> INEGALITES SCOLAIRES, MIXITE SOCIALE, PAUVRETE, ETHNICITE, OUVERTURE (...) > INEGALITES SCOLAIRES (Types de document) > Inégalités scolaires. Rapports internationaux (OCDE...) > Pisa : Que sait-on de la compréhension de la lecture en France ? (le (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Pisa : Que sait-on de la compréhension de la lecture en France ? (le Café)

5 décembre 2019 Version imprimable de cet article Version imprimable

Pisa : Que sait-on de la compréhension de la lecture en France ?

C’est l’évaluation phare de Pisa 2018. Si tous les élèves ayant participé à Pisa 2018 ont été interrogés sur les maths, les sciences et la compréhension de l’écrit, ces dernières épreuves ont duré deux fois plus longtemps que les autres. Pisa 2018 permet donc de comparer l’évolution du niveau des jeunes de 15 ans en lecture par rapport à 2009. Mais il montre aussi l’évolution des pratiques de lecture.

La lecture a changé

Depuis Pisa 2000, la compréhension de l’écrit a peu évolué pour ces jeunes de 15 ans. La France a perdu 17 points entre 2000 et 2006. Mais depuis 2006 le niveau a remonté et se maintient aux alentours de 500 points (493 en 2018). En même temps, de 2000 à 2009 on assistait à un éclatement des niveaux entre un meilleur niveau des plus forts et des faibles de plus en plus faibles. Mais ce grand écart s’est stabilisé depuis 2009. Aujourd’hui la France est un peu au dessus de la moyenne de Pisa et a des résultats en compréhension de l’écrit comparable à ceux de l’Allemagne, le Portugal ou la république tchèque. Nous sommes 10 points en dessous des britanniques mais leurs jeunes de 15 ans ont une classe d’avance.

Par contre tout changé dans la lecture. Il y a davantage de jeunes qui disent qu’ils ne lisent que s’ils y sont forcés. Ils sont beaucoup moins nombreux à lire des magazines et des journaux qu’en 2009. Par contre ils lisent davantage des mails ou des messages électroniques ou des pages sur Internet. La lecture courante est devenue numérique.

Qu’évalue Pisa ?

Ca tombe bien : le test Pisa est numérique lui aussi. Les élèves ont répondu à des questions en ligne où on les mettait dans des situations virtuelles pour utiliser leurs compétences. Cela supposait une maitrise de la navigation.

Dans cet environnement les élèves ont du utiliser tantôt un seul texte parfois plusieurs (35% des textes). Pisa a évalué leur fluence en lecture. On leur a demandé de repérer des informations dans des textes. Leur niveau de compréhension est aussi évalué. Cela passe par paraphraser un texte. Mais aussi mettre des informations en relation pour dégager un sens, trouver l’idée générale d’un texte ou mettre en opposition des textes. Pisa leur a demandé aussi d’évaluer la crédibilité d’un texte.

Les résultats

Environ 79% des élèves ont atteint au moins le niveau 2 en compréhension de l’écrit, une proportion proche de la moyenne de l’OCDE (77%). Ces élèves sont capables d’identifier l’idée principale dans un texte de longueur moyenne, de trouver de l’information fondée sur des critères explicites, et parfois complexes, et de réfléchir au but et à la forme des textes lorsqu’on leur demande explicitement de le faire.

9,2 % des élèves sont très performants en compréhension de l’écrit, ce qui signifie qu’ils ont atteint le niveau 5 ou 6 au test PISA (moyenne OCDE : 8,7 %). À ces niveaux, les élèves sont capables de comprendre de longs textes, de traiter de concepts abstraits ou contre-intuitifs et d’établir des distinctions entre les faits et les opinions, en fonction d’indices implicites relatifs au contenu ou à la source de l’information.

Globalement les jeunes français sont plus à l’aise quand il s’agit de repérer une information dans un texte (496 points), qu’en compréhension (490) ou en évaluation d’un texte (491).

Qu’est ce qui peut aider les jeunes à améliorer ce niveau pour atteindre celui des meilleurs (Irlande, Finlande, Canada, Japon, Singapour) ? On trouvera dans le Café pédagogique des analyses et des exemples de pratiques pédagogiques axées sur la compréhension. Mais Il y a bien un lien aussi entre le niveau et l’investissement en éducation.
François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 03.12.19

Répondre à cet article