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11/02 - Entretien avec Hervé Hamon : l’idée d’égalité chez les lycéens

12 février 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « Libération » du 11.02.05 : « Ils ne sont plus dupes de la promesse d’égalité » Hervé Hamon, du Haut Conseil de l’évaluation de l’école, explique la colère des élèves

Par deux fois et pendant plusieurs mois, l’écrivain Hervé Hamon, membre du Haut Conseil de l’évaluation de l’école, a sillonné collèges et lycées (Tant qu’il y aura des profs, Seuil, 1984 et Tant qu’il y aura des élèves, Seuil, 2004). La mobilisation ne le surprend pas.

Hervé Hamon : (...) De plus, les élèves ont une conscience aiguë des inégalités et du fait que réussir ne suffit plus. Encore faut-il réussir au bon endroit.

Emmanuel Davidenkoff : d’où leur inquiétude sur le bac, symbole d’égalité ?

HH : C’est en tout cas ainsi que je comprends leur refus du contrôle continu, qui pourrait pourtant les aider, en allégeant les épreuves finales, en valorisant les élèves qui résistent mal au stress de l’examen final... Et qui, au passage, résoudrait les problèmes d’organisation disproportionnés que pose le bac. Les élèves ont cessé d’être dupes de la promesse sociale que leur fait l’éducation : l’égalité.

ED : La loi dit la restaurer...

HH : Mais, pour cela, il aurait fallu qu’il fasse une vraie loi, et pas ce texte ni fait ni à faire. Un exemple qui exprime aussi le caractère réactionnaire de la loi : Fillon introduit des mentions au brevet des collèges. La suite est écrite : les meilleurs lycées, qui font déjà leur marché parmi les bons collégiens, auront un critère de sélection de plus. Or, parmi les élèves de ZEP qui réussissent de belles études,¬ il y en a qui¬ se révèlent plus tard, généralement au lycée. Sa loi ne permettra pas plus de valoriser l’enseignement professionnel, qui le mérite, puisque la respiration naturelle du système est d’y envoyer les élèves les plus fragiles. Résultat : elle va accroître les fossés entre établissements et filières.

ED : Fillon hérite d’une situation qu’il n’a pas créée...

HH : Certes, mais il ne fait rien contre ! Les enseignants, par exemple, sont formés pour dégager une élite, et ils y parviennent. Mais il faudrait aussi les former et les accompagner pour aider les plus faibles.

ED : La loi prévoit du soutien...

HH : Largement insuffisant : le dernier rapport du Haut Conseil de l’évaluation de l’école sur la grande difficulté scolaire montre que ces dispositifs ne suffisent pas si le soutien n’est que la répétition de ce qui n’a pas marché. En plus, il faut des moyens, or le gouvernement en supprime tant et plus depuis trois ans.

(...)

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