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Le think tank libéral Ifrap propose " de faire sauter la règle du 80/20 pour permettre de développer l’enseignement privé sous contrat dans les zones moins favorisées" (avec une référence à la carte de l’EP)

9 juin 2023

Mixité sociale à l’école : il faut autoriser l’ouverture de plus de classes dans le privé sous contrat

Le 11 mai dernier, le ministre a (enfin) présenté son plan pour la mixité sociale à l’école. Dans les établissements publics, un objectif non contraignant d’accroitre la mixité sociale de 20% a été fixé tandis que l’enseignement privé catholique a lui, signé un protocole où le secteur s’engage à doubler la part d’élèves boursiers inscrits et à généraliser des frais de scolarité dégressifs pour les familles plus modestes... une pratique déjà généralisée selon la dernière enquête de la Cour des comptes sur l’enseignement privé sous contrat.

Il faut surtout déplorer que, dans ce débat, jamais il n’ait été proposé de faire sauter la règle du 80/20 pour permettre de développer l’enseignement privé sous contrat dans les zones moins favorisées. Si cette règle était vraiment respectée, plus de 330 000 élèves actuellement scolarisés dans le public devraient l’être dans le privé, ce qui demanderait de faire basculer 1 600 établissements publics vers le privé sous contrat. Une modification du paysage éducatif qui influencerait automatiquement l’actuelle carte de la mixité sociale des établissements scolaires.

Des expérimentations pour accroitre la mixité sociale dans le public pour toujours concluantes
Du côté du public, les autorités académiques pourront choisir les mesures et expérimentations à mettre en place pour atteindre cet objectif… Tout au long du mois de juin, les rectorats devront ainsi tenir des instances académiques de dialogue et de pilotage de la mixité sociale, entre les établissements publics et privés, mais aussi les collectivités territoriales et les familles, afin de présenter des pistes à mettre en place dans le courant de l’année 2024 et ce, pour une période de 3 ans. Ces instances continueront à se tenir 2 fois par an, notamment pour évaluer les mesures mises en place.

On sait déjà que le conseil départemental d’Ille-et-Vilaine et la ville de Rennes, qui expérimente un secteur multi-collèges depuis 2018, souhaitent consulter les familles des collégiens, via des ateliers tenus ce mois de juin, pour préparer une nouvelle carte scolaire favorisant la mixité sociale et évolutive de 2024 à 2026. Le président du conseil départemental, Jean-Luc Chenut, a déjà prévenu que pour le privé, le département travaille à concentrer les crédits vers les établissements « qui pratiquent la tarification à trois niveaux » et que, dans le public, « les écoles ne seront pas nécessairement rattachées au collège le plus proche ».

[...] Attention également à l’utilisation des IPS pour déterminer les nouvelles cartes car cet indice n’est pas unique : pour rappel, la carte de l’éducation prioritaire (REP et REP+), révisée pour la dernière fois en 2014, se fonde également sur un « indice social unique ». Or, les deux méthodes de calcul aboutissent à des résultats parfois contradictoires puisque, en 2022, 1 488 collèges publics ne sont pas en REP alors qu’ils affichent un IPS en dessous de la moyenne nationale dont 122 collèges qui ne sont pas classés en éducation prioritaire alors qu’ils affichent un IPS inférieur à la moyenne des REP. À l’inverse, 20 collèges classés en éducation prioritaire ont un IPS supérieur à la moyenne des collèges publics.

Extrait de ifrap.org.fr du 06.06.23

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