> 8 - POLITIQUE DE LA VILLE > PLAN ESPOIR BANLIEUES 2008-2009 (archives) > Le busing en CM1-CM2 (archives) > Pour un chef d’entreprise, le « busing » est une solution

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Pour un chef d’entreprise, le « busing » est une solution

11 décembre 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du site « Marianne », le 10.12.06 : Education : pour un « busing » à la française...

Aux Etats-Unis, le « busing » consiste à transporter les enfants noirs dans les établissements fréquentés par des enfants blancs pour assurer un mélange racial dans les écoles élémentaires et secondaires avec l’objectif affiché d’aboutir à l’égalité des chances et à la mixité sociale. Imaginez ce système transposé en France, ce serait une réelle innovation sociale...

Ségolène Royal veut écouter les Français et s’ouvrir aux idées neuves. Je profite de l’aubaine et propose pour ma part un système de « busing » à la française. Le projet socialiste veut défendre les valeurs de solidarité, faire de l’éducation la priorité des priorités et veiller à ce que la carte scolaire permette la mixité sociale. Les ébauches de propositions d’aménagement du système actuel émises par la candidate du parti socialiste ne paraissent pas à la hauteur de l’enjeu. Pire, en donnant un choix virtuel aux parents sur deux ou trois établissements scolaires, il semble que le résultat obtenu soit à l’inverse de celui espéré.

En effet, des expériences de cette nature ont déjà été réalisées par le passé. Selon la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE), les évaluations de ces expériences d’assouplissement menées à partir de 1984, et plus récemment dans les lycées parisiens favorisent de manière évidente la concentration des problèmes dans un même établissement et ne font donc que renforcer les inégalités. L’analyse montre qu’il faudrait une très forte volonté politique pour combattre les causes profondes de la ghettoïsation urbaine. De l’avis unanime, favoriser la réussite scolaire pour le plus grand nombre, c’est mettre en œuvre une solidarité réelle entre les territoires. Pour réussir, le maintien de la carte scolaire doit être accompagné d’une réforme ambitieuse des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales et de la fiscalité locale. Une perspective d’intégration résidentielle peut être ainsi recherchée à moyen et long terme. Mais sur le court terme, elle s’avère plus difficile et plus longue à obtenir que l’intégration scolaire.

Je propose donc que parallèlement la mise en place d’une politique de solidarité réelle entre les territoires, un système s’inspirant du « busing » pratiqué aux Etats-Unis soit développé en France. Pour déghettoïser, le « busing » consiste à transporter les enfants noirs dans les établissements fréquentés par des enfants blancs pour assurer un mélange racial dans les écoles élémentaires et secondaires avec l’objectif affiché d’aboutir à l’égalité des chances et à la mixité sociale.

Imaginez ce système transposé en France. Des enfants des cités des Tartêrets et du Val Fourré à Henri IV, voilà une réelle innovation sociale. Et un enrichissement mutuel évident. D’un côté, un professeur des écoles d’Henri IV confronté à l’apprentissage d’enfants en réelle difficulté scolaire. Des enfants et des parents socialement privilégiés confrontés à l’altérité économique, culturelle et sociale. De l’autre, des enfants qui évoluent dans des environnements paupérisés qui ne voient la richesse qu’au travers du petit écran soudain transportés au cœur de l’élite du pays.

Recréer des liens quotidiens entre des mondes qui s’ignorent, qui ne se respectent plus, voilà une ambition généreuse pour des socialistes.

Rouvrir toutes les écoles primaires, les collèges publics et privés qui sont aujourd’hui réservés à l’élite économique, culturelle et sociale à tous les enfants, ça ne se fera pas sur la seule base du libre choix ou de la sélection par le mérite. Le Parti socialiste s’honorera en ne sombrant pas dans la démagogie mais en défendant ses valeurs.

Victor Muller, chef d’entreprise, Villejuif (Val-de-Marne).

Répondre à cet article