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Le programme éducatif de la Nupes prévoit une révision de la carte de l’éducation prioritaire (Le Café, ToutEduc)

20 mai

NUPES : Un programme contre les inégalités scolaires
"Nous affirmons très clairement qu’il doit y avoir zéro décrocheur et que pour avoir un service public de qualité il est indispensable de recruter des personnels en nombre et de réduire le nombre d’élèves par classe". C’est Marie Jeanne Gobert, responsable des services publics au PCF, qui a présenté le 19 mai la partie du programme de Nupes, l’alliance des gauches, concernant l’Ecole. Le programme fixe trois priorités : lutter contre la ségrégation scolaire, renforcer l’enseignement professionnel et revaloriser les personnels Education Nationale. Il est nettement en rupture avec celui d’E Macron.

Lutter contre la ségrégation scolaire

A la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) on a imaginé un programme en accordéon, avec une grande partie acceptée par tous les partis et quelques points qui seront soumis au débat parlementaire. Ces points sont rares sur la partie éducation et concernent la Charte européenne des langues et les subventions extralégales à l’enseignement privé. L’accord c’est fait sur le plus important : une politique éducative de gauche qui prenne nettement en main la question centrale des inégalités dans le système éducatif. Des inégalités que l’équipe sortante a laissé se développer imaginant même, avec les EPLEI (établissements publics internationaux), la reconstitution dans l’école publique d’une filière réservée à la bourgeoisie de la maternelle à la terminale.

NUPES veut "reconstruire une école globale pour l’égalité et l’émancipation". Pour cet objectif, l’alliance de gauche veut "assurer la gratuité réelle de l’éducation publique". Il ne s’agit pas d’agiter l’uniforme scolaire, mais de prendre en charge la part de l’école qui pèse sur les familles et qui fait la différence entre les élèves pauvres et les autres. Cela concerne la cantine scolaire, les transports scolaires, les manuels (déjà largement gratuits mais pas totalement), les fournitures (qui étaient gratuite à l’école au 20ème siècle). Pour la majorité des enfants ces mesures seront sans importance. Mais JP Delahaye a superbement montré à quel point ces postes pèsent sur les budgets des ménages les plus modestes. Et combien ces questions sont source d’humiliation, de fatigue et de dégout de l’école pour les plus pauvres.

Pour la première fois un parti met en tête de ses priorités la lutte contre la ségrégation scolaire. La NUPES imagine une solution qui n’est pas sana rappeler le programme québécois. La NUPES veut établir une nouvelle carte scolaire qui intégrera les établissements privés. Leur financement sera proportionnel à leurs engagements en faveur de la mixité sociale de leurs établissements. Le programme ne dit pas comment cette mesure serait accompagnée. Mais l’engagement pris est très fort et devrait rencontrer dans notre pays de sérieuses oppositions. La carte de l’éducation prioritaire serait aussi revue. On sait que de nombreux lycées , par exemple, souhaitent y retourner. Par ailleurs la carte actuelle est ancienne. Notons aussi le redéploiement des Rased, gelés depuis 5 ans.

Relancer l’enseignement professionnel

On peut relier à cet objectif de lutte contre les inégalités la réforme de l’enseignement professionnel. La NUPES envisage de redonner aux régions le contrôle des CFA. C’est une loi portée par E Borne qui les a confié aux groupes patronaux. En ce qui concerne la voie professionnelle scolaire, la NUPES veut rétablir le bac pro en 4 ans. C’est une revendication de syndicats enseignants qui jugent ce temps nécessaire pour relever le niveau des élèves. La NUPES veut "renforcer les enseignements généraux". Une mesure qui ressortait aussi de la conférence du Cnesco. Rappelons qu’Emmanuel Macron, à l’inverse, veut diviser doubler le temps passé en stage ce qui revient à diviser par deux le temps consacré aux enseignements. La NUPES veut aussi "protéger les cursus courts dans l’enseignement supérieur et encourager la poursuite d’études après un bac professionnel ou technologique". Là aussi la NUPES prend le contrepied de la politique suivie par E Macron qui, avec Parcoursup, a exclu des études supérieures une grande partie des bacheliers professionnels. La réforme de cette voie vise l’entrée directe dans l’emploi, mettant ainsi un terme à la promotion sociale des plus défavorisés. La taxe d’apprentissage serait réservée aux établissements publics.

Revaloriser les enseignants

Et les enseignants dans tout cela ? Ils sont près d’un million et très peu ont envie de voir continuer les politiques suivies par E Macron. Le programme de la NUPES veut "revaloriser les personnels de l’Education nationale et renforcer les moyens". Pour cela il annonce la fin du gel du point d’indice fonction publique et la revalorisation des grilles salariales "en engageant une négociation avec les organisations syndicales". La NUPES veut aussi "un plan pluriannuel de recrutement pour l’ensemble des concours", une façon de répondre à la crise du recrutement. L’alliance de gauche veut protéger la liberté pédagogique et "mettre fin aux évaluations et aux controles permanents". Cela rompt avec le nouveau management que JM Blanquer a renforcé en 5 ans. Avec la même préoccupation, il s’agit aussi de "renforcer le cadre national du service public d’éducation" notamment sur les contenus d’enseignement, le recrutement et les statuts et enfin le bac, dont la reforme serait annulée.

Des points difficiles...

Ce programme rompt très nettement et avec celui d’E Macron et avec les orientations données depuis le début du siècle à l’Ecole. Mais tous ces points ne sont pas affirmés avec la même vigueur.

Il y a des orientations politiques claires. Assurer davantage de mixité sociale dans les établissements relève surtout du volontarisme politique. Rendre réellement gratuit l’enseignement aussi car les dépenses supplémentaires ne seraient pas très importantes. Alors que la France est internationalement connue comme ayant le plus inégal des systèmes éducatifs européens, il est intéressant de noter que jusque là peu d’efforts ont été entrepris pour aller contre. Plus d’un gouvernement s’est cassé les dents sur cet objectif , souvent au nom de la défense de l’excellence et du "mérite républicain".

D’autres points du programme engagent des moyens. C’est le cas du bac pro en 4 ans (un tiers de professeurs en plus en LP), de la revalorisation, des recrutements. Sur ces points le programme pêche en ne parlant pas du financement de ces mesures. E Macron, avec 6 milliards annoncés par an, propose une Ecole qui prolonge la politique suivie depuis 2017 en creusant encore les inégalités entre les élèves et les personnels.

François Jarraud

Le programme

Extrait de cafepedagogique.net du 20.05.22

 

Législatives 2022 : les propositions de la Nupes pour l’éducation

La NUPES a évoqué dans une conférence de presse ce jeudi 19 mai les principales mesures qu’elle souhaite voir mises en oeuvre durant le prochain quinquennat.

Sur Internet se trouve le programme de gouvernement de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale, “fruit d’un travail collectif associant plusieurs organisations politiques, sur la base de programmes eux-mêmes élaborés en associant des milliers de citoyennes et citoyens, acteurs associatifs, syndicaux, environnementaux, politiques".

Dans le chapitre 4 dédié aux services publics (santé, éducation, culture, sport), est ainsi prévu d’ “éradiquer l’illettrisme pour les jeunes sortis du système scolaire et les adultes à l’horizon 2027“, avec l’idée de “repérer les personnes en situation d’illettrisme par des actions nationales et annuelles, et leur proposer une remise à niveau gratuite“, mais aussi de “développer l’alphabétisation“.

Il s’agit également “faire le service public de la petite enfance“ avec l’ouverture de “500 000 places en crèche et modes de garde adaptés sur cinq ans, en assurant l’égalité territoriale et la possibilité pour chaque famille d’accéder à un mode de garde“ sans oublier de “planifier la création de crèches (publiques et d’entreprises publiques) et de jardins d’enfants à effectifs réduits garantissant un accès à un espace extérieur contenant une vraie végétation“. La Nupes souhaite encore “augmenter les moyens humains et matériels pour améliorer les conditions de travail dans les structures existantes“, “aller vers la gratuité des crèches publiques en commençant par généraliser la tarification progressive“.

“Pour l’égalité et l’émancipation“, doit être assurée la gratuité réelle de l’éducation publique, y compris le transport et les activités périscolaires, qui passe par la fourniture gratuite aux élèves “des manuels scolaires, ainsi que des fournitures sans marque, pour assurer une réelle égalité des conditions entre élèves et lutter contre l’intrusion marchande à l’école“. Il faut de plus “aller vers la gratuité des cantines scolaires en lien avec les collectivités locales“.

Pour assurer l’égalité devant l’école, la Nupes préconise de “réduire partout les effectifs par classe pour faire mieux que la moyenne européenne, qui est actuellement à 19 élèves par classe, en priorisant les classes de pré-élementaire, les lycées professionnels et les établissements relevant de l’éducation prioritaire“, mais aussi de “permettre la scolarisation dès 2 ans pour les parents qui le souhaitent“.

L’objectif “zéro décrocheur“ passe par le renforcement des dispositifs de rattrapage scolaire “en proposant des accompagnements collectifs et individuels adaptés“ et en rétablissant les RASED dans le premier degré.

Doivent être établies “une nouvelle carte scolaire intégrant les établissements privés, et une carte de l’éducation prioritaire qui réponde aux besoins éducatifs et mette fin à la ségrégation scolaire, en concertation avec les collectivités, syndicats et associations de parents d’élèves“.

Des mesures sont évoquées pour “revaloriser les personnels de l’Éducation nationale et renforcer les moyens“ (point d’indice, grilles salariales, plan de recrutement, effectifs de vie scolaire, AESH, médecine scolaire, etc..), “restaurer le cadre national du service public d’éducation“ (abroger les contre réformes Blanquer du lycée et de la voie professionnelle ou la loi Carle, qui oblige les mairies à financer les écoles privées d’autres communes..) mais aussi “faire de l’école le levier de la bifurcation écologique et démocratique“ (écologie, alimentation, bâti scolaire,..)

Enfin, pour “qualifier tout le monde“, le nombre de classes et de lycées professionnels et agricoles publics doit être augmenté, tandis que doivent être créés des centres polytechniques professionnels, associant des formations publiques allant du certificat d’aptitude professionnelle (CAP) au brevet de technicien supérieur (BTS) et rétabli l’encadrement de la création de centres de formation des apprentis (CFA) sous l’autorité des régions.

Les diplômes privés professionnels seront interdits et la reconnaissance des diplômes et des formations qualifiantes dans les conventions collectives assurée, le baccalauréat professionnel retrouvera sa durée de quatre ans avec des enseignements généraux renforcés.

Il faut encore “protéger les cursus courts dans l’enseignement supérieur et encourager la poursuite d’études après un bac professionnel ou technologique (BTS, DUT, licences professionnelles…)“, “structurer les filières professionnelles qui répondent aux besoins en main-d’œuvre de la bifurcation écologique et sociale“, “redonner et développer les moyens humains et financiers de formation aux lycées agricoles publics“.

L’accès et la gratuité des places d’internat doivent être donnés aux étudiants et apprentis mineurs sous condition de ressources et pour les plus éloignés des lieux d’apprentissage.

Un service public national de l’orientation doit être réinstauré en y associant les régions, et la taxe d’apprentissage réservée aux établissements publics.

Dans le chapitre 6 qui traite de sûreté et justice, dans le but de “protéger les enfants“, la NUPES souhaite notamment “augmenter massivement les moyens financiers et humains de la protection de l’enfance, pour une égalité entre tous les enfants de la République et un accompagnement éducatif de qualité“, moyens à débloquer également “pour construire des foyers supplémentaires qui permettent de séparer les enfants par tranches d’âge, préserver les fratries, préserver les jeunes victimes d’agressions sexuelles (centres de résilience), assurer des accueils d’urgence ponctuels, prendre en compte une dimension de soin psychiatrique“.

La prise en charge par un contrat jeune majeur de tous les enfants issus de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) sera rendue automatique. La lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants se fera “en augmentant les effectifs de police spécialisés dans la lutte contre la cyberpédopornographie, en formant les professionnels en contact avec les enfants et en finançant la prise en charge de soins adaptés".

Enfin, il faudra “renforcer les moyens de l’autorité judiciaire consacrés au traitement des signalements des contenus illégaux sur des plateformes privées et au contrôle de leurs retraits effectifs“.

Le programme ici

Extrait de touteduc.fr du 19.05.22

 

EXTRAIT du chapitre IV

Reconstruire une école globale pour l’égalité et l’émancipation
Assurer la gratuité réelle de l’éducation publique, y compris le transport et les activités périscolaires, fournir gratuitement aux élèves les manuels scolaires, ainsi que des fournitures sans marque, pour assurer une réelle égalité des conditions entre élèves et lutter contre l’intrusion marchande à l’école
Aller vers la gratuité des cantines scolaires en lien avec les collectivités locales

Assurer l’égalité devant l’école :
Réduire partout les effectifs par classe pour faire mieux que la moyenne européenne, qui est actuellement à 19 élèves par classe, en priorisant les classes de pré-élementaire, les lycées professionnels et les établissements relevant de l’éducation prioritaire
Permettre la scolarisation dès 2 ans pour les parents qui le souhaitent
Objectif «  zéro décrocheur » : renforcer les dispositifs de rattrapage scolaire en proposant des accompagnements collectifs et individuels adaptés. Rétablir les RASED dans le premier degré
Établir une nouvelle carte scolaire intégrant les établissements privés, et une carte de l’éducation prioritaire qui réponde aux besoins éducatifs et mette fin à la ségrégation scolaire, en concertation avec les collectivités, syndicats et associations de parents d’élèves
Moduler le financement des établissements privés sous contrat en fonction de leur respect de la carte scolaire et des obligations de mixité scolaire
Étendre la scolarité obligatoire à 18 ans, en proposant, si nécessaire, une garantie d’autonomie à partir de 16 ans
Garantir la variété des langues vivantes enseignées et leur apprentissage dès le CP
Augmenter le nombre de classes pour les élèves primo-arrivants
Revaloriser les personnels de l’Éducation nationale et renforcer les moyens :
Rattraper et mettre fin au gel du point d’indice, revaloriser les grilles salariales en engageant une négociation avec les organisations syndicales
Adopter un plan pluriannuel de recrutement pour l’ensemble des concours, avec un dispositif de prérecrutement au métier d’enseignant favorisant l’accès des jeunes de tous les milieux sociaux, créer des écoles professionnelles de l’enseignement
Renforcer partout les effectifs de la vie scolaire et reconnaître leur rôle pédagogique (assistants d’éducation, assistants pédagogiques)
Mettre fin aux évaluations et aux contrôles permanents en affirmant la liberté pédagogique, redéfinir les relations entre la hiérarchie et les personnels pour en finir avec le management descendant à l’origine de nombreuses souffrances au travail
Créer un véritable service public d’accompagnement des élèves en situation de handicap, avec un nouveau corps de fonctionnaires, en formant et titularisant les actuels AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap)
Mettre en place une aide administrative et éducative aux directeurs d’école et améliorer le mode de décharge d’enseignement pour tous les directeurs d’écoles maternelle et élémentaire
Renforcer la médecine scolaire en garantissant le nombre de personnels par établissement
Restaurer le cadre national du service public d’éducation :
Garantir le caractère unifié du service public de l’éducation nationale sur les contenus d’enseignement, les modalités de recrutement et les statuts des personnels
Rétablir le diplôme national du baccalauréat, abroger les contre réformes Blanquer du lycée et de la voie professionnelle
Abroger la loi Carle, qui oblige les mairies à financer les écoles privées d’autres communes
Interdire les subventions extralégales des collectivités territoriales à l’école privée
Faire de l’école le levier de la bifurcation écologique et démocratique :
Intégrer l’enjeu écologique dans les programmes de la maternelle au lycée et introduire de nouveaux enseignements pratiques (réparation, construction, cuisine, jardinage…)
Porter l’alimentation dans les cantines scolaires à 100 % biologique et locale, réduire la part des protéines carnées au profit des protéines végétales et imposer une option végétarienne quotidienne
Construire de nouveaux établissements et rénover le bâti existant afin de prendre en compte les enjeux sanitaires et environnementaux (désamiantage notamment)
Étendre le droit de réunion et d’association pour les lycéennes et lycéens
Renforcer l’éducation à l’égalité, contre le sexisme et les discriminations, dans les programmes scolaires
Renforcer la prévention contre le harcèlement scolaire et la lutte contre les addictions
Formuler un projet « d’école globale » : rendre cohérent scolaire et périscolaire [...]

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