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Education prioritaire et violence

juin 2006, par Lucienne Siuda Version imprimable de cet article Version imprimable

Des fiches pour tout savoir sur l’éducation prioritaire

Education prioritaire et violence

Mise à jour : 2011
 

La carte de l’éducation prioritaire est établie selon des critères qui permettent de déterminer les aires géographiques où se concentrent les plus grandes difficultés. Il ne s’agit pas de violence.

 

Gérard Chauveau, dans un article publié dans le [numéro 117 de la revue VEI fait la remarque suivante :
« Dans la plupart des cas, la ghettoïsation d’une partie des écoles « de banlieue » va de pair avec l’instabilité et la fragilité des personnels de l’Éducation nationale. Dans certains collèges, 50 % des professeurs changent chaque année et 70 % au moins demandent leur mutation ; tous les deux ou trois ans, l’équipe de direction est entièrement nouvelle ; et, à chaque rentrée, on a beaucoup de mal à pourvoir tous les postes d’enseignement ou d’administration. Dans plusieurs académies, environ un collège en ZEP sur cinq est aujourd’hui un collège « d’exil » ou de « relégation », c’est-à-dire victime d’une double ségrégation : au niveau du public scolaire et au niveau des prestations pédagogiques. La conjonction de ces deux phénomènes - médiocrité de l’encadrement pédagogique et concentration d’élèves défavorisés - produit échec scolaire massif et « violence ».

C’est ainsi que les médias ont pu faire l’amalgame et amplifier l’équation "éducation prioritaire = violence"

Les enseignants le déplorent :

- La Note d’information n° 98.16, publiée par la Direction de la Programmation et du Développement, et intitulée « Travailler en ZEP » relate des enquêtes effectuées auprès d’acteurs de terrain interrogés en février 1998 sur leurs représentations et leurs attentes. À la page 2, on peut lire le paragraphe suivant :
« L’enquête se terminait par une question ouverte :
Que voudriez-vous dire au ministre à propos de la relance des ZEP ?
La demande de moyens est réitérée par presque tous les enseignants des écoles et la moitié des professeurs de collège. Le thème de la reconnaissance tant de la difficulté du métier que des efforts accomplis, que du besoin de considération est aussi massif, surtout dans les écoles. Enfin s’expriment des suggestions sur la politique des ZEP, la spécificité encore, mais aussi la taille des établissements qui doit être réduite, le brassage des publics, sortir du « ghetto », le renforcement et le choix de l’encadrement, la mise en valeur des réussites et enfin l’image des ZEP : rompre l’assimilation médiatique entre ZEP et violence. »

- L’étude de l’INSERM "Violences des collégiens et lycéens : constats et évolutions", établie par Marie Choquet, Christine Hassler et Delphine Morin et publiée en mars 2005, conclut que les collégiens en ZEP ne sont pas "globalement" plus violents que les collégiens hors-ZEP et que la violence n’a pas progressé en ZEP plus qu’ailleurs entre 1999 et 2003.

- En 2010, pour la première fois, le nombre de faits de violence devient un critère déterminant pour l’entrée en expérimentation du programme CLAIR (collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite).

Mise à jour permanente

Documents

- Chauveau, Gérard, Rogovas-Chauveau, Eliane. ZEP et pédagogie de la réussite
VEI n°117, juin 1999. CNDP.
- Choquet, Marie, Hassler, Christine, Morin, Delphine. Violences des collégiens et des lycéens : constats et évolutions. Institut national de la santé et de la recherche médicale, 2005).

- Voir la rubrique "Prévention de la violence"

 

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