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Le socle de l’association OZP (Bulletin de l’OZP n° 8, septembre 1995)

29 juin 2009 Version imprimable de cet article Version imprimable

Bulletin de l’association OZP n° 8, septembre 1995

LE SOCLE DE L’OZP

Cet article explicite ce qui constitue les fondements de l’association. Il nous précise les principes de base qui la régissent et sans lesquels l’OZP ne saurait être.

Par ce mot de sculpteur, nous cherchons à préciser sur quoi s’appuient les actions de l’OZP. L’actualité et la composition du conseil d’administration peuvent amener l’association, selon les années, à prendre telle ou telle position. Mais son existence même repose sur un socle qui balise les fluctuations de la ligne politique imposées par la réflexion, le débat et les réponses aux sollicitations extérieures.

Si les statuts assignent pour but de « favoriser la réflexion, les recherches et les actions dans la lutte contre les exclusions », le socle est donc un accord fondamental entre les membres pour participer à cette lutte. La volonté de maintenir l’unité du corps social constitue donc l’élément premier de ce socle.

L’article 2 des statuts précise « particulièrement dans le système éducatif ». La coloration éducative du socle est donc bien affirmée. On sait l’importance du logement ou celle des actions sociales d’insertion, par exemple, pour lutter contre l’exclusion. L’OZP, pour sa part, concentre son effort sur l’éducation. Mais comme tout se tient, il aurait été absurde de se limiter au domaine éducatif, d’autant plus que les frontières entre domaines sont parfois bien floues. Le nom même de l’association montre la globalité du problème.

Ce nom, Observatoire des Zones Prioritaires, indique deux autres aspects du socle sur lequel repose l’action de l’association. Le terme d’observatoire implique, osons le dire !, une vue élevée, tous azimuts, sans obstacles : rien de ce qui concerne la lutte contre l’exclusion n’est hors des observations. Cependant, il faut reconnaitre l’ambiguïté du mot, si on le rapporte à d’autres observatoires pourvus de moyens humains et matériels d’analyse devant lesquels notre petite association n’est qu’un grain de sable. Mais ce fut le nom choisi en 1990 et, à un niveau modeste, il a sa valeur.

Plus pertinente et engageante est l’indication de l’objet des observations : les zones prioritaires. Le socle, avec cet objet, montre une nature bien particulière. Ce sont les zones prioritaires qui intéressent l’OZP. Un postulat de base est donc avancé : pour lutter contre les exclusions, les politiques prioritaires de territorialisation sont un moyen à favoriser. Il était plus aventureux en 1990 qu’aujourd’hui de l’avancer : il y avait une conviction partagée entre les membres fondateurs. Elle existe toujours parmi les adhérents.

En 1995, l’unité des zones prioritaires est plus étayée, que ce soit dans la mise en œuvre globale (politique DSQ puis DSU puis contrats de ville) ou plus spécialement dans le système scolaire avec les ZEP : les travaux de l’inspection générale, ceux de la Direction de l’évaluation et de la prospective au ministère de l’Education nationale, ou de nombreuses observations locales, montrent l’intérêt des zones prioritaires.

L’objet - la lutte contre les exclusions - est donc complété, dans le « socle » de l’OZP, par un outil repéré : la politique des zones prioritaires. Cependant, la lecture des bulletins déjà parus, ou des titres des réunions publiques, montre que d’autres angles d’attaque sont reconnus comme complémentaires, comme les politiques fondées sur des catégories de personnes exclues ou en risque d’exclusion, indépendamment de leur implantation territoriale.

Après cinq ans de fonctionnement de l’association, trois autres éléments sont venus enrichir le socle : le service public, l’éducation et l’échange.

Les services publics comme premier moyen d’action : les adhérents de l’OZP sont attachés à leur existence et à leur efficacité. Il s’agit d’une part d’une option de principe, d’une conception de la République, d’autre part d’un constat de nécessité, même si les initiatives des habitants des zones concernées, les associations et les élus locaux ont leur part également nécessaire.

L’éducation : le fait que la majorité des adhérents de l’OZP appartienne à l’Education nationale ne suffit pas à expliquer l’importance qu’ils donnent à l’éducation dans la lutte contre les exclusions : c’est un élément essentiel du socle. Rien de solide ne peut être bâti contre l’exclusion sans cette dimension éducative. Il ne s’agit pas de nier d’autres aspects mais de se concentrer sur celui-là. Cela engage considérablement car si, pour tous, il est évident qu’on ne peut, par exemple, vivre dans un taudis, il n’est pas évident pour tout le monde qu’avec tous les élèves, avec toutes les familles, on puisse avoir des objectifs éducatifs ambitieux. Le fatalisme ne peut être le lot des adhérents de l’OZP.

L’échange, enfin. Cette fois-ci, il s’agit de méthode, mais il s’agit bien également d’une partie du socle : l’échange entre zones, l’échange entre acteurs locaux et décideurs, l’échange entre praticiens et chercheurs, l’échange entre niveaux hiérarchiques, l’échange entre différents services publics et entre ceux-ci et d’autres, élus, associations, etc. Cette méthode de travail pour réfléchir et agir que constitue l’échange est le choix des adhérents de l’association. Jusqu’ici, par le bulletin et les réunions publiques, la méthode a été appliquée. Il ne peut y avoir de « voix de son maître ».

On pourrait multiplier les points d’accord qui se manifestent entre les membres de l’OZP, tout au moins ceux du conseil d’administration qui ont l’occasion de s’exprimer régulièrement. Mais on a cherché ici à se limiter au socle, à ce qui amènerait la disparition de l’association, tout au moins sa remise en cause, s’il y avait modification.

Le bureau de l’OZP

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