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Selon une étude américaine, les professeurs ne s’arrêteraient pas de progresser après 5 ans d’activité (ToutEduc)

9 mars

Les professeurs ne s’arrêteraient pas de progresser après 5 ans d’activité (Hechinger report)

L’idée que les enseignants arrêtent de s’améliorer après leurs premières années d’activité est désormais largement partagée par le public et les décideurs politiques. Surtout, depuis qu’un certain Bill Gates a déclaré en 2009 qu’ “une fois qu’on a enseigné durant trois années, vos capacités à enseigner n’évoluent plus“, le PDG de Microsoft soulignant en prime que l’efficacité des enseignants “devrait être mesurée et les bons professeurs récompensés“.

Selon la journaliste Jill Barshay, cette “exagération simpliste“ était fondée sur l’état de la recherche disponible à ce moment-là, à savoir une étude de l’économiste Jonah Rockoff datée de 2004 sur l’évolution des carrières des enseignants, et selon laquelle ces derniers progresseraient au début de leur carrière dans leur habilité à améliorer la réussite de leurs élèves. Mais après cette période, leur “productivité“ semble stagner.

Cependant, de nouveaux résultats de recherches présentés par l’organisation non lucrative RPPL (pour Research partnership for professional learning, ndlr) montreraient que cette idée fait partie “des multiples mythes sur l’éducation“, et qu’au contraire même les enseignants expérimentés continuent à progresser, mais à plus faible allure.

“La science a progressé“ indique d’ailleurs à ce sujet le professeur en sciences de l’éducation et d’économie John Papay (Brown University, Rhode Island), qui calcule que les enseignants feraient accroître, entre la 5ème et la 15ème année de travail, les performances des élèves d’environ 50 % de ce qu’ils pouvaient faire progresser leur élèves durant leurs 5 premières années d’exercice. Il évoque malgré tout des résultats “plutôt modestes“ et “nuancés“ pour les enseignants de milieu de carrière. Avec d’autres professionnels de l’éducation, il s’interroge sur les moyens faire progresser les enseignants, et trouve par exemple prometteur de les faire travailler ensemble pour qu’ils apprennent les uns des autres.

Il souligne les difficultés méthodologiques d’une telle évaluation. S’il est possible de regarder les résultats des tests de leurs élèves et de voir si ils ont plutôt progressé ou non, il faut faire la part de tout ce qui peut affecter les résultats : nouveau programme, modification sociale d’un quartier, etc.

Les enseignants expérimentés pourraient avoir un impact d’une autre nature sur les élèves, via des résultats qui ne se voient pas au travers de tests ou d’observations à même la classe. Ils pourraient les inciter à franchir le pas de l’université, les inspirer pour qu’ils deviennent scientifiques ou artistes, ce qui n’a pas de prix, mais reste très difficile à évaluer.

L’article ici

Extrait de ’touteduc.fr} du 07.03.22

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