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Autonomie collective (d’équipes et d’établissements) et autonomie pédagogique individuelle (suite de la chronique d’Alain Bouvier, ex-recteur)

6 novembre 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

Qui a peur de l’autonomie collective et pourquoi ?

Ce billet concerne seulement l’enseignement secondaire français puisque dans le primaire il n’existe aucune forme d’autonomie collective au sens où nous l’entendons ici.

« Autonomie », le pire des mots valise !
Son emploi est source de mille malentendus. L’idée effraye nombre de personnes, mais les explications avancées ont peu à voir avec les vraies raisons ; les paradoxes abondent et des questions restent taboues[1].

Des études internationales sur les décisions qui se prennent au niveau des établissements font apparaître 800 formes d’autonomie et, en termes de résultats scolaires, distinguent l’Estonie, première en Europe devant la Finlande, et troisième au niveau mondial (derrière Singapour et le Japon, mais devant le Canada). En d’autres lieux l’autonomie est source de progrès des élèves et de motivation des acteurs. Pourquoi s’en priver et être, en Europe, en queue de liste ?

Cela peut surprendre puisque dans l’Hexagone l’autonomie de certains établissements publics existe sous des formes et à des degrés variés, notamment pour les secteurs de la Santé, de l’enseignement supérieur, de l’enseignement agricole et, bien sûr, pour l’enseignement privé.

Une tension majeure
L’autonomie collective (d’équipes et d’établissements) est opposée à l’autonomie pédagogique individuelle des enseignants, inscrite dans la loi Fillon de 2005 et sans cesse brandie comme un étendard. Elle est censée protéger chaque professeur de l’action des parents d’élèves, des branches professionnelles, de la société civile, des élus locaux, ainsi que de sa hiérarchie ; mais plus encore de ses collègues de proximité, les plus redoutés, ce qui, bien sûr, n’est jamais dit.

Le potentiel « ami critique » est d’abord ressenti comme critique, surtout lorsqu’on le croise tous les jours dans la salle des professeurs. Il vaut mieux s’en prémunir en élevant des murs imaginaires en béton armé.

Combien d’enseignants d’anglais vont assister à un cours de mathématiques, puis le professeur de mathématiques rendre la pareille pour, ensuite, échanger entre pairs sur les points observés par chacun ? Que signifie ce peu d’intérêt pour l’autre et ce manque de confiance entre professionnels ? Heureusement, qu’à l’hôpital, les personnels de santé se comportent autrement !

Pourquoi cette peur de plus d’autonomie collective et des responsabilités qui vont avec ?

L’autonomie pédagogique individuelle n’est qu’un mythe
En fait, l’autonomie pédagogique individuelle sert à acheter la paix sociale. Elle permet que rien d’essentiel ne change, ou seulement à la marge, et le plus lentement possible.

Non seulement la loi ne la définit pas, mais elle la cadre strictement : elle doit respecter les programmes, les instructions du ministère, ainsi que le projet d’établissement. Enfin, toujours selon la loi, elle s’exerce sous le conseil et le contrôle des corps d’inspections. Ce n’est donc qu’un mythe. [...]

Extrait de questionstabouessurnotresystèmeeducatif.com du 01.11.17 : Qui a peur de l’autonomie collective et pourquoi ?

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