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Avec J.-M. Blanquer, quatre lois inutiles mais de vraies réformes (dont le dédoublement) sans textes (ToutEduc)

7 septembre 2020 Version imprimable de cet article Version imprimable

A nos lecteurs, la publication d’un bilan - réquisitoire de la politique de J-M Blanquer

Il arrive, même en démocratie, que le journaliste soit empêché de faire son métier comme il le voudrait. C’est du moins ce que j’ai considéré quand, en marge de la direction de ToutEduc, j’ai entrepris la rédaction d’un bilan sans concession de l’action de Jean-Michel Blanquer, dont le mode de gouvernance est radicalement différent de celui de ses prédécesseurs. En règle générale, s’agissant d’éducation, ou de toute autre politique publique, un (une) ministre annonce une réforme, grande ou petite, s’il le faut, une loi est votée, les textes réglementaires sont publiés, les organisations syndicales, les associations de spécialistes, les experts, les parents réagissent, positivement ou non, l’inspection générale et la direction statistique en mesurent l’application, le journaliste en tient la chronique et prépare le travail de l’historien. Mais, depuis trois ans, je ne suis pas satisfait de mon travail.

Le ministre a présenté ou soutenu quatre lois dont la discussion a monopolisé l’attention médiatique et les moyens des rédactions alors qu’elles étaient inutiles, à très peu près. Les téléphones portables étaient déjà interdits, la création d’établissements hors-contrat est à peine mieux contrôlée après qu’avant, les directeurs d’école n’auront pas davantage d’autorité sur les enseignants (après que la loi aura été adoptée), les enfants de 3 ans étaient déjà pratiquement tous scolarisés... J-M Blanquer a lui-même reconnu que ces lois étaient d’abord porteuses de messages, qu’elles étaient donc des outils de communication.
En revanche les vraies réformes n’ont pas eu besoin de textes. Le dédoublement des CP et CE1 en éducation prioritaire n’est porté par aucune loi, aucun décret ni arrêté, pas même une note de service, et cette mesure dont on connaissait par avance le coût, très important, la très faible efficacité et les nombreux inconvénients, n’a donné lieu à aucun débat sérieux. Les programmes de maternelle viennent d’être modifiés pour leur donner une coloration écologiste, ce que personne ne contestera, alors que ce sont les tests en début de CP qui, implicitement, invitent des enseignant.e.s de grande section à modifier leurs pratiques au profit d’une propédeutique de la lecture et du calcul. L’important n’est jamais là où on l’attend et la réalité ne correspond pas aux déclarations, qu’il s’agisse des redoublements ou du renouveau du latin et du grec...

Les intentions, les moyens et les effets étant dissociés, j’ai dû, pour les relier, et pour en saisir la cohérence, changer de registre, passer de la chronique à l’ouvrage. Je continuerai, avec ToutEduc, de suivre au jour le jour l’actualité des acteurs de l’éducation, mais il fallait que je me donne d’autres moyens pour rendre compte de l’action d’un homme animé par la volonté de modifier radicalement notre système scolaire, au risque que seules quelques touffes d’herbe ne repoussent après son passage. "Jean-Michel Blanquer, l’Attila des écoles" est publié aux éditions du Croquant (ici (PDF, 116 Ko) la présentation)

Pascal Bouchard

Cet "avis" n’engage que son auteur ; contrairement à un "éditorial", il n’engage pas la rédaction dans son ensemble.

Extrait de touteduc.fr du 06.09.20

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