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Education prioritaire, autorité, priorité au primaire, taille des classes, nouveaux rythmes, autonomie..., Philippe Watrelot, ancien président du CRAP, analyse les propositions des candidats

11 avril Version imprimable de cet article Version imprimable

Le paradoxe est que si tous les candidats déclarent la main sur le cœur que l’éducation est un sujet essentiel, il est relativement peu traité dans les débats, moins qu’en 2012. Il faut dépasser les discours, les formules creuses sur les « fondamentaux » ou l’autorité pour aller plus dans le détail des dispositifs et trouver des différences.

Il y a des clivages qui sont assez traditionnels et où on retrouve l’opposition droite/gauche. C’est le cas des créations de postes. Mais d’autres clivages sont plus complexes et ambigus. Les positions à l’égard des réformes menées durant cinq ans résistent à une grille d’analyse droite/gauche tout comme la question de l’autonomie.

Ce débat sur l’éducation sera-t-il déterminant dans la campagne ? On peut en douter et se demander s’il existe vraiment un vote enseignant.

Extrait de alternatives-economiques.fr du 06.04.47 : Philippe Watrelot : la place de l’éducation dans la campagne présidentielle

 

Extraits sur l’éducation prioritaire :

- Cette question des « fondamentaux » est une mauvaise réponse à une question bien mal posée. D’abord parce qu’elle repose sur des chiffres exagérés. Ainsi, ce n’est pas comme le disent certains candidats un élève sur deux en éducation prioritaire qui ne maîtriserait pas les « fondamentaux » mais selon le ministère de l’Education nationale, à l’entrée en sixième, la « non-maîtrise » en français concerne 28 % des élèves scolarisés en REP et 40 % des élèves en REP+.

- "Jean-Luc Mélenchon propose de « renforcer le dispositif « "plus de maîtres que de classes”, prioritairement en CP et CE1, en y affectant 5 000 enseignants durant le quinquennat ». Le projet de Benoît Hamon prévoit le recrutement de 40 000 enseignants supplémentaires dont 20 000 dans le primaire « pour qu’il n’y ait pas plus de 25 élèves par classe en CP, CE1, CE2 et pas plus de 20 élèves dans les REP, et REP +, les outre-mer et les territoires ruraux ». Mais Emmanuel Macron fait encore plus fort puisqu’il propose de diviser par deux le nombre d’élèves dans les classes de CP et CE1."

- Une question très pratique se pose : si l’on veut réduire le nombre d’élèves par classe, où va-t-on les mettre ? Faut-il construire de nouvelles classes dans les communes concernées ? De fait, on voit bien que cette promesse peut difficilement être tenue. Et que plutôt qu’ouvrir des classes, il serait plus pertinent de mettre deux enseignants par classe comme le prévoit le dispositif « plus de maîtres que de classes ».

- "Emmanuel Macron envisage aussi plus d’autonomie pour les chefs d’établissement « et leurs équipes » et évoque même le pouvoir de recruter (en éducation prioritaire)."

- On apprend enfin plus récemment qu’il [François Fillon]compte aussi soutenir financièrement les écoles hors contrat (dans les zones sensibles) en utilisant une partie des 65 millions d’euros attribués aux associations d’éducation populaire. Dans un discours récent (Besançon, le 9 mars), il évoque sa visite à une école du réseau Espérance Banlieues (privé hors contrat) qu’il présente comme un modèle. « Dans les zones de revitalisation rurale et les zones urbaines sensibles, l’Etat soutiendra la création d’établissements publics ou privés indépendants et innovants », et il propose aussi de les aider : « L’Etat ne devra plus s’opposer à cette nouvelle offre éducative issue de la société civile ; il devra leur faciliter la tâche et les aider. »

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