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Le Rassemblement national et l’éducation prioritaire : disparition des REP et adaptation possible des programmes pour les REP+ (entretien des Echos avec Roger Chudeau)

21 juin 2024

Législatives 2024 : les propositions chocs du RN pour l’école

Dans un entretien aux « Echos », Roger Chudeau, le monsieur Ecole du Rassemblement national, promet des mesures « le plus tôt possible » si son parti accède au pouvoir. Collège, réseaux d’éducation prioritaire REP, formation des enseignants : le parti d’extrême droite promet un chamboulement en profondeur.

Sur la profession de foi du RN pour les élections législatives, il n’y a pas un mot sur l’école. Il faudra « faire des choix » après un audit financier, a indiqué Jordan Bardella, mardi, au « Parisien ». L’école n’est-elle plus une priorité pour le parti de Marine Le Pen ?

« Bien sûr que si ! » répond, dans un entretien aux « Echos », le député sortant du Loir-et-Cher, Roger Chudeau. Professeur agrégé, ancien proviseur, inspecteur d’académie, inspecteur général et conseiller ministériel de Gilles de Robien à l’Education nationale puis de François Fillon à Matignon, le référent de Marine Le Pen pour l’éducation promet des mesures pour l’école « le plus tôt possible ». Et d’abord des dispositions très symboliques.

« Laïcité »
A commencer par le « choc des savoirs » de Gabriel Attal. « On va l’abolir en tant que politique publique et arrêter de caporaliser les enseignants », lance le monsieur Ecole de Marine Le Pen. Les groupes de niveau ou de besoin - « peu importe l’appellation » - seront à la main des établissements - « il faut faire confiance à leur autonomie » - et des enseignants. « Leur liberté pédagogique est inscrite dans la loi », glisse le RN, reprenant un argument du syndicat SNES-FSU.

Les accompagnatrices de sorties scolaires ne seraient plus autorisées à porter le voile. « Nous insisterons sur la laïcité, notamment dans l’éducation prioritaire, assure Roger Chudeau. Les enseignements sont contestés, la nourriture hallal est omniprésente, le ramadan exerce une pression terrible sur la vie scolaire. Tout cela doit cesser. »

Pour « rétablir l’autorité », le RN prévoit d’envoyer les élèves perturbateurs dans des centres spécialisés. Après deux exclusions de leur établissement, un conseil de discipline présidé par le recteur pourrait les y affecter. Ils y feraient toute leur scolarité jusqu’à 16 ans, « sans possibilité de retour vers un établissement normal ». Ils suivraient « les programmes scolaires ordinaires » mais se verraient proposer « des perspectives d’insertion professionnelle le plus tôt possible ». En cas de nouvelle perturbation, ces élèves seraient orientés vers des centres éducatifs fermés sur décision de justice. La disposition s’appliquerait aussi aux « élèves radicalisés ».

L’uniforme attendra
Le port de l’uniforme ne serait pas mis en oeuvre tout de suite. « Voté en tout début de législature », il faudra plusieurs années pour l’appliquer, reconnaît Roger Chudeau. Une carte de France et une frise chronologique retraçant « le récit national, de Clovis ou de Vercingétorix à nos jours » seraient obligatoirement affichées dans les classes.

Au lycée, le RN promet « la fin du bac Blanquer », « le rétablissement des séries », qui seraient modernisées et le retour à « une vraie classe » (et non plus des groupes de spécialités) pour la rentrée 2025, chaque élève étant « dans la série qu’il aura choisie en seconde ». Du primaire au lycée, le RN promet une convention nationale pour « rénover l’enseignement des mathématiques » et attirer plus de jeunes vers la discipline.

Examen d’entrée en sixième
Le règlement du bac serait « revu » et « plus exigeant », avec par exemple une note plancher en deçà de laquelle l’élève serait recalé, et des mentions plus difficiles à obtenir. Roger Chudeau se félicite de la suppression de la remontée artificielle des notes annoncée par Gabriel Attal.

Le collège unique, c’est fini !

ROGER CHUDEAU Référent école de Marine Le Pen
Le brevet deviendrait « un véritable examen de passage en seconde ». En CM2, « un examen national » déterminerait l’entrée en sixième. Ceux qui échoueraient redoubleraient ou seraient orientés vers « des sixièmes d’adaptation ». Les classes de sixième et cinquième seraient communes aux collégiens mais ils pourraient être réorientés avant la troisième. « Le collège unique, c’est fini ! » lance Roger Chudeau, même s’il « faudra du temps » pour mettre en oeuvre cette mesure. « Nous entendons remplacer le collège unique par un collège modulaire qui orientera plus tôt, plus vite, les élèves vers des filières professionnelles qui sont aujourd’hui injustement dévalorisées », a déclaré Jordan Bardella, jeudi, devant le Medef.

Roger Chudeau entend aussi élargir les dédoublements de classes aux petites sections de maternelle dans l’éducation prioritaire. « Dans l’idéal, il faudrait que l’ensemble de la scolarité du primaire soit dédoublé. » Hors éducation prioritaire (12 élèves par classe environ), le RN promet moins de 20 élèves par classe dans le premier degré.

La disparition des REP

La carte de l’éducation prioritaire serait sérieusement « resserrée » et limitée aux seuls réseaux d’éducation prioritaire renforcés (REP+). Les établissements ayant des indices de positionnement social très bas « ne perdront pas de moyens, assure-t-il, mais ils n’auront plus le label REP ». Les professeurs garderaient le bénéfice de leur indemnité REP pendant deux à trois ans, « le temps de changer d’affectation s’ils le souhaitent ». Les établissements situés en REP+ pourraient, eux, « adapter les programmes, augmenter les horaires des disciplines fondamentales » et seraient « prioritaires » pour l’affectation d’assistantes sociales, d’infirmières scolaires voire d’orthophonistes.

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Extrait de lesechos.fr du 20.06.24

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