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15 années d’adaptation de l’école aux primo-arrivants (Actes université d’automne 2005, DESCO)

29 novembre 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « L’Expresso » du 29.11.05 : Intégrer les primo-arrivants

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La Desco publie les Actes de l’université d’automne des 25-28 octobre 2004 sur l’intégration des nouveaux arrivants.

Un sujet qui pose particulièrement la question de la langue française comme outil d’intégration et donc celui de la place de la langue d’origine. Plusieurs exposés abordent ces thèmes

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Un extrait du rapport :

Anne-Marie Filho : Nous poursuivons notre table ronde avec Francis Delarue. Il souhaite nous présenter le point de vue des chercheurs sur cette question des partenariats.

Francis Delarue : L’intervention précédente et les échanges qui ont suivi ont démontré la force des mots. Le vocabulaire employé peut parfois engendrer des malentendus. Pour commencer, nous devons donc nous attacher à définir la notion de partenaire en la différenciant de celle de prestataire de services. Le centre Ville-Ecole-Intégration archive, depuis une trentaine d’années, des documents traitant de ce sujet. Je vous propose donc une revue de presse sélective, et donc réductrice, de sa revue « Diversité » et de quelques publications institutionnelles importantes. Je commencerai en 1982 car la question des partenariats est née avec la mise en place des ZEP en 1981 qui, pour la première fois, évoque les « partenaires habituels du système éducatif ».

En 1982, la revue Migrant-Formation publie un article intitulé « Enseignants, assistants sociaux, associations... partenaires dans les ZEP ». Un ethnologue et un formateur d’enseignants considèrent qu’il n’appartient pas à l’école de résoudre seule les problèmes de la société. Ils soulignent l’importance de l’inscription des ZEP dans « un espace, un lieu donné, [donc représentatif de] la vie sociale dans toute sa diversité ».
En 1986, la même revue propose un dossier sur les associations et l’école dans le cadre des activités périscolaires et se pose la question de la « cohérence éducative entre différents partenaires ». Elle craint la création d’une école-bis, avec tout ce que cela suppose de non-formation de la part des acteurs du périscolaire.

En 1991, VEI Enjeux publie un numéro spécial intitulé École : le temps des partenaires. Paradoxalement, alors que ce dossier est entièrement consacré aux partenariats, il donne la parole à des chercheurs ou praticiens mais n’édite aucune contribution des parents, des élus, des travailleurs sociaux ou des associations. Seul le Fas est mentionné. À cette date, tous s’accordent sur l’effet « magique » ou la « fortune » du mot partenariat qui va de pair avec la modernisation de l’État où décentralisation rime avec déconcentration. La création de politiques partenariales est concomitante avec l’ascension des politiques de la ville. Cette situation coïncide avec un désengagement sous-jacent de l’État dans ses fonctions régaliennes. Celui-ci délègue en effet ses devoirs au territoire. Chacune des contributions de ce dossier épuise les acceptions du mot et tente d’identifier les acteurs possibles de ces partenariats, nécessaires pour rendre plus efficace l’action publique sur le terrain.

En octobre 2001, un hors-série de VEI Enjeux publie les actes des Journées d’études sur la scolarisation des élèves non francophones, organisées par le ministère au mois de mai précédent. L’accueil et la scolarisation sont alors au coeur des préoccupations des intervenants. L’atelier s’intéressant aux modalités d’accueil affirme que la nécessaire démarche d’équipe n’est pas suffisante et qu’elle doit s’associer à un dispositif partenarial. Une typologie est même suggérée. Elle différencie partenariat d’action, de projet et de financement.

2002 est une année féconde. Le Bulletin officiel spécial n° 10, daté du 25 avril, fixe les nouvelles règles du jeu et transforme les Cefisem en Casnav. Cette évolution a notamment pour effet de placer ces entités au centre des dispositifs partenariaux sur le terrain. Pour résumer leurs attributions, je citerai l’intitulé du chapitre1.3 : « Les Casnav sont des instances de coopération et de médiation avec les partenaires insti-
tutionnels et associatifs de l’école ». En mai 2002, l’Inspection générale publie un rapport sur Les modalités de scolarisation des élèves non francophones nouvellement arrivés en France qui propose 24 occurrences des mots partenaire et partenariat. Elle préconise la mise en place de partenariats avec des « institutions sociales - nationales ou locales - et le milieu associatif ». Cette ouverture devrait favoriser « l’intégration de l’enfant dans d’autres groupes sociaux (clubs de sport, musique, maison de quartier, et autres activités collectives extrascolaires), situation propice à accélérer l’apprentissage de la langue française, la socialisation et l’insertion dans l’environnement local ».

En novembre 2002, la Desco et le centre VEI publient sur le site Internet de l’Éducation prioritaire un dossier intitulé « Réussir un partenariat ». À la différence du numéro de VEI Enjeux paru en 1991, les partenaires ont contribué à cette édition. Francis Oudot s’exprime ainsi sur les relations entre la politique d’éducation prioritaire et la politique de la ville. Dominique Glasman considère, quant à lui, qu’il faut penser l’action publique sur la base de territoires et non de secteurs de l’administration et que l’école ne peut seule répondre aux problèmes qui surgissent.
L’émergence d’une véritable politique de la ville et la mise en place des Clas ou des Cel donnent un cadre institutionnel à la mise en place de partenariats. André Chambon parie sur l’évolution progressive, dans les mentalités et dans les faits, des finalités du système éducatif dans son ensemble. Celui-ci devrait passer d’une organisation historiquement « scolaro-centrée » à une éducation pensée au sens large qui abordera simultanément les questions de scolarisation, de socialisation, et même d’insertion sociale dans le cadre de PEL. Elle s’appuiera donc sur une logique de territoires.

Au quotidien, l’idée de travailler ensemble dans le respect mutuel a donc fait son chemin. Il n’en reste pas moins que dans le maquis des dispositifs, les enseignants, par idéologie, culture ou ignorance, se perdent ou éprouvent des difficultés à entrer dans le cadre partenarial. En 1996, Hervé Vieillard-Baron a mené une enquête auprès des personnels en ZEP. Celle-ci conclut que 81 % d’entre eux ne sont
pas professionnellement impliqués dans des actions de partenariat et que les 19% restant ne sont pas majoritairement des enseignants.
En février 2004, Les Cahiers pédagogiques consacrent un dossier militant au partenariat. Il s’intitule : « Des partenaires pour l’école ? » En établissant un état des lieux, il distingue les prestataires dont s’entoure l’école pour remplir des missions qu’elle ne sait résoudre seule et le partenariat qui engage chacune des parties prenantes. Ce dossier rappelle qu’il est difficile d’identifier les partenaires et propose donc un troisième volet consacré à la formation : « il faut former les acteurs. »

Le rapport complet

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