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Séminaire OZP du 13 mai 2023. Table ronde du matin : "Quelles raisons et quels objets de travail rendraient le réseau indispensable ? »

23 mai 2023

Séminaire OZP du 13 mai 2023.
« Faire réseau en éducation prioritaire ; quels contenus ? quelle animation ? »

Compte rendu de la Table ronde du matin « Quelles raisons et quels objets de travail rendraient le réseau indispensable ? »

De gauche à droite : Sophie Fournier, Arlette toussaint, Djibril Gahète, Nicolas Leyri

Intervenants :
Sophie Fournier, IPR-IA Histoire-Géographie, chargée du dossier Éducation Prioritaire dans l’académie de Versailles de 2013 à 2020
Djibril Gahète, principal du collège REP + Romain-Rolland de Clichy-sous-Bois, l’un des trois collèges REP + de la cité éducative de Clichy-sous-Bois
Nicolas Leyri, ancien coordonnateur du REP + Orly, actuellement en poste au LAB d’innovation de l’Éducation Nationale.
Animatrice : Arlette Toussaint, membre du Conseil scientifique de l’OZP

 

Introduction, par Arlette Toussaint

Cette première Table ronde de la journée se donne pour objet de se centrer, non pas sur le « Comment, Comment faire réseau ? » (objet de la Table ronde de la rencontre OZP du 1er février 2023), ni tout à fait sur le « Pourquoi, Pourquoi faire réseau ? », mais de mettre en lumière ce qui rend, qui rendrait, le réseau indispensable.

La question posée aux intervenants, « Quelles raisons et quels objets de travail rendraient le réseau indispensable, par sa formulation même, présuppose ou peut laisser entendre que le réseau n’est pas, pour le moment, indispensable, tout au moins qu’il n’est pas vu comme indispensable.

D’ailleurs, du côté de l’Institution, outre que les derniers dispositifs ministériels, celui des Contrats Locaux d’Accompagnement comme celui de l’École du futur, masquent difficilement le projet de l’État de calquer l’organisation et le fonctionnement de l’école publique sur le modèle de l’enseignement privé sous contrat, ce que l’on perçoit, c’est que les choix ministériels ne constituent pas un réel soutien à la politique de réseau.
Le dispositif des Contrats Locaux d’Accompagnement, par exemple, étant centré sur le seul établissement et non plus sur un réseau, escamote les principes mêmes de la politique de l’Éducation prioritaire, ce qui ne peut que nous inquiéter.

Du côté des acteurs des réseaux, si l’on se fonde sur les points qui avaient émergé lors des journées précédentes ainsi que sur l’enquête conduite par l’OZP en 2019 (le MEN n’ayant pas tenu ses engagements de faire une évaluation comme cela avait été prévu), on constate qu’il n’y a pas, par les acteurs des réseaux, de remise en cause des réseaux, de leur nécessité.

Mais est-ce si simple ? Est-ce que l’on peut affirmer que le réseau est vu comme indispensable par tous, au moins par tous les acteurs des réseaux, par les équipes des réseaux ?
S’il l’est, quelles raisons et quels objets de travail le rendent indispensable, font qu’il est indispensable ? S’il ne l’est pas, pour qui ne l’est-il pas ? Pourquoi ne l’est-il pas ? Que faudrait-il faire pour qu’il le soit ? Quelles raisons, quels objets de travail le rendraient indispensable ?

Ce sont les questions auxquelles les trois intervenants, de par les fonctions différentes qu’ils ont ou ont eues en Éducation Prioritaire, sont invités à apporter leur éclairage.

Prise de parole des intervenants

Djibril Gahète manifeste son souhait, du fait de sa fonction de principal de collège REP+, de s’exprimer avec prudence et humilité par respect pour les équipes de son collège, rappelant que nombre d’enseignants, d’éducateurs sont en souffrance. Il veut, d’autre part, leur témoigner son soutien et leur rendre hommage.
Il a constaté que de bonnes pratiques pouvaient disparaitre si elles n’étaient pas portées par les institutions. Ainsi, il a dû faire renaitre, dans son établissement, des pratiques et objets de travail qui avaient disparu. Pour lui, la question posée ramène à la question du pourquoi, donc du sens. Aussi, plutôt que de mettre en place des objets de travail, il s’est attelé, avec ses équipes, à réfléchir aux expertises pédagogiques qui pouvaient être mises en place pour travailler à la réussite des élèves, objectif à ne jamais oublier. Il préfère au demeurant parler d’« outils » plutôt que d’ « objets de travail » et souligne que tout ce qui peut permettre de travailler sur la mémoire du réseau est fondamental.
Certes, il y a des réseaux, des formes de réseaux en dehors de l’Éducation Prioritaire, mais la réussite de tous est à travailler tout spécifiquement dans les établissements d’Éducation Prioritaire, notamment dans les REP + ». Pour cela, Djibril Gahète insiste sur la double dimension « horizontalité / verticalité » : l’horizontalité, qui conduit à prendre en compte l’ensemble des acteurs du réseau, en s’assurant que les partenariats qui existent visent bien la réussite des élèves et que les actions retenues ne tombent pas dans une logique de guichet visant à récupérer des fonds ; la verticalité, qui nécessite de travailler dans la durée en considérant le parcours de l’élève. Selon lui, avoir une vision globale de l’élève est primordial, cette prise en compte globale de l’élève étant la priorité des priorités pour que le réseau soit vu comme indispensable par ceux qui y sont.
Toutefois, si la réussite des élèves est première, il faut aussi s’intéresser à la réussite des acteurs. Et, face au turnover des pilotes, il lui apparait essentiel de s’appuyer sur la stabilité des coordonnateurs de réseau, qui en transmettent la mémoire.

Nicolas Leyri précise que c’est au titre d’ex-coordonnateur du REP + d’Orly, avec lequel il a gardé de nombreux contacts, qu’il prend la parole dans cette table ronde pour faire part de son expérience avec humilité.
Il annonce qu’il choisit de centrer son propos sur l’opérationnel, dimension qui fait trop souvent défaut. De son point de vue, la lutte contre les inégalités scolaires s’apparente un peu à une forme de « guérilla » : on a affaire à des actions d’excellente qualité, mises en œuvre par des personnes extrêmement compétentes, mais ces actions souffrent de ne pas s’inscrire dans une continuité. Or, ce dont on a besoin, ce n’est pas d’une guérilla, mais d’une lutte drastique contre les inégalités. Il faut mener un combat de haute intensité partout et tout le temps. Il faut des actions pédagogiques, éducatives, des projets pensés, cohérents, durables dans le temps, complémentaires, inter degrés.
Pour cela, une coordination est nécessaire. Coordonner, c’est organiser, c’est aussi animer, dynamiser, donner vie à un ouvrage d’esprit. On peut avoir le meilleur projet de réseau, mais s’il n’est pas « mis en musique » par un coordonnateur, cela ne fonctionne pas. Pour que cela fonctionne, il faut amener les gens à travailler ensemble, c’est-à-dire à « faire réseau ».
Et, pour Nicolas Leyri, il ne s’agit pas simplement d’actions, mais d’une sorte de label, une marque, sans la dimension économique et mercantile, qui permet de projeter une identité lisible, une image valorisante. Le REP + en tant que marque traduit la volonté des pilotes dans le temps.
La marque REP + sert à identifier (pour les enseignants, les parents, les élèves, les partenaires…), à donner du sens (choix des objectifs, pratiques communes et raison de ces choix), à fédérer le sentiment d’appartenance (sentiment d’appartenance, qui peut être mesuré à l’aune de l’attachement et de la reconnaissance ressentis à l’égard du réseau), à attirer (enseignants, formateurs, familles…), à valoriser pour montrer que « ça peut marcher » et que « ça peut conduire à des progrès ».
La marque a des atouts : ses savoir-faire, ses professeurs, son organisation, ses moyens, des standards de formation, et elle apporte un fil conducteur pour l’action.
Nicolas Leyri constate que la littérature ne manque pas sur la dimension stratégique, tactique, mais est assez pauvre sur la dimension opérationnelle. Or, on gagnerait à dire ce qu’il faut pour faire fonctionner un réseau au quotidien, pour engager les enseignants et autres acteurs potentiels, pour les convaincre que « faire réseau » est indispensable.
Le rôle du comité de pilotage est essentiel, la réunion de ses membres ne peut être une cérémonie rituelle. Le comité de pilotage doit être au service des enseignants, son objectif étant de répondre aux besoins des enseignants ainsi qu’à ceux des autres personnels (dont les personnels du pôle médico-social) et des partenaires.
C’est en parvenant à engager l’ensemble des enseignants et personnels, à faire en sorte qu’ils trouvent un bénéfice à participer à la vie du réseau, à harmoniser leurs pratiques, c’est en parvenant à gagner leur adhésion pleine et entière que le réseau devient quelque chose d’indispensable, voire d’obligatoire.
Pour cela, il s’agit de créer une conscience collective, ce qui nécessite de ne pas brûler les étapes et de travailler d’abord sur les valeurs communes.

Sophie Fournier fait observer, suite au propos de Nicolas Leyri, qu’il faut aussi regarder ce qui se passe ailleurs dans le système éducatif. Elle participe actuellement à la labellisation des établissements E3D (École ou Établissement en Démarche globale de Développement Durable). La validation du label E3D suppose un engagement de l’établissement et impose de répondre à un cahier des charges, avec des critères clairement nommés et une précision s’agissant des valeurs, des actions, de l’organisation, jamais observée pour ce qui relève de l’Éducation prioritaire. Elle note que ce pourrait être inspirant pour l’ÉP, conduire, par exemple, à remettre constamment le projet de réseau sur le métier en dégageant des priorités d’action.
Sophie Fournier revient ensuite plus strictement à la question posée et compare réseau et autre territoire. Le réseau est une organisation mobilisatrice pour tous les acteurs, ce qui signifie que c’est une organisation coûteuse pour les acteurs (principal, IA IPR, IEN, coordonnateur, CPE…). Il faut donc que le réseau apporte une plus-value. C’est une organisation mobilisatrice parce que chacun apporte son expertise dans son domaine : le Chef d’établissement sur le pilotage des équipes, le fonctionnement de son établissement, la formation…, l’IA IPR sur les questions qui relèvent de sa fonction, mais en dépassant le cadre de sa discipline, le coordonnateur fait sortir chacun sa zone de confort… C’est également coûteux pour les enseignants, la participation active au réseau entrainant un accroissement non négligeable de leur travail.
Chacun va devoir au sein du réseau, par cette mobilisation plus importante, concilier les orientations du système scolaire, le travail en équipe avec les autres disciplines, avec le 1er degré pour le 2nd degré etc. Les actions du réseau vont amener chacun à collaborer de façon non hiérarchique.
Le réseau oblige, en outre, à une lecture révélatrice des forces et des faiblesses du territoire (cf. le centre Alain Savary). On va repérer le mode de fonctionnement du réseau, les ponts d’appui, identifier les personnes ressources, les « passeurs ». Aucun autre territoire ne fait ce travail d’analyse de ses forces et faiblesses.
Le réseau est aussi une structure qui est accompagnée - même si ce n’est pas encore satisfaisant - par la recherche, par les corps d’inspection, les formateurs (il y a souvent des formations spécifiques), des modérateurs.
Elle remarque que les REP et REP+ se sont beaucoup investis dans l’opération "Notre école, faisons-la ensemble !", notamment dans l’académie de Versailles. Un directeur d’école de Gennevilliers, présent dans la salle, observe que c’est surtout le privé qui s’est investi, ce que réfute Sophie Fournier, notamment pour l’académie de Versailles.
Elle ajoute que le réseau ÉP est l’un des rares territoires qui a la possibilité de réfléchir à l’utilisation de ses moyens et la possibilité de redéfinir ses objectifs. Toutes ces particularités n’existent pas ailleurs ou, alors, de façon bien moindre. Elle note toutefois que le réseau est une structure fragile en ce qu’elle est très dépendante des différents acteurs.
Sophie Fournier souligne que ce qui est indispensable dans le réseau, c’est la mobilisation de tous, mais conclut que la question est encore à creuser.

Débat

Arlette Toussaint revient sur les termes « organisation » et « structure », qui ont été employés à plusieurs reprises : si une structure est nécessaire, quelle en est, quelle en serait la spécificité en Éducation prioritaire ?

Sophie Fournier répond que ce n’est pas si évident que cela : ce n’est pas le réseau qui reçoit les moyens, mais l’établissement. Il n’y a pas de réelle autonomie des réseaux. Le réseau n’existe pas en tant que tel, c’est un objet qui se constitue. Ce sont les signaux institutionnels qui concourent à faire exister un réseau. Mais le réseau a cette fragilité majeure : il dépend des acteurs, des pilotes.

Nicolas Leyri observe que, après son départ, la mobilisation dans le REP+ d’Orly avait fortement ralenti durant quatre ans, mais elle reprend. Le coordonnateur actuel a fait le tour des écoles et a pu constater que ce qui avait été mis en place n’avait pas été abandonné, mais mis en sommeil. Les valeurs, elles, continuent d’exister, les objectifs individuels qui rejoignent les objectifs collectifs, la façon de lutter contre la discontinuité. Il note qu’il y a toujours un turnover chez les acteurs, les pilotes. Ceux qui se maintiennent le plus dans les réseaux, ce sont les enseignants. S’ils restent, c’est qu’ils y voient un intérêt. Le réseau se justifie si l’expérience vécue au quotidien est positive, si le REP+ a une véritable identité, s’il s’y passe quelque chose de spécifique, si l’enseignant en tire une certaine fierté et a l’espoir de faire progresser les élèves. Dans un réseau, la collaboration entre tous les acteurs est indispensable. Il ajoute que l’IEN ne peut y exercer sa fonction comme dans un territoire non REP. Si l’on veut qu’il y ait un réseau, il faut que l’exemple vienne d’en haut.

Djibril Gahète fait remarquer que, la question étant complexe, on revient inexorablement au « comment », tout en ayant toujours en tête la question du sens. Et c’est aux pilotes de faire émerger cette question du sens, eux qui doivent afficher ce qui fait que le réseau est indispensable.

Didier Bargas, IGAENR honoraire, après avoir annoncé qu’il se faisait l’avocat du diable, déclare que le réseau est un ectoplasme : il n’a aucune identité, aucune existence juridique officielle. Un chef d’établissement REP n’est d’ailleurs pas jugé sur ce qu’il fait dans le réseau mais sur ce qu’il fait dans son établissement.

Nicolas Leyri interroge : est-ce que la réussite de l’établissement ne passe pas par la réussite du réseau ? Il a souvent constaté que le réseau est considéré comme un dossier parmi d’autres, alors qu’il englobe tout. C’est une circonscription dans la circonscription, un bassin dans le bassin.

Stéphane Kus, directeur d’école élémentaire REP à St Priest, regrette une Éducation prioritaire à deux vitesses. Ce dont il a été question dans l’échange jusqu’ici, ce sont les REP+, réseaux qui s’appuient sur un support temporel, des temps de formation, des temps de concertation. Mais, en REP, tous ces supports n’existent plus. Il ne reste plus que le coordonnateur, qui n’a plus de moyens temporels. Demeure l’investissement. En tant que directeur d’école, son rôle premier est de protéger les enseignants du « toujours plus ». On ne peut demander aux enseignants d’aller au-delà de l’acceptable. Il y a une intensification du travail enseignant, pour de multiples raisons. La question est donc celle-ci : est-ce que le réseau peut ne pas être « en plus », mais constituer une aide pour faire le travail au quotidien ?

Sophie Fournier confirme que la question du « en plus » devient de plus en plus prégnante. Le système éducatif traite de nombreuses questions : l’égalité filles/garçons, l’inclusion, le développement durable, les E3D…, autant de politiques qui s’ajoutent à l’ordinaire. Pour les réseaux ÉP, c’est une vraie difficulté que de prendre en compte et coordonner toutes ces questions.

Arlette Toussaint souligne la difficulté que cela représente également en Formation initiale, qui se voit dans l’obligation d’intégrer ces différentes problématiques dans des maquettes très contraintes.

Marc Douaire rappelle la philosophie qui soutient l’ÉP : une politique de lutte contre les inégalités. Certes, comme Didier Bargas l’a souligné, le réseau n’a pas d‘existence juridique, mais est-ce une difficulté ou une chance ? Est-ce qu’on aura la même volonté, la même capacité de développer des projets si l’on est dans un autre cas de figure, avec une hiérarchie dans le 1er degré comme c’est le cas dans les établissements 2nd degré, avec une verticalité et non une culture de réseau, ce qui risque de rigidifier les choses plutôt que de favoriser la mobilisation des acteurs.

Questions posées par un(e) participant(e) en distanciel : Comment le réseau peut-il se rendre nécessaire pour éviter l’effet millefeuilles ? Quel rôle de l’IA-IPR dans cette lutte contre l’effet millefeuilles ?

Nicolas Leyri évoque une formation animée avec des agronomes-ergonomes. Ce qui est ergonomique, c’est ce qui est utilisable et acceptable. On agit individuellement si on nous propose quelque chose (outils, projets, formations…) qui nous est utile, qui est utilisable et acceptable. Aussi, le temps qu’on propose « en plus » ne doit pas être « en plus », mais « à la place de ». Nicolas Leyri illustre son propos en mentionnant une expérience menée dans le réseau d’Orly : les pilotes avaient décidé de réunir tous les acteurs du réseau, 1er et 2nd degrés, le mercredi après-midi. Temps pris, pour le 1er degré, sur les temps de concertation. C’était une prise de risque pour les pilotes, mais cela a fonctionné. Au début sont venus les « pionniers » et, petit à petit, par le bouche à oreille, ont participé l’ensemble des enseignants, CPE, les personnels du pôle médicosocial… La répétition des rencontres permet que tous ont le sentiment de faire partie du réseau, les enseignants de TPS au même titre que les enseignants de 3ème. Proposé au départ par les pilotes, ce temps de rencontre-travail a ensuite été demandé par les enseignants du 1er et du 2nd degrés, parce que ce qui s’y faisait leur était utile, utilisable dans leur travail. Cela nécessite, de la part des pilotes, un travail important, mais c’est de la responsabilité des pilotes de faire en sorte que les enseignants, du 1er et du 2nd degré, « en aient pour leur temps et leur argent ».

Djibril Gahète déclare que sa priorité est de « faire réseau », c’est sa mission première, celle de laquelle découlent toutes les autres. Et c’est à lui, en tant que chef d’établissement, de convaincre et mobiliser ses équipes.

Pour Marc Bablet, c’est l’un des rôles du réseau et de son projet que de protéger le réseau de tout ce qui vient le solliciter, mais qui n’est pas pertinent pour l’objectif visé. Dans ce millefeuilles, il faut protéger le réseau de tout ce qui n’est pas l’essentiel, c’est-à-dire la réussite des élèves.

Arlette Toussaint clôt la table ronde en soulignant quelques éléments revenus au cours de l’échange et qui semblent faire consensus :
. Le réseau est indispensable, mais il faut encore convaincre pour qu’il soit perçu comme tel par tous.
. Un réseau qui fonctionne est un réseau qui mobilise l’ensemble de ses acteurs, acteurs qui s’impliquent parce qu’ils y trouvent un intérêt, que le réseau leur est « utile » dans leur travail au quotidien ; il leur devient indispensable.
. Le réseau s’apparente à une organisation, une « structure », une « structure » nécessaire, parce que, même si elle n’est pas optimale, même si elle présente des fragilités (notamment parce qu’elle est tributaire de ses acteurs), elle est la seule « structure » existante qui permette de travailler à l’objectif qui est celui des réseaux : favoriser la réussite des élèves, lutter contre l’inégalité des chances.

Compte rendu rédigé par Arlette Toussaint

 

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