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A partir d’une étude de l’Ocde sur les migrations internationales, un dossier du Monde sur la mixité sociale et ethnique dans les quartiers et les écoles

29 octobre 2021

« Le quartier a été communautarisé » : à la Mosson, à Montpellier, la frustration des habitants face au manque de diversité
Comme dans les autres quartiers populaires de France, les habitants de la Mosson regrettent un manque de diversité sociale et ethnique. Une équation sur laquelle buttent les politiques, malgré les lois et les opérations de rénovation urbaine.

Souvenez-vous. C’était le 19 avril 2021, lors d’un déplacement du président de la République dans le quartier de la Mosson, à Montpellier. Ce jour-là, Emmanuel Macron visite un point de deal démantelé lorsqu’une mère de famille, Naïma Amadou, l’interpelle : « Mon fils de 8 ans m’a demandé si le prénom Pierre existait vraiment ou si ce n’est que dans les livres, tellement il y a un manque de mixité. » Le chef de l’Etat venait faire le service après-vente de sa politique sécuritaire et prendre son premier bain de foule depuis le début de la pandémie, le voilà pris à partie – et par surprise – sur un sujet qu’il n’avait pas prévu d’aborder. Il hausse les sourcils, et botte en touche.

La question est une équation sur laquelle les politiques butent. Les lois, les quotas, les opérations de rénovation urbaine, le bâton et la carotte, rien n’y fait : « On continue de loger les plus pauvres avec les plus pauvres, constate le géographe Grégoire Fauconnier, auteur de Loi SRU et mixité sociale. Le vivre-ensemble en échec ? (éditions Omniscience). Force est de constater que la politique de mixité est un échec. »

Contrairement à certaines idées reçues, les habitants des quartiers populaires subissent ce manque de diversité et le déplorent. Une étude réalisée par Harris Interactive pour l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), et publiée en juin, révèle que 70 % d’entre eux jugent prioritaire de « regrouper des habitants aux situations sociales plus différentes qu’aujourd’hui » dans leur quartier, contre 43 % dans la population générale. « Ce sont les catégories bourgeoises qui sont à l’origine de cette ségrégation, les populations modestes accusées de communautarisme sont celles qui réclament de la mixité », précise M. Fauconnier.

[...] Echapper à l’« évitement scolaire »
« L’excellence », c’est aussi l’objectif du directeur du collège Simone-Veil, ex-Las Cazes, à 5 kilomètres de la Mosson. Situé dans une zone d’éducation prioritaire renforcée, il accueillait il y a six ans 160 élèves – pour 800 places – issus des quartiers populaires des Cévennes et du Petit-Bard. « Ils étaient quasiment tous d’origine marocaine », raconte le principal, Joël Planes. Les familles de classe moyenne des alentours fuyaient l’établissement. Au point que le département avait un temps songé à le fermer, alors qu’un groupe de mères manifestaient pour dénoncer un « apartheid social » et réclamer « l’égalité pour tous ». La solution adoptée par l’établissement ? Créer des pôles d’attractivité en ouvrant une section rugby, un atelier scientifique en partenariat avec l’université de Montpellier et SupAgro, et une section internationale anglo-américaine jumelée avec « le collège CSP ++ » Camille-Claudel.

Extrait de lemonde.fr du 28.10.21

 

Comment la concentration géographique des immigrés affecte leur intégration
Selon l’étude annuelle de l’OCDE publiée ce jeudi, la ségrégation résidentielle présente des avantages pour les immigrés qui viennent d’arriver. Mais, sur le long terme, elle constitue un handicap pour eux et leurs enfants.

Dans son étude annuelle parue jeudi 28 octobre, « Perspectives des migrations internationales 2021 », l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’est intéressée à la ségrégation résidentielle des immigrés. « Beaucoup considèrent, surtout dans les pays européens de l’OCDE, qu’une forte concentration des immigrés constitue un obstacle à l’intégration », justifient les auteurs. Le phénomène de concentration dans les quartiers et les banlieues les plus pauvres des grandes métropoles est « universel », soulignent-ils. Si l’Ile-de-France concentre environ 35 % des personnes nées à l’étranger, la communauté de Madrid accueille 19 % des immigrés de l’Espagne, tandis que le comté de Stockholm concentre 30 % de tous les immigrés et Londres, 36 %.

« Un handicap »
A l’intérieur de ces espaces, d’autres échelles de concentration apparaissent. A Paris, note l’OCDE, « dans la partie nord et nord-est de la zone urbaine, en particulier dans le département de la Seine-Saint-Denis, ainsi que le long de la Seine au sud-est de Paris, (…) le pourcentage d’immigrés extracommunautaires au sein de la population est au moins deux fois supérieur à la moyenne de l’ensemble de la zone urbaine ». En outre, « les logements sont généralement en plus mauvais état, et l’environnement local se caractérise bien plus souvent par des niveaux élevés de violence, de pollution et de nuisances sonores ».

Extrait de lemonde.fr du 28.10.21

 

Résultats scolaires : « Il y a toujours une pénalité de l’immigration »
La France fait moins bien que certains pays comparables de l’OCDE en ce qui concerne la répartition de la population immigrée, dont les enfants ont tendance à se retrouver dans les mêmes écoles. Une ségrégation scolaire qui a des conséquences sur leurs performances.

Noémie Le Donné, chercheuse et analyste des politiques éducatives à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), revient sur les conséquences de la ségrégation scolaire sur les trajectoires des enfants d’immigrés, et les stratégies pour y remédier.

Quelle est la situation des enfants d’immigrés dans les écoles françaises ?
Selon les données de l’étude PISA [Programme international pour le suivi des acquis], en 2018, il y avait 14,3 % d’enfants dits « d’origine immigrée » en France. Parmi eux, 9,6 % ont des parents nés à l’étranger, et 4,7 % sont eux-mêmes nés à l’étranger et arrivés en France au cours de leur enfance.

En France, la répartition des élèves dans les écoles est basée sur un système de carte scolaire qui dépend du lieu de résidence. Comme certains quartiers sont fortement ségrégués, les élèves issus de l’immigration ont tendance à être regroupés dans les mêmes établissements. Sur le volet de la ségrégation scolaire, la France se situe dans la moyenne de l’OCDE, au même niveau que les Pays-Bas ou encore la Belgique, qui ont une histoire migratoire proche de la nôtre. En revanche, l’Allemagne, qui a aussi une histoire et un profil de population immigrée similaire au nôtre, fait mieux que nous.

Extrait de lemonde.fr du 28.10.21

 

Le rapport de l’Ocde Perspectives des migrations internationales 2021

La contribution fiscale des immigrés est supérieure aux dépenses consacrées à leur protection sociale, leur santé et leur éducation (infographie)
« L’édition 2021 des Perspectives des migrations internationales de l’OCDE donne un aperçu général utile des dernières évolutions des flux migratoires internationaux, des politiques migratoires et des politiques d’intégration, ainsi que des recommandations en la matière », a déclaré la Commissaire européenne aux affaires intérieures Ylva Johansson. « Le rapport vient alimenter une base solide pour l’élaboration des politiques ».

[...] Un chapitre spécial des Perspectives analyse en détail l’incidence budgétaire de l’immigration dans les pays de l’OCDE. S’il existe des différences au niveau individuel, la contribution globale des immigrés sous la forme d’impôts et de cotisations est supérieure aux dépenses publiques consacrées à leur santé, leur éducation et leur protection sociale. Mieux intégrer les immigrés peut contribuer à renforcer les gains budgétaires. Par exemple, le simple fait de combler l’écart d’emploi entre les personnes d’âge actif issues de l’immigration et celles nées dans le pays, de même âge et de même niveau d’études, pourrait accroître la contribution budgétaire nette totale des immigrés de plus d’un tiers de point de PIB dans un pays sur trois.

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