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Communiqué de l’OZP : "Un plan ambitieux pour l’éducation prioritaire"

17 janvier 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

Communiqué
OZP, 17 janvier 2014

Un plan ambitieux pour l’éducation prioritaire

Le plan ambitieux annoncé par le ministre de l’Education nationale le 16 janvier est un moment dans l’histoire de l’éducation prioritaire. Celle-ci est aujourd’hui relégitimée alors qu’il y a quelques années c’était le dépôt de bilan qui était exigé.
L’engagement présidentiel et gouvernemental fait écho aux aspirations exprimées lors de la concertation nationale sur l’école puis lors des assises académiques.

Des moyens pour transformer les pratiques
L’essentiel de ce plan réside dans le choix de la transformation des pratiques et des organisations pédagogiques et éducatives en vue d’assurer la réussite des élèves des territoires de l’éducation prioritaire.

La réalité du métier d’enseignant en éducation prioritaire est reconnue. L’ensemble des mesures tend à faire émerger un collectif professionnel, de la maternelle au collège : c’est à la fois une reconnaissance du travail de nombre d’équipes et un renforcement de l’attractivité du dispositif.
Le plan de formation continue ainsi que l’inventaire et la dynamisation des actions pédagogiques des réseaux peuvent rendre effectives ces transformations.
A juste titre, le ministre prend des mesures fortes pour les 350 réseaux qui regroupent les situations les plus difficiles et qui constituent le cœur de l’éducation prioritaire : temps pour se former et pour le travail collectif.

Les conditions de la réussite
Ce plan est ambitieux, il repose sur le pari que l’institution est capable de se transformer, que les équipes s’approprieront ces objectifs, que les pratiques et les organisations pédagogiques et éducatives évolueront en s’inspirant du référentiel proposé.

Ce plan rend possible une refondation. Celle-ci ne sera réelle que si :

  • un pilotage national se met effectivement en place et que recteurs et Dasen s’engagent dans une mise en œuvre exigeante ;
  • les missions spécifiques en éducation prioritaire (coordonnateur, professeur référent, …) sont renforcées ;
  • l’accompagnement des équipes est permanent ;
  • un plan de formation plus ambitieux est mis en place pour les rentrées suivantes et si les ESPE s’y impliquent significativement ;
  • la pérennisation des mesures est garantie et que, dès la rentrée 2014, les moyens sont concrètement disponibles, en particulier pour la formation.

 

Les échos du communiqué dans la presse
Le site du GFEN
"Localtis-info" du 20.01.14
Le Café pédagogique du 20.01.14

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6 Messages de forum

  • L’OZP a écrit "Ce plan rend possible une refondation. Celle-ci ne sera réelle que si..." et poursuit avec 5 conditions. Tout ce texte me semble excellent sauf qu’il manque une 6ème condition.

    Il s’agit du nombre de REP et REP+.

    Si le nombre reste le même, si l’on conserve ces centaines de territoires classés "prioritaires" où rien de particulier ne se passe et où l’étiquetage est négatif pour les élèves et les profs...

    Si les crédits continuent à être dilués dans des centaines de collèges et des milliers d’école où ne se posent que des problèmes normaux d’adaptation du système scolaire aux élèves de milieux populaires (problèmes à résoudre dans un cadre général mais pas sous le terme "prioritaire")...

    Si l’on maintient le nombre délirant, absurde, politiquement immoral, financièrement intenable, mensonger, dangereux (on est passé de 350 à 558 puis à 1 189 zones)...

    Si l’on ne concentre pas sur un petit nombre de réseaux où les missions essentielles de l’Education nationale ne parviennent pas se réaliser, quel que soit le travail des enseignants...

    Alors toute cette relance sera inutile ou, tout au moins, freinée et décevante.

    Espérons que l’alignement sur la carte de la politique de la ville (si celle-ci procède à cette concentration nécessaire sur les quartiers en très grande difficulté) sera, en avril prochain, sera forte.

    Tout le monde peut s’estimer "le pauvre" du voisin, on trouve toujours plus favorisé que soi. Il est de la responsabilité de l’Etat de sortir de la dérive mortifère de 1999 où n’importe quel territoire a pu entrer dans le dispositif prioritaire, trompant enseignants et parents d’élèves.

    Pour le moment, la diminution nécessaire à la moitié ou aux 3/4 du nombre de territoires concernés ne semble pas être décidée. L’application du plan de relance aura à le faire !

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    • FC a raison mais il va être déçu :

      il a raison, évidemment, et c’était jusqu’ici la position de l’OZP si j’ai bien lu. Peut-être l’OZP n’estime-t-il plus que la réduction de la carte de l’éducation prioritaire est une nécessité ?

      FC va être déçu si j’en juge par les déclarations de François Lamy le ministre de la ville

      http://www.ozp.fr/spip.php?article14750

      rapportées sur ce site et l’article du "Monde" de ce matin

      http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/01/20/banlieues-le-rendez-vous-encore-manque-de-la-gauche_4350768_3232.html

      dont j’extrais ces phrases :

      "L’ambition affichée par M. Lamy n’était pas mince : permettre aux quartiers populaires défavorisés de retrouver les mêmes atouts que les quartiers plus privilégiés. On en est loin car d’abord la cure d’amaigrissement annoncée n’a pas eu lieu : les 500 puis 1 000 quartiers "vraiment prioritaires" sont devenus 1 350. Selon l’aveu de François Pupponi, député PS du Val-d’Oise et rapporteur du projet de loi, peu de quartiers sortiront du dispositif. Le lobbying des maires, peu désireux, à moins de 3 mois des municipales, de voir leur ville sortir de la carte des quartiers prioritaires, a eu raison de la volonté de concentration proclamée par le ministre."

      Le lien entre les cartes du ministère de la ville et de l’Education nationale n’arrangera donc rien.

      Les détenteurs de ces cartes, après avoir souligné depuis 1 an et demi la nécessité de réduire leur carte prioritaire se sont dégonflés devant les maires, pour le 1er, et devant les syndicats d’enseignants, pour le second.

      Dans le même journal un sondage montre que les Français font de moins en moins confiance au Gouvernement et réclament une autorité forte au sommet de l’Etat. Cette affaire de carte des REP leur donnera un motif supplémentaire pour le penser.

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    • Communiqué de l’OZP : "Un plan ambitieux pour l’éducation prioritaire" 21 janvier 2014 16:30, par François-Régis Guillaume

      D’accord pour une éducation prioritaire à 2 étages !
      D’une part, les 350 réseaux les plus difficiles. Demander un pilotage fort, le suivi des projets pédagogiques,un accompagnement dense, une politique active de ressources humaines (trouver et affecter sur les fonctions de pilote, de coordonnateur et de professeur référent les personnes les plus aptes), cela ne peut se réaliser que dans un dispositif resserré qui mobilise l’encadrementainsi que les moyens de formation. Et c’est bien ce que prévoit le plan de refondation.

      D’autre part, environ 700 réseaux qui ne bénéficient pas actuellement de ressources supplémentaires extra ordinaires:un coordonnateur et 2 élèves en moins par classe, en moyenne. Le ministre leur promet d’ici 2017 (comme aux 350 REP+)un accueil plus fréquent à 2 ans en maternelle et dans chaque école un maître de plus que le nombre de classes. En quoi cela pourrait-il contrarier l’impulsion donnée au coeur de l’éducation prioritaire ?

      Votre critique rejoint-elle celles qui ne voient de salut que dans la diminution massive du nombre d’élèves par classe ? L’important dans ce plan, c’est l’entrée par la pédagogie, le choix de "la transformation des pratiques et des organisations pédagogiques et éducatives". Pour cela les 350 REP+ qui bénéficient déjà depuis 2006 de 4 professeurs référents, devront recevoir l’appui persévérant de toute l’institution et mobiliser leurs équipes. C’est là que se jouera la réussite de la refondation.
      François Régis GUILLAUME

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      • Merci à François-Régis Guillaume d’avoir réagi à mon commentaire : j’ai déjà lu sur ce site des textes de sa main et je sais combien ses propos sont solides.

        Nous sommes bien d’accord sur le caractère très positif de cette relance, je commençais d’ailleurs mon propos par « Tout ce texte me semble excellent ». Vous exposez une argumentation à laquelle je souscris.

        Cela dit, restent tous ces territoires dits « prioritaires » qui n’ont rien à voir avec l’éducation prioritaire, qui polluent ce dispositif et qui souffrent d’un étiquetage. Ce sont 2/3 des 1 189 territoires prioritaires actuels (voir tous les rapports successifs de l’ONZUS). Depuis 1999, on considère « prioritaire » les zones de recrutement des collèges où il y a beaucoup d’élèves de milieu populaire. C’est absurde et dangereux.

        J’ai participé cette semaine à un « stage ZEP » où se trouvaient des enseignants d’un RRS qui n’a rien à voir avec l’éducation prioritaire. Les enseignants sont convaincus de travailler dans une zone défavorisée alors que c’est un quartier populaire représentatif de la France ordinaire, convaincus que leurs élèves sont particuliers (puisqu’en ZEP), hors normes et souffrant de différentes pathologies éducatives et sociales (on en revient au handicap social de 1965). Ils travaillent sérieusement mais, à mon avis, s’estiment dans une situation irréelle.

        Il y a déformation de la réalité. C’est grave :

        - pour la scolarité de ces élèves à qui l’on plaque l’étiquette « élève de ZEP » avec tous les fantasmes que cela implique,

        - pour les enseignants, à qui l’on fait croire qu’ils sont dans une situation professionnelle déplorable (et qui réclament évidemment des indemnités),

        - pour l’environnement, à qui l’on montre du doigt l’école et le collège publics de façon négative, renforçant les fuites vers le privé,

        - par les illusions de moyens supplémentaires qui ne pourront arriver vite (2017 ! )

        - par le sentiment d’usurpation que cela entraîne chez les jeunes militants de zones véritablement défavorisées qui voient avec effarement une liste de quartiers prioritaires dans des communes fort riches.

        La question est de savoir ce qu’est l’éducation prioritaire.

        S’il s’agit de distribution inégale de moyens, comme on est toujours plus pauvre qu’un autre, tous les territoires sauf Neuilly-sur-Seine peuvent être en ZEP. Si c’est cela, reprenons l’idée de M. Obin (1990 : c’est vieux !) de doter tous les collèges et toutes les écoles de France proportionnellement à la richesse locale indiquée par les déclarations annuelles des revenus. Plus d’éducation prioritaire, ça simplifie la question, et on peut se parer de la vertu d’équité.

        En revanche, si l’éducation prioritaire est une politique de projets territoriaux de réussite scolaire pour des écoles et des collèges où l’Education nationale ne parvient pas – de façon massive et manifeste – à remplir l’essentiel de ses missions, en particulier des sorties positives du système éducatif (un diplôme, un emploi possible), alors le nombre de REP doit se limiter aux REP+ annoncés.

        Evidemment, une grande souplesse doit régir l’application de cette évidence et le temps doit être long pour que les transformations se fassent sans trop de douleur. Mais l’annonce du maintien de la carte scolaire actuelle de l’éducation prioritaire est consternante : on reste dans l’erreur et le mensonge.

        François-Régis Guillaume pense possible la coexistence d’un réseau REP+, dont la nécessité est incontestable, avec un réseau REP dont la suppression est, à mes yeux, aussi incontestable. Je sais son attachement à l’éducation prioritaire et respecte donc sa position. Je regrette néanmoins que l’OZP n’ait pas mis une 6ème condition à la réussite de ce plan si nécessaire : c’était mon propos initial.

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        • Communiqué de l’OZP : "Un plan ambitieux pour l’éducation prioritaire" 28 janvier 2014 19:16, par François Régis GUILLAUME

          Vers une répartition des moyens proportionnelle à la difficulté sociale.
          Vous faites allusion à une proposition (que je ne connaissais pas)faite par JP Obin de distribution inégale des moyens. L’OZP adéjà pris parti dans ce sens au moins à 2 reprises :
          1) Dans son Manifeste de décembre 2006 où l’idée d’une répartition proportionnelle à la difficulté sociale était associée à une proposition de diminution du périmètre de l’éducation prioritaire proprement dite. Ce système permettrait à la fois de concentrer l’accompagnement, le partenariat, le pilotage et les modalités de recrutement sur les fonctions spécifiques à l’EP sur un petit nombre de territoires tout en maintenant les ressources des territoires où un engagement sur un projet a été constaté mais où l’étiquette ZEP peut avoir un effet stigamatisant.
          2) Lors de la concertation de l’été 2012, cette position a été exposée et a rencontré un quasi consensus.
          Par ailleurs le ministre afait plusieurs allusions à cette éventualité.
          Dans l ’immédiat, il aurait été grave de priver des réseaux qui ont travaillé sérieusement des petits moyens supplémentaires dont ils bénéficient : un demi poste de coordonnateur et moins de 10% de moyens horaires en plus.
          Aujourd’hui, l’important, plutôt que de lancer une bataille stérile sur le périmètre, c’est de réussir à mettre en oeuvre ce qui est dessiné pour les REP+. Il faut être conscient de la profondeur du changement dans les pratiques professionnelles qui est demandé tant à l’encadrement administratif qu’aux équipes pédagogiques et c’est la réussite de ce changement qui doit mobiliser et susciter le débat.
          François Régis GUILLAUME

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