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Les réactions au projet d’allocation proportionnelle de moyens : SNUipp, FCPE, le Café, Claude Lelièvre

23 octobre 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

[...] Une piste qui séduit Sébastien Sirh, président du syndicat des enseignants dans le primaire (SNUipp), comme il l’explique sur RMC : "C’est une bonne chose de pouvoir attribuer plus de moyens aux académies qui sont en grande difficulté sociale (Créteil, Lille…). Il faut mettre le paquet là où les élèves sont le plus en difficulté socialement et là où les familles peinent".

[...] Rodrigo Arenas, porte-parole de la FCPE, la Fédération des conseils de parents d’élèves, en revanche, s’oppose à cette possible réforme. Sur RMC, il assure que "si on retire des moyens là où ça marche, on n peut pas courir le risque que demain ça ne marche plus". Pour lui, "compte tenu de la situation dans laquelle nous sommes, il faut laisser les moyens là où ils existent et là où ça marche et en rajouter davantage là où ça ne marche pas mais en fonction d’un projet pédagogique et pas simplement sur des questions économiques. Il ne suffit pas seulement d’avoir de l’argent, il faut savoir ce que l’on en fait". En clair, "il ne faut pas déshabiller Paul pour habiller Jacques".

Extrait de bfmtv.com du 17.10.14 : Education : faut-il donner plus d’argent aux académies dont les notes sont mauvaises ?,

 

N Vallaud-Belkacem va-t-elle modifier sensiblement la répartition des moyens à l’éducation nationale ? Europe 1 l’affirme le 16 octobre. Mais le Café pédagogique l’avait annoncé dès le 9 octobre au vue des déclarations de la ministre elle-même. En fait cette question est classique pour chaque ministre. Et bien peu ont le courage de l’action...

[...] Ainsi la ministre pourrait initier une nouvelle répartition des moyens entre les académies On ignore sur quels critères précis. [...] la ministre disait à l’Assemblée nationale " je conduirai une autre réforme que celle de l’éducation prioritaire, celle, plus générale, de l’allocation des moyens par académie pour correspondre à la réalité du profil sociologique de chaque établissement, dans chaque territoire, y compris en zone rurale".

[...] Car l’exercice est classique au ministère et chaque ministre a du l’affronter. A chaque rentrée le ministre doit justifier de la répartition des moyens. Il élabore alors un argumentaire basé sur les données de la Depp. A la différence des ministres précédents, la nouvelle ministre peut compter sur deux études très poussées portées par la Depp. Cet été la Depp a publié un Atlas académique des risques sociaux d’échec scolaire réalisé en collaboration avec le Céreq. Cet atlas propose une cartographie fine du territoire pour visualiser les risques sociaux et économiques. La Depp publie aussi une Géographie de l’école qui permet de connaitre la répartition départementale et régionale des moyens. Et on observe bien de fortes inégalités de réussite scolaire et de répartition des moyens sur le territoire national. La ministre dispose aussi des études commandées par la région Ile de France sur la ségrégation scolaire. Elles mettent en évidence les mécanismes qui fabriquent les inégalités scolaires.

Or l’exercice de répartition des moyens est plus difficile qu’il n’en a l’air. Il peut sembler facile de redresser les situations de déficit de moyens en rabotant dans les régions en excès. Mais la répartition des moyens doit tenir compte de critères géographiques. Si la taille moyenne des classes est plus faible en Champagne ou en Auvergne c’est que ces régions sont rurales. Réduire les moyens imposerait aux enfants des heures de transport scolaire. A la résistance du territoire il faut ajouter celle de la société. On sait bien que les dépenses par élève sont beaucoup plus fortes en CPGE qu’en lycée, dans le secondaire que dans le primaire. Un rééquilibrage est en cours en faveur du primaire. Mais s’attaquer sérieusement au rééquilibrage en transférant des moyens des filières élitistes vers celles où les besoins éducatifs sont particulièrement forts, suscite des résistances qu’il ne faut pas sous-estimer. L’avoir tenté à propos des CPGE n’est pas pour rien dans le départ de Vincent Peillon du ministère. [...]

Europe 1

Extrait de cafepedagogique.net du 17.10.2014 : |Une nouvelle répartition des moyens à l’Education nationale ?->http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2014/10/17102014Article635491282194022855.aspx]

 

Claude Lelièvre
[...] Il y a tout juste dix ans, en octobre 2004, le rapport de la commission Thélot avait proposé de « définir la dotation horaire globale de chaque établissement à partir de trois ’’corbeilles’’ : une dotation identique pour tous ; 8 à 10% de la dotation horaire globale laissée à un libre usage contractualisé ;et une dotation supplémentaire (qui pourrait aller de 0% à 25% de la dotation horaire globale) dévolue sur critères spécifiques, de manière à promouvoir la mixité sociale et le soutien des élèves les plus défavorisés ».

Cette proposition n’a été en rien reprise (sous quelque forme que ce soit) par le ministre de l’Education nationale de l’époque, un certain François Fillon.
Quant à ses deux rivaux pour le leadership à droite, on sait combien ils sont obsédés par la réduction des postes d’enseignants (cf le billet précédent). Nicolas Sarkozy, mercredi 15 octobre 2014, en meeting à Saint-Cyr-sur-Loire : « il faut augmenter de 30% le travail des enseignants, augmenter de 30% leur rémunération, et diminuer leur nombre de 30%, ainsi vous aurez le meilleur pour vos enfants ».
Alain Juppé, en réponse, le soir même sur Radio Classique : « il faut renouer avec le principe du non -remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ; et si on veut réduire la dépense publique, il faut naturellement travailler sur l’ensemble des effectifs des fonctionnaires : la France n’a pas les moyens d’entretenir [sic] un million d’enseignants, même motivés ».

Extrait de blogs.mediaprt.fr du 23.10.14 : Des dotations désormais ciblées ?

 

Voir aussi
Najat Vallaud-Belkacem confirme son intention de mettre en place une allocation de moyens par académie et par établissement. Un document budgétaire analyse les disparités territoriales de dotation

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