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Les ZEP au congrès de la FCPE

6 juin 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du site de la FCPE, le 06.06.06 : Intervention d’ouverture par Georges Dupon-Lahitte, Président de la FCPE

(...)

Outre la création d’un grand service public de l’orientation, qui est toujours dans les cartons, quatre mesures exceptionnelles furent annoncées :

- l’apprentissage à quatorze ans ;

- le renforcement des ZEP ;

- l’évaluation de la maîtrise de la lecture avancée du CE2 au CE1 ;

- la responsabilisation des parents d’élèves absentéistes.

On est pris de vertiges quand on se penche sur le gouffre qui sépare ces quelques mesurettes de la situation d’abandon dans laquelle se trouvent des milliers de jeunes.

Nous aurions pu, a minima, nourrir quelque espoir à voir le ministre se préoccuper de l’avenir des zones d’éducation prioritaire. Pourtant :

- aucun bilan sérieux de la situation actuelle ;

- aucune référence aux rapports rédigés à ce sujet, dont le toujours actuel rapport « Moisan-Simon » dont le titre : « les déterminants de la réussite scolaire en zone d’éducation prioritaire » était significatif de l’orientation que les auteurs de ce rapport souhaitaient donner à l’action engagée dans ces zones ;

- aucun moyen supplémentaire, bien au contraire, puisqu’on prive tous les collèges d’une partie du temps consacré à la prévention de l’échec scolaire pour l’affecter aux collèges « ambition réussite ». Quoi qu’en dise le ministre dans son discours du 8 février 2006, il s’agit bien de « déshabiller Paul pour habiller Jacques » !

- aucune leçon tirée des événements récents, puisque le ministre de l’Education nationale définit une « nouvelle logique » qui, selon lui, « consiste à ne pas découper des zones, mais à définir des publics, selon des critères homogènes et plus précis. »

Et il ajoute : « Il s’agit avant tout de s’intéresser aux personnes, et d’agir sur tous les leviers disponibles pour améliorer leur situation ».

La politique des ZEP, perfectible mais si injustement décriée par certains, s’est-elle jamais désintéressée des individus ?

Comment ne pas voir, dans les propos du Ministre, une contradiction entre le fait de gommer la logique de zone, pour affirmer un peu plus loin qu’il faut « agir sur tous les leviers disponibles ».

Et où se trouvent ces leviers, sinon dans la capacité à agir, non seulement à l’Ecole, mais sur son environnement, sur le logement des familles et donc le confort des élèves, sur les équipements socioculturels, sur la prise en charge péri-éducative des jeunes, sur le tissu économique du territoire qui doit réduire le chômage ?

Faut-il renvoyer le Ministre de l’Education nationale à la lecture salutaire des textes fondateurs de son prédécesseur Alain Savary : « La politique des zones prioritaires [...] constitue un instrument privilégié de lutte contre les inégalités devant l’école et, plus généralement, contre les inégalités sociales [...] c’est pourquoi il faut rechercher ...tous les moyens d’une intervention multiple dont les effets conjugués ne peuvent que se renforcer... ».

Mais plus encore, comme nous l’avons déjà écrit, il faut être profondément convaincu que toute politique éducative, dans ce domaine, quels que soient les moyens accordés, ne sera couronnée de succès que si l’institution scolaire est porteuse d’une dynamique de changement radical en termes de démarche pédagogique, de modification profonde de la relation du jeune avec son ou ses enseignants.

Il n’y aura pas d’amélioration durable si l’on n’est pas persuadé que tout jeune est éducable, et que chacun d’entre eux a droit à beaucoup plus, et réclame beaucoup plus, qu’une simple trousse de secours rudimentaire.

Il n’y aura pas de transformation profonde si l’on ne se décide pas à s’attaquer à une rénovation radicale de la mission des enseignants, qui doivent passer du temps à vérifier auprès de chacun des élèves que les connaissances qu’ils transmettent sont acquises, et mettre en place pour cela les dispositifs de remédiation et d’accompagnement nécessaires.

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Extrait du « Figaro », le 05.06.06 : La FCPE en guerre contre les inégalités

Elle tenait ce week-end à Périgueux son 60ème congrès national

« C’est grâce à ma mère, qui m’a poussé à me battre deux fois plus que les autres, que j’ai réussi », a lancé samedi Rachid Kherrouf, étudiant de Sciences po Paris issu des conventions ZEP, devant un parterre de parents qui l’ont ovationné. De fait, il n’en fallait pas plus pour réjouir les centaines de délégués réunis ce week-end à Périgueux (Dordogne), à l’occasion du 60e congrès national de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE).

Venus notamment réitérer leur opposition au contrat de responsabilité parentale, inclus dans la loi sur l’égalité des chances votée à la suite des émeutes qui ont secoué les banlieues à l’automne, les participants ont fermement condamné la sanction financière qui pèse désormais sur les parents d’absentéistes et de délinquants.

« La préfiguration d’une police des familles, voilà ce que c’est en réalité », a déclaré Georges Dupon-Lahitte, le président sortant de la FCPE (lire l’encadré). Se disant las d’entendre que les parents sont « irrémédiablement coupables alors que, en tant que premiers éducateurs, ils réclament d’être écoutés et de devenir pleinement membres de la communauté éducative », Georges Dupon-Lahitte a, une nouvelle fois, réclamé la publication du décret instaurant un statut de parents d’élève promis par Gilles de Robien, ministre de l’Education nationale, et qui se fait attendre.

Eviter l’« effet Pygmalion »

Objectif - ambitieux - du congrès : briser le phénomène de reproduction des inégalités au sein de l’école. D’après une étude du ministère de l’Éducation nationale sur l’efficacité et l’équité des processus d’orientation, les familles manifestent une ambition scolaire plus ou moins grande en fonction de leur catégorie socio-professionnelle. Deux élèves « scolairement identiques » risquent ainsi d’avoir des orientations différentes selon leur famille, leur région, leur établissement. « Un élève dont la famille demanderait une orientation peu ambitieuse, en deçà de ses possibilités, risque de voir cette forme d’autosélection scolaire entérinée par les professeurs », dénonce l’étude.

« Les inégalités d’origine se transforment souvent en inégalités scolaires en raison du stéréotype dans lequel la communauté adulte range les élèves », confirme Gaétane Chapelle, docteur en psychologie. Afin de lutter contre ce fameux « effet Pygmalion », proposant que chaque enseignant ait une connaissance précise des divers milieux sociaux, des conditions de vie et des pratiques culturelles des familles, la FCPE préconise par ailleurs la mise en place d’aides pratiques. « Il faudrait des tuteurs qui permettent aux familles, parents comme enfants, d’avoir un référent », a détaillé Faride Hamana, secrétaire général de la Fédération, s’opposant à la préconisation de Ségolène Royal consistant à envoyer les parents dans des structures où ils apprendraient leur rôle d’éducateurs.

Justine Ducharne

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