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Confinement et inégalités scolaires : une étude Ipp et un sondage Ipsos

14 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

Inégalités scolaires, conditions de vie et ressources parentales : quels obstacles sur le chemin de l’« école à la maison » ?
Youssef Souidi

Je vous informe de la parution de cette étude menée à partir d’une enquête du Ministère de l’Education nationale auprès de 15 000 élèves et leur famille, et permettant de renseigner précisément certains obstacles à l’"école à la maison", en lien avec la fragilité scolaire des élèves : : https://blog.ipp.eu/2020/05/06/inegalites-scolaires-conditions-de-vie-et-ressources-parentales-quels-obstacles-sur-le-chemin-de-lecole-a-la-maison/

Elle confirme un constat bien connu du système scolaire français, à savoir le lien entre origine sociale et résultats scolaires. Elle montre également comment cela se traduit en terme de conditions de vie et de ressources parentales : accès à internet, surpeuplement du logement, ou encore aide parentale.

Notamment, parmi les élèves les plus fragiles, près de 20 % ont leurs deux parents sans diplôme : or, une étude de l’INSEE montre que parmi cette population, 8 personnes sur 10 déclarent avoir peu ou pas de compétences dans le numérique. (correspondance)

Extrait de blog.ipp.eu du 06.05.20

 

Comment le confinement a augmenté les inégalités sociales et scolaires
Le confinement a bien joué aux dépens des catégories sociales les moins favorisées, creusant un peu plus les inégalités scolaires. Et il n’est pas certain que le déconfinement ne rattrape ces inégalités.

Selon une étude de Youssef Souidi (IPP), " les élèves les plus fragiles scolairement sont également ceux qui bénéficient des conditions les moins avantageuses pour poursuivre leur scolarité au domicile familial". Basée sur la cohorte entrée en CP en 2011, cette étude montre que les élèves du quart le plus faible ont des conditions matérielles d’étude à la maison les mauvaises. 29% d’entre eux partagent leur chambre avec un autre membre de la familles contre 15% du quartile le plus fort. 5% n’ont ni ordinateur ni internet au foyer (contre 1% des plus forts). C’est dans ce quartile le plus faible que l’on trouve les parents les plus investis dans les études de leurs enfants : 96% ont rencontré un enseignant dans ’lannée (contre 95% des plus forts), 90% aident leurs enfants pour le travail scolaire contre 82%. Mais 20% de leurs parents n’ont aucun diplôme contre 2% chez les plus forts.

Un sondage Ipsos a montré que les parents ouvriers ont eu plus de difficulté matérielle (manque d’ordinateur pour tout le monde) et scolaire (52% ont du mal à comprendre les documents scolaires) à suivre le travail de leur enfant durant le confinement. Selon Ipsos, " 60% des parents cadres supérieurs estiment que le confinement a permis à leurs enfants d’accroître leurs savoirs contre seulement 50% des parents employés et 48% des pères et mères ouvriers. Idem en ce qui concerne le fait que leurs enfants auraient subi retard scolaire irrattrapable : seulement 33% des parents cadres supérieurs éprouvent ce sentiment contre 48% des parents ouvriers".

Ces enfants seraient ceux qui profiteraient le plus du déconfinement. Mais, puisque celui-ci est "volontaire", il n’est pas certain que les élèves les plus fragiles soient les plus nombreux à reprendre. 61% des parents des catégories sociales défavorisées sont hostiles au retour à l’école contre 51% des plus favorisées.

Etude IPP

Ipsos

Extrait de cafepedagogique.net du 14.05.20

 

Voir aussi C’est dans les quartiers populaires et les REP+ que la réticence à retourner à l’école est la plus forte (sondage Ipsos)

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