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Macron et l’éducation prioritaire (site l’Instit Humeurs)

11 mai 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

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En fait, le plus gros effort porté sur le primaire le sera essentiellement à travers les mesures destinées aux REP et REP+.

- La mesure emblématique du candidat Macron, s’agissant d’éducation, est la promesse de diviser par deux les effectifs des classes de CP et de CE1 en REP et REP+, annoncée comme la mesure « la plus importante prise en faveur de l’éducation prioritaire depuis la création des ZEP en 1981 ». De fait, ce n’est pas anodin, de passer de 22,7 élèves par classe comme aujourd’hui à 12 ! Sauf qu’il y a, comme souvent dans le programme du candidat Macron, du flou. D’abord sur le financement, notamment en termes de postes. Cette mesure nécessite 12.000 postes, qui seraient en grande partie (6.000 à 10.000) prélevés sur les postes créés par Hollande (Macron ne prévoit que 4.000 à 5.000 créations de postes au total), notamment une bonne partie de ceux dédiés au dispositif « Plus de maitres que de classes » (PDMQDC). Pour le reste des postes, mystère. « Nous ferons un audit précis, ce point n’est pas encore défini », répond-on chez En Marche ! Une chose est sûre : on s’apprête à déshabiller Paul pour habiller Jacques, une partie des classes bénéficiant du PDMQDC se retrouveront à nouveau avec un seul enseignant. Il y a aussi la question des locaux : si on divise les classes par deux, logiquement il faut deux fois plus de salles ! Réponse : « Nous avons préparé une enveloppe de 200 millions d’euros pour aider les communes. Le temps des travaux, quand il n’y aura pas de solution, deux enseignants feront classe dans la même salle ». Outre que 200 millions risquent de fort de ne pas suffire, deux enseignants par classe, ce n’est pas tout à fait la même chose que des classes de 12 élèves. Se dirigerait-on vers une extension du PDMQDC, plutôt que vers un allègement réel des effectifs ? Ce n’est pas très clair pour l’instant.

- Afin de « stabiliser » les effectifs en REP et REP+, le candidat Macron prévoyait deux choses : d’abord, et on ne pourra que s’en féliciter, n’affecter plus aucun professeur (hors choix motivé) en zone prioritaire pendant ses 3 premières années d’enseignement. « Comment accepter que les enseignants les moins expérimentés soient chargés de faire réussir les élèves qui rencontrent les plus grandes difficultés ? », demande Macron. Deuxième mesure : offrir une prime annuelle de 3000 € nets aux professeurs enseignant en prioritaire. C’est le seul effort salarial promis par Macron, mais il est ciblé. Enfin, toujours dans la même logique, une certaine autonomie dans le recrutement est prévue en collège à titre expérimental afin d’attirer des enseignants sur des postes « à profil » dans les établissements qui ont du mal à recruter « à condition que l’établissement ait un projet construit ». La volonté d’attirer les enseignants volontaires et plus expérimentés en prioritaire est louable, mais seule la réalité dira si ce que propose Macron fonctionne : et si d’aventure la prime promise ne suffit pas à attirer suffisamment de profs (car l’argent ne fait pas tout, loin de là...) ? Il faudrait bien, alors, piocher dans le réservoir, ailleurs… En outre, cela demande de revoir au moins en partie le système actuel d’affectation.

Extrait de francetvinfo.fr du 08.05.17 : Macron et l’éducation

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