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Mission Ecole-Parents à l’Assemblée nationale : audition d’ Eric Charbonnier (OCDE), qui fait des propositions pour "une politique d’éducation prioritaire efficace", et de Bruno Masurel (ATD Quart Monde)

1er mars 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

Additif du 03.03.14 :

[...] Le dialogue avec les familles peut-il malgré tout améliorer les résultats des élèves ? Pour cela il faut qu’il soit plus précoce qu’un simple baisser de rideau de fin de collège. Dans une intervention devant la Mission d’information sur les relations école - parents de l’Assemblée nationale, le 27 février, Eric Charbonnier, analyste à la direction de l’éducation de l’OCDE, a pu montrer à partir d’exemples (Pays Bas, Irlande, Portugal) comment améliorer les relations parents - école peut avoir un effet en faveur de davantage d’égalité sociale à l’école. Ainsi au Portugal, le fait d’améliorer les rapports entre enseignants, cadres sociaux et familles permet d’aider davantage les élèves, quitte à ce que les éducateurs les accompagnent en classe.

Mais ces meilleures relations avec les parents doivent aussi être accompagnées de réformes plus structurelles. Ainsi Eric Charbonnier insiste sur la nécessité d’une formation des enseignants à enseigner devant un public populaire et d’un recrutement prenant en compte d’autres aspects que la formation académique. Le dialogue avec les familles doit aussi avoir ses limites. Laisser par exemple un libre choix des établissements aux familles, a des effets ségrégatifs attestés. Le nouveau dialogue avec les familles que l’Ecole envisage n’est qu’un élément d’une refondation plus globale.

Extrait de cafepedagogique.net du 03.03.14 : Décrochage : L’impact de la parole avec les parents

 

Rapprocher l’école des parents passe par une politique d’éducation prioritaire "efficace" (Eric Charbonnier)

Eric Charbonnier, analyste à la direction de l’éducation de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), déclare que les initiatives en France pour renforcer les liens entre l’école et les parents sont "très limitées".
Il était entendu par la mission d’information sur les relations entre les parents et l’école à l’Assemblée Nationale, le 27 février. Il explique que l’OCDE a intégré ce sujet "dans une réflexion sur l’équité sociale, pour renforcer ces liens dans les quartiers défavorisés". "Si je reviens aux résultats de Pisa, on a pu voir que la France est un des pays les plus inégalitaires dans son système d’éducation. Il y a une véritable nécessité d’avoir une politique d’éducation prioritaire. Politique qui a été mise en place il y a vingt ans mais qui n’est pas très efficace aujourd’hui car finalement les établissements les plus difficiles n’ont pas tant de moyens que cela par rapport aux autres. Les enseignants qui travaillent dans ces établissements sont souvent inexpérimentés. Ce ne sont pas les meilleures personnes pour transmettre le savoir à cette population difficile. Ils ne sont pas non plus préparés pour travailler de façon proche avec les parents."

"Aujourd’hui, le plus grand déficit du système éducatif français, c’est l’absence d’une politique prioritaire efficace qui conduit à ce qu’on voit un échec scolaire important, 20% des élèves de 15 ans, et un échec scolaire qui est concentré dans les établissements difficiles", rappelle Eric Charbonnier. Il faudrait mener "une politique active de l’éducation prioritaire qui va mêler différents éléments dont le fait de nouer des contacts entre les parents et l’école. L’amélioration de cette relation ne passera que par d’autres réformes dans ces établissements difficiles : la formation des enseignants, la formation des chefs d’établissement, la pérennisation des équipes éducatives et le renforcement de leur collaboration." C’est ce qui a été fait au Portugal, en Suède et en Irlande, notamment. Eric Charbonnier préconise un recrutement sur profil des enseignants et l’autonomie des chefs d’établissements difficiles.

En outre, dans certains pays de l’OCDE, l’école est devenue un endroit de rencontres. "Au Pays-Bas, il existe des salles qui permettent aux enseignants de rencontrer les parents et aux parents de se rencontrer entre eux. En Irlande, il y a des centres de liaison à l’intérieur des établissements. Une entité particulière existe pour que les parents puissent venir exposer leurs problèmes." Ensuite il cite une "démarche qui est très courante dans les pays de l’OCDE : l’école travaille avec les municipalités, avec les missions locales et organise des visites à domicile des parents."

L’implication des parents est fondamentale
Par ailleurs, Eric Charbonnier rappelle que les indicateurs de l’OCDE démontrent que le rôle des parents est fondamental pour la réussite de leurs enfants. Il explique que quand des parents lisent des histoires à leurs enfants dès l’école primaire, même une fois par semaine, ces derniers réussissent mieux. "A l’âge de 15 ans, ils ont six mois d’avance sur les autres." Par ailleurs, "nous avons pu voir dans ce Pisa 2012, sur un échantillon réduit d’une quinzaine de pays, que lorsque des parents ont des attentes ou des espoirs de réussite pour les enfants, cela a un impact sur la persévérance, la motivation, l’absentéisme."

 

Bruno Masurel, responsable du réseau école ATD Quart Monde rappelle que "la confiance des parents va permettre que l’enfant s’investisse dans les apprentissages. Cela suppose tout un travail de formation qui concerne tous les professionnels de l’éducation, les personnels en charge du périscolaire et tous les acteurs d’un territoire". "Il faut impliquer la ville", insiste-t-il.

ATD Quart Monde met à disposition une ressource formation

Bruno Masurel revient sur un projet-pilote d’ATD Quart Monde dans le quartier de Maurepas à Rennes mené de 2007 à 2011 pour "concrètement approcher les parents les plus éloignés de l’école". Ce projet a réuni autour de l’association plusieurs partenaires : la direction académique d’Ille-et-Vilaine, les écoles publiques du quartier, la ville de Rennes, ses élus et son projet de réussite éducative, l’ancien l’IUFM de Bretagne, l’université de Rennes et son département sciences de l’éducation et la FCPE locale. "Nous avons créé des groupes de pairs. Il y avait un groupe qui a fait participer les parents de deux écoles : une école ghettoïsée, une école plus mixte", explique Bruno Masurel.

Une dizaine de rencontres ont été organisées chaque année, pour "redonner confiance et restituer aux parents leur pouvoir d’agir pour améliorer ce que va devenir leur enfant à l’école". Les enseignants qui se sont associés à ce projet "ont réfléchi sur la communication avec les parents et sur la façon de rendre l’école lisible". Des rencontres ont été organisées entre les parents et les enseignants et leurs relations se sont "pacifiées". "L’éducation partagée progressait d’année en année. Il faut de la patience et du temps, un vrai dialogue, de la confiance plutôt que du jugement". L’association souhaite se servir de ce retour d’expérience pour "le propager ailleurs" et le "convertir en outil de formation".
Ainsi, l’association a mis une place une ressource pour la formation "famille et école, grande pauvreté quand parents et enseignant se mêlent". "Cet outil a reçu 230 demandes de codes d’accès." Elle est destinée à être utilisée dans le cadre de formations qui peuvent concerner tous les acteurs de l’éducation : parents d’élèves, enseignants en formation initiale ou continue, personnels d’encadrement, éducateurs et services sociaux, associations et collectivités ayant une mission éducative.

Extrait du site ToutEduc du 28.02.2014 : Rapprocher l’école des parents passe par une politique d’éducation prioritaire "efficace" (Eric Charbonnier)

 

Le projet-pilote d’Atd Quart Monde dans le quartier de Maurepas, à Rennes

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