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Réforme des collèges : points de vue d’acteurs de terrain, dont 1 principal et 1 CPE en éducation prioritaire

10 novembre 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Réforme des collèges : des points de vue d’acteurs de terrain avant un premier bilan

Deux mois après la rentrée et la mise en oeuvre de la réforme du collège, controversée, il est trop tôt pour un premier bilan. ToutEduc a choisi de donner la parole à des acteurs de terrain, quatre principaux, une principale-adjointe, une enseignante d’histoire-géographie-EMC, un CPE, une représentante de parents d’élèves (PEEP).

Certains ont des responsabilités syndicales (SNPDEN), et plusieurs sont membres de l’association "Éducation & Devenir" (favorable à la réforme). Cet échantillon n’est donc pas représentatif de l’ensemble des acteurs de terrain. Il l’est en revanche en termes géographiques puisqu’ils exercent dans le Nord (à Lille), dans le Rhône (à Lyon et Villeurbanne), dans l’Ain (à Prévessin-Moëns), dans la Loire (à Chazelles-sur-Lyon), dans le Vaucluse (à Avignon), avec des centres villes, des territoires périphériques ou ruraux, avec des populations défavorisées, favorisées ou intermédiaires. Certains nous ayant demandé l’anonymat, ils sont ici désignés par leur prénom et leur fonction. Ils ont répondu par écrit à cinq questions. Les textes n’ont pas été remaniés.

Nous invitons tous nos abonnés à répondre aux mêmes questions, et à les soumettre aux "acteurs de terrain" qu’ils connaissent, et à nous transmettre les textes ainsi obtenus, nous les publierons.

ToutEduc : Plus d’un mois après la rentrée, qu’est-ce qui vous semble particulièrement réussi dans la mise en œuvre de la réforme des collèges au sein de votre collège ?
[...] Bruno (principal) : Au sein de mon collège, ce qui semble bien débuter, c’est le travail en équipe pour la mise en œuvre des EPI. Certes, il n’y a pas participation massive de tout le monde, mais il y a un courant de fond qui entraine quelques collègues traditionnellement peu enclins à ce type de démarche collective et interdisciplinaire. La culture "REP" de notre collège, avec la mise en place de projets, une culture de travail en équipe, facilite les choses.

ToutEduc : Et inversement, qu’est-ce qui vous semble le plus difficile à mettre en œuvre ?
Bruno  : La réflexion sur l’évaluation parait plus difficile, pour le moment, pour déboucher sur une modification collégiale des pratiques. Il y a, individuellement, des expériences ponctuelles par professeur, mais c’est difficile de dégager un consensus. Quelques enseignants, minoritaires, aimeraient franchir le cap d’une évaluation sans note. Difficulté, mais pas impossibilité, à accepter des pratiques différentes dans une équipe, tout en gardant de la compréhension et du sens pour les élèves et les familles.

ToutEduc : Sur une échelle de 1 à 10, quel vous semble être le niveau d’adhésion des personnels enseignants et d’éducation ?
Bruno : Dans mon collège, qui n’est pas représentatif (chance d’avoir un nombre suffisant de professeurs très moteurs et "leaders" qui engagent une dynamique positive), je dirai niveau 8.

ToutEduc : Quelles sont les premières réactions, positives ou négatives, des élèves et des parents ?
Bruno  : Un peu tôt pour les parents. Les premières rencontres parents-professeurs amèneront peut-être les parents à questionner. Par exemple des professeurs d’histoire-géo ont fait le choix de ne plus mettre de notes intermédiaires, d’évaluer par compétences, et de "convertir" néanmoins par une note trimestrielle pour le bulletin, en plus du socle. Peut-être certains parents vont-ils questionner cette méthode ?

ToutEduc : Qu’est-ce qui vous semble le plus efficace pour la réussite scolaire des élèves ?
Bruno : Donner du "sens" aux enseignements, les rendre le plus concrets possibles. Motiver un maximum en valorisant les progrès et les efforts parfois modestes de certains... plutôt que d’insister exclusivement sur les manquements et les écarts avec les "attendus".

[...] Jean-Yves, CPE dans un collège situé en REP de l’agglomération lyonnaise  : Dans notre collège, promouvoir le travail ensemble n’a pas de sens : il est dans nos gènes. C’est parce qu’il est au cœur de nos pratiques qu’il existe un esprit propre à l’établissement, très particulier, qui nous permet de vivre de belles aventures humaines. De plus, les moyens que nous avons, nous permettent d’avoir une expérience de la co-animation depuis plusieurs années. Les EPI font partie de notre univers. Ils se sont mis en place sans crise forte, dans une belle sérénité. Un bémol, toutefois, nous n’avons pas de recul sur ce qui construit leur contenu.

Extrait de touteduc.fr du 05.11.16. : Réforme des collèges. Des points de vue d’acteurs de terrain avant un premier bilan

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