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L’hommage à Samuel Paty le 15 octobre (dossier)

14 octobre 2021

Commémorer l’assassinat de Samuel Paty et rappeler les missions de l’École

Il y a un an, le 16 octobre 2020, le professeur Samuel Paty était assassiné aux abords de son collège, victime du terrorisme islamiste. La commémoration de cet évènement tragique doit, pour l’École de la République, être à la hauteur à la fois du traumatisme subi et des principes et valeurs qui ont été attaqués à travers cet assassinat.

L’École a en effet pour mission de former des individus libres, égaux et fraternels. Le terrorisme et son terreau en sont l’exact inverse. C’est pour cette raison que l’École est le premier antidote face à ce fléau contemporain parce qu’elle permet de forger l’esprit critique des élèves.

Le rôle de Samuel Paty, comme de tout professeur, était d’accompagner chaque élève vers les progrès de la connaissance et de la conscience, en confrontant les faits, les opinions, les analyses. Il a été assassiné dans l’exercice de cette mission essentielle.

C’est pourquoi je souhaite que, dans chaque école et chaque établissement scolaire, un hommage soit rendu à Samuel Paty à la fois par les personnels et par les élèves. Les écoles et établissements pourront organiser un temps de recueillement en mémoire de Samuel Paty, et consacrer une heure de cours du vendredi 15 octobre 2021 à un temps d’échanges, dont le contenu sera laissé au choix des équipes en fonction de leurs situations respectives et en tenant compte notamment de l’âge des élèves.

En articulation avec le travail mené par les professeurs tout au long de l’année, ce temps pourra notamment prendre la forme, à partir du cycle 3, d’une séquence spécifique sur la construction de l’esprit critique ainsi que sur le métier de professeur, son rôle et sa légitimité.

L’objectif est, autour de la figure du professeur, de favoriser la prise de conscience de ce qu’est l’esprit critique, l’importance de la démarche scientifique, fondée sur les faits et leur observation, la façon dont la confrontation des faits, des représentations et des idées permet de se forger un avis éclairé sur les sujets les plus sensibles.

Il s’agit donc également de penser ensemble le rôle et la place du professeur, auprès de ses élèves mais aussi au sein de la société française. Il s’agit enfin de transmettre aux élèves l’idée que le professeur incarne l’institution scolaire, et que son autorité doit, à ce titre, être pleinement respectée.

Des ressources pédagogiques sont mises en ligne sur le site éduscol pour aider les professeurs à concevoir une séquence adaptée à l’âge de leurs élèves.

Jean-Michel Blanquer
Ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports

Extrait de education.gouv.fr d’octobre 2021

 

Un an après, l’hommage nécessaire à Samuel Paty
Un an après, au-delà de l’effroi et de l’affliction, il est indispensable que l’ensemble de la communauté éducative et de la Nation lui rende hommage et honore sa mémoire. Nous pensons tout d’abord à ses proches et sa famille. Nous affirmons ensuite notre soutien aux élèves et à l’ensemble des personnels du collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine où il enseignait depuis plusieurs années.

Plusieurs enquêtes ont permis de mieux comprendre ce qui a rendu possible cet assassinat. Il est apparu essentiel en particulier que tous les personnels soient mieux formés, mieux protégés dans l’exercice de leur fonction et mieux accompagnés dans leur travail pédagogique de transmission et d’appropriation des valeurs et des principes de la République.

C’est pourquoi un an après la mort de Samuel Paty, il est important pour nous qu’un hommage de la nation et de toute la communauté éducative lui soit rendu.

Au-delà de ce jour du souvenir, il est nécessaire de placer la laïcité, la liberté de conscience et la liberté d’expression, la volonté de faire ensemble, au cœur du projet éducatif de la Nation. Mais cela ne passe ni par une instrumentalisation du principe laïque, ni par la volonté de renforcer les fractures de la société. Au contraire, il faut faire de la laïcité un principe fédérateur d’émancipation, où l’ensemble de la communauté nationale puisse se retrouver.

Samuel Paty a été la victime du fanatisme et de l’obscurantisme en voulant éduquer les plus jeunes afin de leur permettre de vivre libres et égaux. Nous devons continuellement porter en nous son souvenir et poursuivre son œuvre.

Extrait de unsa-education.com du 15.10.21

 

Un an après…
Un an après l’assassinat de Samuel Paty, l’heure est à l’hommage sobre et digne.

[...] Aujourd’hui….
Aujourd’hui, un an après, l’heure est à l’hommage et au souvenir. Dans ce moment important pour la communauté éducative, chacun devra se montrer à la hauteur en s’abstenant de toute récupération ou instrumentalisation politique et en respectant la douleur d’une communauté éducative encore éprouvée. L’heure est à l’hommage, simplement, dignement.

Le vendredi 15 octobre, les personnels se retrouveront dans des temps d’hommage dont il a été obtenu qu’ils soient à la main des personnels.

Le travail pédagogique, lui, ne se réduira pas à cette journée, il se poursuivra, sur le moyen terme, parce que c’est le sens même du travail éducatif : un travail patient et de long terme qui permet de former les citoyens de demain. Une séquence d’une heure, sur commande politique, un jour donné, n’aurait aucun sens pédagogique.

Un hommage à la hauteur, c’est aussi celui de tout un pays : Samuel Paty a payé de sa vie son engagement professionnel. Nous lui devons un hommage plein et entier. La communauté éducative ne peut pas, ne doit pas porter seule cet hommage. Le 16 octobre 2020, c’est un professeur qui a été assassiné et une certaine conception de l’école et quelque part de notre société qui était visée. Nul doute que chacun trouvera le temps de se souvenir, de se recueillir, d’être aux côtés de la communauté éducative, d’être en soutien de l’École dans cette journée si particulière.

Et demain ?
Et après ? Le quotidien reprendra, avec des moments ponctués de quelques réussites mais aussi certains plus difficiles. Il faudra plus que des mots pour traiter enfin correctement les questions relatives à la protection des personnels dont beaucoup restent encore sans réponses concrètes. Il ne faudra pas que des mots pour permettre aux personnels de faire leur travail, sereinement. Il faudra surtout qu’enfin les paroles et les actes politiques soient à la hauteur pour faire vivre les promesses de l’École laïque républicaine.

Extrait de snes.ed du 13.10.21

 

15 octobre : Que faire ?
Le 15 octobre, les enseignants rendront hommage à leur collègue assassiné, Samuel Paty. Ils le feront avec leurs élèves. Et ce ne sera pas une journée facile. Certains envisagent de ne rien faire. D’autres de faire un cours sur la liberté d’expression. La plupart essaie de trouver la bonne formule avec leurs collègues. Ne nous y trompons pas. Derrière ces différentes postures c’est la même émotion. Nous avons demandé à deux professeurs d’histoire-géographie, Christine Guimonnet, secrétaire générale de l’APHG (l’association des professeurs d’histoire-géographie) et Johann Nallet, professeur au collège de Gémozac (17) de partager leur vision de ce moment si intense.

La lettre de JM Blanquer

Dans un courrier envoyé aux recteurs le 6 octobre, JM Blanquer "souhaite que dans chaque école et chaque établissement scolaire, un hommage soit rendu à Samuel Paty à la fois par les personnels et les élèves. Les écoles et établissements pourront organiser un temps de recueillement en mémoire de S Paty et consacrer une heure de cours du vendredi 15 octobre à un temps d’échange dont le contenu sera laissé au choix des équipes... Ce temps pourra notamment prendre la forme à partir du cycle 3 d’une séquence sur la construction de l’esprit critique ainsi que sur le métier de professeur". Dans la forme, cette lettre laisse donc une totale liberté aux enseignants et aux équipes pour organiser l’hommage à S Paty comme ils le souhaitent.

En discuter avant entre enseignants

"Il est important qu’il y ait eu une discussion collective en amont pour que les professeurs voient ce qu’ils ont envie de faire", nous dit C Guimonnet. L’APHG regrette l’annonce un peu tardive de l’hommage. Cette coordination est indispensable si l’on veut que les élèves n’aient pas plusieurs fois dans la journée à échanger sur l’hommage à S Paty.

"L’année dernière cela ne s’est pas passé comme on aurait voulu", rappelle C Guimonnet. En 2020 le ministre avait annulé au dernier moment les deux d’échanges que les professeurs avaient obtenu pour préparer le premier hommage. "Il y a plein de modalités possibles. Pour cela il faut se parler et anticiper. Les enseignants vont devoir s’adapter selon l’âge des élèves".

"Personnellement je vais commencer à 8h30 par une discussion avec mes élèves. Je vais demander à mes terminales leur souvenir de l’hommage de l’an dernier, ce qu’il symbolisait et comment ils voient les choses maintenant. A partir de cet échange je vais m’adapter. J’ai déjà des indices car je les ai fait travailler en début d’année sur l’esprit critique".

Un débat mouvant en classe

"On a réfléchi avec les collègues et on s’est mis d’accord pour diffuser une vidéo sur l’assassinat de S Paty qui rappelle les faits. Ensuite chacun sera libre d’engager un débat sur le blasphème, la caricature, la liberté d’expression ou une autre valeur", nous dit Johann Nallet. Il enseigne l’histoire, la géographie et l’EMC au collège de Gémozac (17), un petit établissement rural.

"Personnellement j’ai davantage l’habitude du débat que beaucoup de collègues du fait des disciplines que j’enseigne. Je demanderai aux élèves de construire un nuage de mots selon leur ressenti de l’événement. Il s’affichera au tableau anonymement".

Ensuite il organisera un "débat mouvant". C’est une technique où on demande aux élèves de changer de place dans la salle de classe selon leur avis sur des affirmations proposées par le professeur. Chaque groupe qui s’est constitué doit trouver ses arguments et cela amène un débat intéressant car chaque élève prend position dans l’espace de la classe et peut changer de camp.

Retour sur les valeurs

"Les affirmations que j’ai prévues servent à clarifier les valeurs. Cela permet un débat vivant où chacun peut s’impliquer. Et au final c’est l’enseignant qui rappelle ce que sont vraiment les valeurs de la République.

J Nallet n’a pas peur d’éventuels commentaires désobligeants à l’abri de cet anonymat. "Je préfère que ce soit débattu plutôt que censuré".

Même si la lettre parle d’un moment de recueillement précédent l’explication en classe, aussi bien pour C Guimonnet que pour J Nallet le temps d’échange précédera le moment de recueillement. "C’est nécessaire pour savoir sur quoi on se recueille".

Propos recueillis par François Jarraud

Sur le débat mouvant

Notre dossier S Paty

Extrait de cafepedagogique.net du 13.10.21

 

 

Parler de laïcité à l’école en 2021 : la piste du théâtre-forum

Auteur
Beatrice Mabilon-Bonfils
Sociologue, Directrice du laboratoire BONHEURS, CY Cergy Paris Université

Extrait de theconversation.com du 12.10.21

 

Qu’est-ce que l’enseignement moral et civique ?
1 novembre 2020, 17:57 CET •Mis à jour le 12 octobre 2021, 14:01 CEST
Auteur
Pierre Kahn
Professeur des universités émérite, Université de Caen Normandie

Extrait de theconversation.com du 12.10.21

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