> LES POSITIONS DE L’OZP > Les positions de l’OZP > Un texte de l’OZP sur les Assises de l’éducation prioritaire

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Un texte de l’OZP sur les Assises de l’éducation prioritaire

4 octobre 2013 Version imprimable de cet article Version imprimable

OZP, 3 octobre 2013

Ce que l’OZP attend des assises de l’éducation prioritaire

Les Assises de l’éducation prioritaire sont une étape de la refondation qu’il importe de ne pas manquer. Le 18 septembre, une rencontre organisée par l’OZP, sur « ce que nous pouvons attendre des Assises de l’éducation prioritaire » a pu inquiéter : au moins en Ile-de-France, les acteurs de terrain semblaient pris de court et s’interrogeaient sur la possibilité d’Assises efficaces. L’OZP estime que, de même que les décideurs politiques disposaient de suffisamment d’évaluations et de concertations pour « relancer » plus tôt le dispositif, aujourd’hui les acteurs de terrain ont suffisamment d’expérience pour identifier et faire connaître lors de ces Assises académiques les conditions qu’ils jugent nécessaires à la réussite.

Il ne doit donc pas s’agir de simples échanges d’expériences ou de recueil d’innovations mais d’un débat politique qui devra déboucher sur une « politique d’éducation prioritaire recentrée, pilotée et inscrite dans la durée et la confiance », pour reprendre la conclusion du « Rapport de diagnostic sur l’évaluation de la politique de l’éducation prioritaire »

La politique d’éducation prioritaire, quel objectif ?
La politique d’éducation prioritaire ne devrait avoir qu’un seul objectif stratégique : réduire les écarts de réussite entre les territoires de l’éducation prioritaire et les autres. Les responsables nationaux doivent réaffirmer cet objectif, l’inscrire dans la continuité et en tirer toutes les conséquences, notamment en termes de cohérence des actions à conduire et d’allocation des moyens.

La politique d’éducation prioritaire, quel dispositif sur quel périmètre ?
Une carte centrée sur les réseaux où se concentrent la difficulté sociale et la difficulté scolaire est la condition nécessaire d’une politique forte d’éducation prioritaire, caractérisée par la présence de personnels spécifiques (coordonnateurs, professeurs référents, préfets des études), un accompagnement dense de l’ensemble de ces personnels, un pilotage continu, une gestion des ressources humaines affectant sur les emplois spécifiques et les fonctions d’encadrement des personnels qualifiés pour ce contexte.

Les réseaux RAR ou ECLAIR donnent aujourd’hui un ordre de grandeur satisfaisant. Même si des ajustements sont possibles, la révision de la carte ne doit pas être un préalable. Les RRS ont été « oubliés » depuis plusieurs années et ils s’interrogent sur leur avenir. Pour ceux d’entre eux qui travaillent déjà autour d’un véritable projet, la refondation ne doit pas être un recul ou un arrêt de ce qui a été déjà entrepris : il importe donc de maintenir pour eux le fonctionnement en réseau écoles-collèges (que le nouveau « conseil école-collège » rejoint), les partenariats et les postes de coordonnateurs, chargés, entre autres, de les faire vivre. A moyen terme, l’hypothèse d’une répartition générale des moyens tenant compte de la difficulté des territoires permettrait d’autres évolutions vers le droit commun.

Supprimer la « labellisation », accusée de favoriser la stigmatisation des territoires en éducation prioritaire, ne réglerait rien. Ce n’est pas la labellisation qui fait fuir certaines familles mais la concentration de difficultés sociales et scolaires paraissant insurmontables, malgré les ressources supplémentaires destinées à en atténuer les effets. Le label ZEP n’a des effets négatifs que sur de rares établissements en moyenne difficulté confrontés à la concurrence d’établissements favorisés proches.

La politique d’éducation prioritaire, quels moyens ?
Jusqu’ici, les moyens ont surtout été concentrés sur l’encadrement des élèves, ce qui, comme le dit le diagnostic, a eu un « apport incertain sur la réussite ». En revanche, on a constaté que les postes ou les missions spécifiques, quelles que soient leurs dénominations au fil du temps ou selon les lieux (coordonnateurs, professeurs référents, préfets des études…) ont eu des effets très positifs, notamment en contribuant à l’amélioration du travail collectif. Ce sont de tels moyens qu’il faut développer, en faisant appel à des personnels volontaires pour des missions qu’ils doivent contribuer à définir, plutôt que de s’enfermer dans le débat inutile et stérile du « profilage » de tous les postes des écoles et des collèges en éducation prioritaire.

« Le principal moteur des réussites scolaires est l’enseignement tel qu’il est pratiqué dans la classe, articulant inévitablement éducatif et pédagogique », dit le rapport de diagnostic. L’accompagnement et la formation, qui permettent aux personnels exerçant en éducation prioritaire de développer des pratiques propres à obtenir la réussite de tous et notamment des élèves les plus en difficulté dans des contextes difficiles, sont une nécessité. La question est moins celle de « l’innovation », dont on ne peut renvoyer la responsabilité aux seuls acteurs, au risque de les culpabiliser, que celle de cerner et de créer les conditions propres à développer des pratiques qui prennent en compte les dimensions sociales de la difficulté scolaire (y compris dans le domaine de la recherche).

De même, il va bien falloir aborder la question des conditions d’exercice des métiers de l’éducation en éducation prioritaire. Les incitations proposées (indemnité, mouvement, etc..) se sont révélées peu efficaces. Comment, en fonction des contextes, donner aux personnels les moyens d’un travail collectif encouragé et soutenu par l’institution ?

Enfin, la question du pilotage à tous les niveaux, national, académique et local, qui fait l’objet d’un développement particulier et de propositions dans le diagnostic, devra être largement débattue.

Fondamentalement, les assises devraient permettre d’envisager (et de distinguer) ce qui relève des acteurs, des conditions favorables à leur action, et du soutien à leur apporter, en termes de moyens, mais aussi de reconnaissance institutionnelle et de pilotage politique.

Sans attendre
L’heure est à la décision politique et à l’engagement conséquent de la refondation de l’éducation prioritaire pour la rentrée 2014. Il y a un an, déjà, le groupe de travail réuni dans le cadre de la concertation nationale pour la refondation de l’Ecole avait mis en évidence un certain nombre de points de consensus et avancé des propositions précises. Il importe, dès la fin des assises académiques, de sortir au plus tôt les acteurs des réseaux ECLAIR, mais aussi des RRS, de l’incertitude et de l’attentisme dans lequel on les a maintenus, et de provoquer une remobilisation de tous, en réaffirmant, au plus haut niveau, les principes de base de la politique d’éducation prioritaire.

Par contre, les perspectives à moyen terme devraient être précisées à l’occasion d’Assises nationales qui pourraient se tenir au printemps. Elles traiteraient des points suivants : - l’évolution du métier d’enseignant, - la reconnaissance due aux fonctions spécifiques à l’éducation prioritaire, - le principe d’une répartition générale des moyens tenant compte de la difficulté sociale et de ses conséquences pour les RRS, - le lien avec la politique de la Ville, - l’articulation avec la refondation de l’ensemble du système éducatif...

 

Prioritaire : L’OZP rédige ses recommandations

"Supprimer la « labellisation », accusée de favoriser la stigmatisation des territoires en éducation prioritaire, ne réglerait rien. Ce n’est pas la labellisation qui fait fuir certaines familles mais la concentration de difficultés sociales et scolaires paraissant insurmontables". L’Observatoire des zones européennes fixe par écrit son programme alors que s’ouvrent les concertations locales sur la politique prioritaire. [...]

Le compte rendu du Café pédagogique du 04.10.13

Education prioritaire : comment aller progressivement vers le droit commun ? (OZP)

"Il importe, dès la fin des assises académiques [de l’éducation prioritaire], de sortir au plus tôt les acteurs des réseaux ECLAIR, mais aussi des RRS, de l’incertitude et de l’attentisme dans lequel on les a maintenus, et de provoquer une remobilisation de tous, en réaffirmant, au plus haut niveau, les principes de base de la politique d’éducation prioritaire." Pour l’OZP (l’observatoire de l’éducation prioritaire), les responsables nationaux doivent affirmer que l’objectif est de "réduire les écarts de réussite entre les territoires de l’éducation prioritaire et les autres". [...]

Le compte rendu de Tout Educ du 03.10.13

Répondre à cet article