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Pierre-Yves Duwoye, ancien directeur de cabinet de Vincent Peillon et ancien recteur, ouvre un blog sur la refondation : propositions sur le pilotage, la pondération, l’attribution proportionnelle des moyens, la mixité sociale...

25 avril 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

Note : L’ouverture de ce nouveau blog a été annoncée par le Café pédagogique du 22.04.17

C’est le blog qu’il faut suivre dans les jours qui viennent. On savait que plusieurs anciens conseillers de Vincent Peillon préparaient des Mémoires sur la Refondation. Mais c’est le plus discret, le plus affable, le plus retiré, en apparence, d’entre eux, bref le Père tranquille de l’Education nationale, qui tire le premier. Ancien secrétaire général du ministère de l’Education nationale sous Sarkozy, premier directeur de cabinet de Vincent Peillon puis recteur de Versailles et Limoges, Pierre Yves Duwoye a servi l’Education nationale aux plus hautes responsabilités durant des années. Il l’a quitté il y a quelques semaines. Il a ouvert le 23 avril un blog dont on n’a pas fini de parler. Mais pour quoi faire ?

Extrait de cafepedagogique.net du Les révélations de PY Duwoye

 

CHANGER LA DONNE
Il y a un parcours rituel pour écrire sur l’École : réaffirmer les valeurs et les enjeux de l’école, redéfinir les grandes finalités et les objectifs, redire que tous les élèves peuvent et doivent apprendre, puis donner les voies et moyens pour y parvenir. Pour cela il convient de proposer de réformer les différents niveaux d’enseignement et d’écrire éventuellement de nouveaux programmes, d’avancer des mesures chocs. Ne pas oublier de traiter des liens avec l’économie, de la place des arts et de la culture, du sport … et bien sûr parler des moyens plus ou moins importants à consentir.
Ces écrits existent, nombreux et de qualité, surtout en période électorale. Ils ont trois caractéristiques.

La première est de faire cohabiter les truismes habituels : tout se joue à l’école primaire, la formation des maîtres est déterminante, les discriminations scolaires sont insupportables, l’échec scolaire injustifiable… avec, pour résoudre enfin ces questions, des recettes prêtes à l’emploi, quelques mesures frappantes, la création de structures et procédures nouvelles, voire l’élaboration d’une loi qui va tout régler. Ce trait s’accentue en période électorale où les candidats sont à la recherche de « pierres philosophales » censées redorer l’efficacité d’une institution, alors que, du fait d’une organisation dépassée, notre système éducatif traine des semelles de plomb.

La deuxième est de s’appuyer trop souvent sur des approches partisanes, au sens des clivages Droite-Gauche notamment. Baisser le nombre d’élèves par classe, se préoccuper des inégalités sociales, promouvoir l’interdisciplinarité… est catalogué à Gauche. Les savoirs disciplinaires, l’Apprentissage, l’autonomie des établissements… sont plutôt classés à Droite. L’opposition, assez largement caricaturale, entre « Républicains et pédagogues » fait aussi florès. L’idéologie, les partis pris, les a priori, les postures l’emportent trop souvent et trop facilement sur la recherche de l’efficacité et le pragmatisme.

Le troisième, et c’est le plus flagrant, est de ne traiter que très rarement du comment, des questions d’organisations « administratives » dit-on habituellement : le pilotage et la régulation du système, la répartition des responsabilités, l’organisation territoriale, les réseaux scolaires, la gestion des ressources humaines… qui paraissent relever des impédimentas. Cependant, « La guerre est un art simple et tout d’exécution » disait Napoléon. [...]

Extrait de pyduwoye.blogspot.fr du 23.04.17 : Changer la donne

 

[...] En donnant aux équipes du temps pour mieux se former et travailler ensemble à des dispositions adaptées, l’éducation prioritaire ouvre la voie. Ce devrait être le cas dans tous les établissements.

Les besoins des publics enseignés doivent conduire non seulement à proportionner les moyens mais également à laisser aux équipes davantage le "choix des armes pédagogiques", y compris en termes de structures d’enseignement, d’organisations pédagogiques et de pratiques professionnelles. Les situations seraient ainsi traitées plus équitablement, dépassant la notion d’égalité, qui conduit en France à l’égalitarisme.

C’est une démarche profondément politique fondée sur la confiance, qui considère les professionnels comme des acteurs du changement. Le rapport publié en septembre 2016 par le CNESCO sur les inégalités sociales et migratoires invite à : « Miser sur l’expertise pédagogique des personnels enseignants et d’encadrement. Davantage que des réformes à répétition ou des injonctions à rentrer dans des cadres pédagogiques fermés, les enseignants et les personnels d’encadrement intervenant dans les enseignements (chefs d’établissement, inspecteurs…) ont besoin de ressources, dont l’efficacité est évaluée, pour développer une expertise pédagogique et didactique approfondie ».

Une allocation diversifiée des moyens est un ressort essentiel, à condition de ne pas raisonner de manière uniquement quantitative. Les moyens supplémentaires justifiés par la situation ne peuvent pas être que des professeurs supplémentaires pour faire baisser le nombre d’élèves par classe ou les dédoubler. Ce qu’il faut donner aux équipes, ce sont aussi les moyens d’intervenir auprès des élèves en partenariat, par la culture, le sport, la pédagogie de projet…

Les exhortations à une allocation davantage progressive des moyens se sont multipliées ces dernières années. Elles ne trouvent qu’une traduction faible sur le terrain. Le système reste globalement beaucoup trop « moyenné » comme disent les cabinets d’audit.

L’allocation diversifiée des moyens suppose une quasi individualisation des dotations, proscrivant le classement des établissements en catégories qui créent inévitablement des effets de seuil.

C’est pourquoi, il conviendrait de la mettre en place de façon contractuelle au profit de réseaux d’entités scolaires. (Cf. Point 7) [...]

Extrait de pyduwoye.blogspot.fr du 24.04.17 : 3. Changer le mode de pilotage et de régulation du système

 

[...] Imposer la mixité au collège par la loi si nécessaire.

La carte des collèges est à retravailler avec les conseils départementaux en toute lucidité pour traiter deux questions, celle des petites structures et celle de la mixité sociale.

La question des petits collèges doit être abordée de front. Car, quels que soient l’énergie et les investissements déployés par les équipes de direction, les professeurs et les collectivités, les petites structures posent des problèmes d’organisation (équipe de direction incomplète, équipe enseignante partagée entre plusieurs établissements…) mais surtout ne sont pas les plus performantes pour leurs élèves : ambition des élèves limitée à l’offre locale, poursuite d’études moins bonne…

Garant de l’équité scolaire sur le territoire, l’Etat doit prendre ses responsabilités sur la carte des collèges et ne plus s’en remettre à la seule sagesse des collectivités.

Avec l’aide des outils statistiques performants pour l’analyse des parcours et des résultats des élèves dont dispose l’Education Nationale, les Recteurs, avec le concours des préfets, devraient engager avec les départements un diagnostic complet pour ouvrir ce débat sur le réseau des collèges avec les élus et la communauté éducative. La mise au jour de données objectives devra permettre une prise de conscience dont il faut espérer des suites.

La mixité sociale au collège est une question de volonté politique. C’est un point fort de l’action du ministère (et de la ministre) ces dernières années qui ont vu 17 départements s’engager. Mais il faut aller plus loin.
De même que l’Etat impose aux collectivités la construction de logements sociaux[7], des dispositions législatives du même ordre devraient permettre au préfet, en s’appuyant sur les Recteurs, d’imposer aux collectivités de reconfigurer la carte des collèges pour des raisons de mixité scolaire. L’enseignement privé sous contrat doit rentrer dans ce processus.

Mettre les écoles et les collèges en réseaux

L’association écoles-collège, cette alliance territoriale, se noue aujourd’hui avec les conseils écoles-collège mais de façon trop limitée par manque de temps et parce qu’elle repose trop sur les bonnes volontés. Les réalisations communes sont faibles non par manque d’ambitions mais par défaut de moyens, au sens de possibilités d’agir ensemble. [...]

Extrait de pyduwoye.blogspot.fr du 24.04.17 : 5 - Fédérer les entités d’enseignement en réseaux territoriaux

 

Voir aussi

Sur le blog de Pierre-Yves Duwoye (suite) : - "Une nouvelle alliance avec les collectivités territoriales" - "Des Maisons de l’enfance pour les moins de trois ans" dans les petites villes

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