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La direction de l’Observatoire de la laïcité visée par le gouvernement. Une tribune des intéressés. Le soutien d’un collectif d’universitaires (Libération, Le Figaro, Le Monde)

21 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

L’Observatoire de la laïcité dans le viseur du gouvernement
Le gouvernement, qui reproche à l’institution son « laxisme », a annoncé mardi un « renouvellement » dans les prochains jours. Principal visé, le numéro 2, Nicolas Cadène, victime d’une campagne menée par Manuel Valls et le Printemps républicain.

[...] Courtois, comme à son habitude, Jean-Louis Bianco a pris soin de répondre. Juste un bref SMS dans lequel il précise qu’il ne s’exprime pas « dans la phase actuelle » de l’affaire. Pour le président de l’Observatoire de la laïcité (ODL), la tempête s’est levée, lundi après-midi à 16 h 09, avec la publication d’un article du Point. Depuis son arrivée à la tête de l’ODL en avril 2013, l’ex-ministre socialiste a essuyé beaucoup de vents mauvais. Surtout ceux en provenance de Manuel Valls et de son entourage, ou de l’association Printemps républicain, qui taxent régulièrement l’Observatoire de la laïcité de laxisme. L’une des polémiques les plus retentissantes a eu lieu en 2016, opposant la philosophe Elisabeth Badinter à Nicolas Cadène, son bras droit et rapporteur général de l’ODL.

Cette fois-ci, la tempête pourrait être fatale, tant le climat est à la répression tous azimuts. Ce n’est pas, selon le Point, la tête de Jean-Louis Bianco qui est sur le billot, mais celle de Nicolas Cadène. [...]

Extrait de liberation.fr du 20.10.20

 

L’Observatoire de la laïcité, un organe consultatif abonné aux polémiques
Matignon a confirmé mardi soir qu’il entendait « renouveler » le statut et les missions de cet organe consultatif créé en 2013, en ciblant particulièrement sa direction.

Le poste de Nicolas Cadène, rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité, semble particulièrement menacé.

[...] « Il ne s’agit pas simplement d’une question de personnes », précise alors Matignon. « (...) La volonté du premier ministre est de renouveler une instance afin qu’elle soit davantage en phase avec la stratégie de lutte contre les séparatismes », poursuit Matignon. Le premier ministre Jean Castex recevra « dans les tout prochains jours Jean-Louis Bianco pour lui faire part de la décision du gouvernement ».

Ce n’est pas la première fois que la direction de cette instance consultative est directement visée. Ces dernières années, en réalité, l’Observatoire de la laïcité n’a cessé d’être la cible de critiques, à droite comme à gauche de l’échiquier politique.

Conception ouverte de la laïcité
Mais les controverses suscitées par ses avis ont surtout reflété le véritable clivage de la gauche politique française autour de la notion de laïcité. Face à une gauche républicaine et laïque, partisane d’une vision intransigeante de la laïcité, souhaitant imposer la neutralité dans l’espace public au sens large, l’Observatoire de la laïcité a toujours défendu une conception plus ouverte.

[...] Blanquer écarte le port de signes religieux lors du service national universel
[...] Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, défendant une approche stricte de la laïcité à l’école, se fend d’un commentaire glaçant : « L’Observatoire de la laïcité ne m’a pas consulté avant (…). C’est évidemment une recommandation que je ne suivrai pas ». Le ministre ne s’arrête pas là. Il saisit le Conseil des sages de la laïcité, instance qu’il a lui-même créée en janvier 2018, présidé par la sociologue Dominique Schnapper – dont Bianco est également membre. Dans son avis du 4 février 2019, le Conseil des sages contredit et désavoue alors la position de l’Observatoire.

En octobre 2019, une nouvelle polémique éclate tandis qu’une proposition de loi LR vise à interdire le port de signes religieux pour les parents accompagnant les sorties scolaires. Sur Twitter, Nicolas Cadène martèle qu’en vertu du droit actuel, le port du voile n’est pas interdit pour les mamans accompagnant les sorties scolaires.

Plus récemment, pourtant, Nicolas Cadène avait fait preuve d’un soutien public aux annonces récentes d’Emmanuel Macron contre le séparatisme. [...]

Extrait de lefigaro.fr du 20.10.20

 

TRIBUNE
Soutenons l’Observatoire de la laïcité
Par Un collectif d’universitaires — 20 octobre 2020 à 19:19

Monsieur le Président dela République,
Alors que la France est secouée par un attentat islamiste, des universitaires appellent les pouvoirs publics à soutenir l’institution dirigée par Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène. Ils estiment qu’elle mène un travail de terrain essentiel dans son domaine.

Notre pays continue d’être secoué par des attentats islamistes, événements dramatiques qui, tout à la fois, peuvent rapprocher les Français et nourrir des antagonismes identitaires. Le dernier acte de ce terrorisme a visé le cœur même de la République, à savoir l’école laïque. Un professeur de collège est mort alors qu’à travers son enseignement moral et civique, il participait à la construction de la citoyenneté. Cet assassinat ne doit pas nous diviser mais au contraire, comme vous l’avez souligné, nous conduire à faire bloc contre la barbarie.

Dans l’adversité, alors que les angoisses légitimes des Français peuvent conduire à des confusions qui renforceraient l’adversaire, nous croyons qu’il importe de garder recul et équanimité. C’est à cette condition que l’Etat de droit républicain sera préservé dans ses principes fondamentaux de liberté, d’égalité et de fraternité. Nous voudrions, à cet égard, en tant que chercheurs et universitaires travaillant sur la laïcité, les libertés publiques, les phénomènes religieux et les fondements symboliques du lien social, exprimer notre total soutien à Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, et à Nicolas Cadène, rapporteur général, qui, durant tous ces événements, ont su et savent encore, avec si peu de moyens, assurer contre vents et marées, en s’élevant au-dessus de toutes les querelles partisanes, les missions fondamentales de l’Observatoire   : fournir des informations objectives remontant du terrain, prévenir et souligner les dérives ­contraires à la laïcité, former et outiller les acteurs de terrain, permettre un dialogue constructif avec les représentants des grandes religions et courants de pensée, et enfin rappeler inlassablement les textes en ­vigueur des lois laïques de la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours, en passant par la loi de 1905.

Travail salutaire
Nous développons des approches disciplinaires distinctes et incarnons des courants variés, parfois très divergents, mais, au-delà de nos différences, nous reconnaissons unanimement le travail ­salutaire de Jean-Louis Bianco et de Nicolas Cadène à la tête de l’Observatoire de la laïcité, tant il est considérable et palpable sur le terrain. Et il est, à notre sens, absolument indispensable que ce travail continue et soit publiquement soutenu par les pouvoirs publics contre les injustes attaques et les tentatives de déstabilisation dont il fait l’objet, en particulier venant – entre autres – de courants identitaires, comme de ceux qui se plaisent à faire de la laïcité un catalogue d’interdits, oubliant qu’elle est d’abord un système de libertés.

Nous vous prions de bien vouloir croire, Monsieur le Président, à l’expression de notre haute considération et de nos sentiments très dévoués.

Signataires : Jean Baubérot, Directeur honoraire à l’Ecole Pratique des Hautes Études (PSL) ; Céline Béraud, Directrice d’études de l’EHESS ; Pascal Bourdeaux, Maitre de conférences à l’Ecole Pratique des Hautes Études (PSL) ; Claire de Galembert, Chargée de recherche au CNRS ; Sébastien Fath, Historien, Chargé de recherche au CNRS ; Franck Frégosi, Directeur de recherche au CNRS, Chargé d’enseignement à Sciences Po Aix ; Stéphanie Hennette Vauchez, Professeure de droit public Université Paris Ouest-Nanterre, Institut universitaire de France ; Farhad Khosrokhavar, Directeur d’études de l’EHESS ; Francis Messner, Directeur de recherche émérite au CNRS, Professeur conventionné à l’Université de Strasbourg ; Philippe Portier, Directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études (PSL), Professeur à Sciences Po Paris ; Florence Rochefort, Chargée de recherche au CNRS ; Pierre Rosanvallon, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’histoire moderne et contemporaine du politique ; Haoues Seniguer, Maître de conférences en science politique, Sciences Po Lyon ; Jean Paul Willaime, Directeur d’études émérite à l’École Pratique des Hautes Études (PSL) ; Michelle Zancarini Fournel, Professeure émérite d’histoire contemporaine, Université Lyon 1 ; Thierry Zarcone, Directeur de recherche au CNRS, Chargé d’enseignement à Sciences Po Aix ; Valentine Zuber, Directrice d’études à l’École Pratique des Hautes Études (PSL).

Extrait de liberation.fr du 20.10.20

 

L’Observatoire de la laïcité sera « renouvelé », annonce Matignon
Le premier ministre annonce vouloir renouveler cette instance, afin qu’elle soit davantage en phase avec la stratégie de lutte contre les séparatismes.

[...] Le sort de l’Observatoire divise jusqu’au sein de la majorité. Plusieurs députés La République en marche (Sacha Houlié, Hugues Renson, Cécile Rilhac, Fiona Lazaar,…) ont ainsi apporté publiquement leur soutien à MM. Bianco et Cadène. A l’inverse, l’ancien premier ministre Manuel Valls a estimé que cette commission s’était rendue « coupable de tant de renoncements ». « Je ne cesse d’alerter… Les pouvoirs publics ne peuvent pas s’appuyer sur cette institution pour promouvoir la laïcité. Il est temps d’agir », a insisté M. Valls.

Extrait de lemonde.fr du 21.10.20

 

« Sur la laïcité, évitons les disputes inutiles »
TRIBUNE
Jean-Louis Bianco
Président de l’Observatoire de la laïcité
Nicolas Cadène
Rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité

Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène, de l’Observatoire de la laïcité, estiment dans une tribune au « Monde » que le droit peut évoluer à condition de conserver l’équilibre établi par la loi de 1905.

[...] En revanche, revenir sur le principe de séparation, ce serait risquer l’instrumentalisation politique des cultes et s’attaquer à la souveraineté populaire. Par ailleurs, étendre l’application du principe de neutralité aurait pour conséquence de rompre avec une justification aussi objective que possible (trouble ou non à l’ordre public et au bon fonctionnement d’un service en raison de la manifestation de convictions ou croyances) et d’ouvrir la porte à la subjectivité, rendant possible demaiEn revanche, revenir sur le principe de séparation, ce serait risquer l’instrumentalisation politique des cultes et s’attaquer à la souveraineté populaire. Par ailleurs, étendre l’application du principe de neutralité aurait pour conséquence de rompre avec une justification aussi objective que possible (trouble ou non à l’ordre public et au bon fonctionnement d’un service en raison de la manifestation de convictions ou croyances) et d’ouvrir la porte à la subjectivité, rendant possible demain l’interdiction de toute conviction minoritaire. Surtout, une telle démarche offrirait l’argument de la discrimination aux voix religieuses les plus rigoristes et multiplierait les replis communautaristes contraires à notre modèle républicain.

Cela n’empêche aucunement le débat. En particulier, et c’est essentiel, quant à la nécessité de renforcer la laïcité dans son application quotidienne en 2019.

Dans ce cadre, n’oublions pas ces mots d’Aristide Briand, alors rapporteur de la loi de 1905, prononcés à une époque où l’influence religieuse était – on l’oublie trop souvent – considérable : « Il ne faut pas fournir aux adversaires de la République des armes que demain ils puissent retourner contre elle. »n l’interdiction de toute conviction minoritaire. Surtout, une telle démarche offrirait l’argument de la discrimination aux voix religieuses les plus rigoristes et multiplierait les replis communautaristes contraires à notre modèle républicain.

Cela n’empêche aucunement le débat. En particulier, et c’est essentiel, quant à la nécessité de renforcer la laïcité dans son application quotidienne en 2019.

Dans ce cadre, n’oublions pas ces mots d’Aristide Briand, alors rapporteur de la loi de 1905, prononcés à une époque où l’influence religieuse était – on l’oublie trop souvent – considérable : « Il ne faut pas fournir aux adversaires de la République des armes que demain ils puissent retourner contre elle. »

Extrait de lemonde.fr du 21.10.20

 

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