur la qualité des personnels recrutés et sur la durabilité d’un dispositif qui devra tenir au moins l’année... Mais si le ministère communique beaucoup sur le recrutement de contractuels, en réalité il gère cela à l’économie. Créteil recrute plutôt moins de contractuels qu’en année ordinaire. La crise du recrutement est gérée avec l’objectif de diminuer de façon durable le nombre de fonctionnaires.

Un ministre confiant

"A ce stade nous sommes confiants pour le 1er et le 2d degré... La situation est comparable voire légèrement meilleure à celle de l’année dernière... Nous assurons une formation sur 4 jours à quoi s’ajoute dans le premier degré une formation à distance par la Dgesco".

Ce n’est pas par hasard que Pap Ndiaye est venu à Créteil. Cette académie fait traditionnellement largement appel aux contractuels avec en année ordinaire 3% de contractuels dans le 1er degré, soit trois fois plus que la moyenne nationale. Dans le second degré l’académie compte 12% de contractuels, moitié plus que la moyenne nationale.

L’ampleur de la crise

Créteil est aussi symbolique de la crise du recrutement de cette rentrée. Dans le premier degré public sur 9 951 postes de professeurs des écoles proposés nationalement, 8265 seulement ont été pourvus. Or à Créteil, sur 1665 postes proposés seulement 900 ont été pourvus. La moitié des postes n’a pas trouvé preneur. Le concours spécial qui d’habitude compense les postes non pourvus au concours externe de professeur des écoles connait lui aussi un très faible rendement. 500 postes étaient offerts. Seuls 214 sont pourvus. Dans le premier degré plus de 500 postes restent vacants à la rentrée dans l’académie.

Dans le second degré, nationalement, les postes restés vacants sont répartis de façon très inégale selon les disciplines. En éducation musicale les deux tiers des postes ne sont pas pris. En lettres classiques, en allemand plus de la moitié des postes sont vacants. En maths et en physique chimie un tiers des postes ne sont pas pourvus. Il manque aussi des enseignants en lettres modernes (près de 150), en anglais (une centaine). Là le recrutement est national. Mais dans la concurrence pour les postes, Créteil n’est pas bien placé.

Le ministre doit donc faire face à un manque global d’enseignants mais avec des manques graves sur certaines disciplines et certains territoires, ce qui aggrave fortement la situation.

A cela s’ajoutent les départs volontaires d’enseignants. En 2020-2021 ils étaient 2286. Le ministère ne donne pas de nombre pour cette année scolaire mais tout laisse à penser qu’ils sont encore plus nombreux. "On a fait le choix de développer une gestion individualisée alors on doit respecter les envies des professeurs", dit-on au ministère. La loi de transformation de la fonction publique a créé les ruptures conventionnelles. Même si la plupart sont refusées, le ministère est obligé d’en accepter. Là aussi ce sont quelques milliers d’enseignants qu’il faut remplacer.

Quand Créteil recrute moins de contractuels cette année...

Pour faire face à la situation, "nous recrutons des contractuels", a rappelé Pap Ndiaye le 23 aout. "Pour cela nous avons fidélisé un certain nombre en prolongeant leur contrat jusqu’au 1er septembre, de manière à avoir un volant de contractuels expérimentés... Nous recrutons du mieux possible des contractuels".

Selon le recteur de Créteil, dans le 1er degré 700 contractuels ont été "fidélisés" et 200 nouveaux contractuels sont recrutés. Dans le second 1400 contractuels sont renouvelés et les équipes du rectorat en cherchent toujours d’autres. "Nous ne sommes absolument pas inquiets", assure le recteur.

Ce qui est frappant c’est la comparaison de ces chiffres avec les recrutements des années précédentes. En fait l’académie de Créteil, celle qui manque le plus d’enseignants, recrute plutot moins de contractuels qu’en année ordinaire. Selon la dernière édition du Bilan social de l’académie, elle a recruté 871 contractuels dans le 1er degré en 2019-2020 et 3654 contractuels dans le second degré. Finalement on est très loin d’un effort exceptionnel de recrutement cette année. La réalité des chiffres c’est que l’académie de Créteil va recruter probablement moins de contractuels cette année.

Ces chiffres dérangeants ont une explication. Cette année les professeurs stagiaires titulaires d’un master MEEF sont en classe à temps complet. Ils "comptent double" par rapport aux stagiaires de l’année dernière. Par conséquent le rectorat espère arriver à garnir les classes sans recruter davantage de contractuels que les années précédentes. La crise de recrutement est énorme mais la gestion est toujours aussi économe. Il y aura fatalement de forts ajustements de dernière minute, y compris des fermetures de classes, devant la réalité de la rentrée avec ses désistements et la découverte des différents statuts des stagiaires...

" Il y aura des adultes en classe, pas des enseignants"

Du coté des syndicats l’inquiétude est réelle surtout sur la qualité des recrutements. "Pour nous il n’y aura pas un enseignant dans chaque classe à la rentrée sauf à considérer qu’un contractuel embauché en 30 minutes est un enseignant", dit le même jour Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp Fsu. "On s’interroge sur l’utilité des cellules mises en place dans les rectorats. C’est de la poudre aux yeux. On ne sait pas qui aidera les contractuels... On a déqualifié le métier en recrutant des personnels non qualifiés. Il y aura des adultes en classe, pas des enseignants".

La secrétaire générale du Snuipp Fsu marque d’autant plus son mécontentement que Pap Ndiaye aurait pu recruter les personnels formés et disponibles des listes complémentaires. Devant la Commission éducation de l’Assemblée, le 2 août, il a d’ailleurs affirmé le faire. Or d’après le Snuipp Fsu, le ministre n’a autorisé à utiliser les listes complémentaires que pour pallier les désistements dans les listes principales. Mais il l’a interdit pour pallier au manque d’enseignants. Pour cela il recrute des contractuels. A la différence des personnes recrutées sur listes complémentaires, qui deviennent fonctionnaires stagiaires, les contractuels ne sont pas appelés à durer.

Une gestion qui anticipe la baisse du nombre d’élèves

On a vu que la crise du recrutement ne va pas forcément entrainer une hausse du nombre de contractuels recrutés. Dans sa gestion, elle permet au ministère de commencer à diminuer le nombre d’enseignants titulaires dans la perspective de la baisse du nombre d’élèves. Pap Ndiaye a précisé devant la commission éducation de l’Assemblée que 500 000 élèves disparaitront des classes durant le quinquennat. Cela pourrait même être plus. Le ministère pourrait utiliser cette opportunité pour reconstituer le niveau de remplaçants et de professeurs spécialisés qui existait au début du siècle. Il prépare en fait la récupération des moyens de l’Education nationale au profit du budget général. C’est cela qui est derrière la gestion de la crise du recrutement.

François Jarraud

Sur la crise du recrutement

Extrait de cafepedagogique.net du 24.08.22

 

Classes surchargées, manque d’enseignants... La rentrée scolaire s’annonce compliquée
Plus de 3 700 postes n’ont pas été pourvus à l’occasion des concours enseignants organisés en 2022. Résultat : une pénurie de professeurs pour la rentrée, et des élèves impactés.

À un peu moins de deux semaines de la rentrée, le jeudi 1er septembre 2022, de très nombreux enseignants n’ont pas encore reçu le détail de leur affectation.

Par ailleurs, « les effectifs ne sont pas du tout au complet, il n’y aura pas assez d’enseignants », prévoit Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, et professeure de sciences économiques et sociales (SES).

« Cette pénurie d’enseignants, c’est le grand dossier de la rentrée« , nous confie le ministère de l’Éducation Nationale. Et cela risque de retomber directement sur les élèves.

Extrait de actu.fr du 22.08.22

 

Rentrée scolaire : y aura-t-il assez de profs ?
Une course contre la montre est engagée pour qu’aucune classe ne se retrouve la semaine prochaine sans enseignant. Un casse-tête alors que les concours pour entrer dans le métier sont loin d’avoir fait le plein.
Dans le second degré, il manque notamment des professeurs de lettres classique, d’allemand, physique-chimie ou encore de mathématiques.

« Il y aura un enseignant devant chaque classe à la rentrée scolaire. » Cette phrase en forme d’engagement, Pap Ndiaye, le ministre de l’Éducation nationale, l’avait formulée dès juin dans Le Parisien-Aujourd’hui en France. Encore récemment, lors de ses auditions au Sénat puis à l’Assemblée nationale dans le courant de l’été, il l’a répétée. Mais le nouveau locataire de la Rue de Grenelle a reconnu face aux sénateurs que « la situation n’est pas idéale ». Un euphémisme. Son ministère fait face à une crise d’attractivité du métier. Les derniers concours de recrutement d’enseignants n’ont pas fait le plein. 4 000 postes sont non pourvus sur les 27 332 à prendre dans le public et le privé.

Extrait de leparisien.fr du 23.08.22

 

Éducation nationale : la rentrée délicate des nouveaux enseignants contractuels
Enquête Après avoir passé avec succès des entretiens d’embauche au début de l’été, les nouvelles recrues de l’éducation nationale s’apprêtent à vivre leur première rentrée. Ces professeurs contractuels, parfois étrangers au monde de l’enseignement, préparent leurs cours dans la plus grande incertitude, à quinze jours de la rencontre avec leurs élèves.

Extrait de lacroix.fr du 18.08.22

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