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Le rapport du Sénat (13) : les propos des sénateurs Barbier et Dallier

22 février 2007 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extraits du site du Sénat, le 05.02.07 : La rapport sur le nouveau pacte de solidarité pour les quartiers

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M. Gilbert BARBIER.- Je ne suis pas de la région parisienne, mais j’ai quand même des problèmes de ZEP. Beaucoup de choses ont été dites, mais l’éducation nationale veut-elle vraiment des relations qui ont été évoquées en dehors des problèmes d’autobus, de locaux et de vie de la ZEP ? J’ai l’impression que c’est une sorte de chasse gardée dans laquelle, en tant qu’élus, nous n’avons pratiquement pas voix au chapitre sur ce qui se fait, sinon à donner encore et toujours plus de moyens. C’est une question qu’il faut poser globalement à l’éducation nationale. Il sera aussi intéressant que vous répondiez à ce qu’a dit ma collègue Le Texier.

Je poserai une question brutale : ne faut-il pas supprimer les ZEP et, au contraire, faire de la mixité ? Dans un collège qui était en train de péricliter, j’ai réussi, au grand dam des parents, à doubler ses effectifs en amenant des élèves du milieu rural dans cette ZEP, ce qui n’a pas été facile à faire comprendre. Depuis, cela se passe relativement bien. Je pense donc que l’on peut tirer les enfants vers le haut en les mettant avec des enfants qui ont un cursus sensiblement normal.

Je poserai enfin une question iconoclaste : ne pensez-vous pas que les enseignants devraient sortir de leur école ou de leur collège et participer à la vie des quartiers ? Cela doit-il se passer sur leur temps de travail ou, comme cela se passait chez les enseignants de la IIIe République qui participaient aux équipes de football ainsi qu’au théâtre de la ville ou du quartier, n’est-ce pas la voie pour faire en sorte que ces enseignants ne viennent pas là uniquement pour faire la classe trois, quatre ou six heures par jour, prendre leur voiture et s’en aller ? On s’aperçoit que, lorsque les enseignants restent un peu sur place et viennent parfois le samedi ou le dimanche après-midi quand il y a une fête dans le quartier, des liens et des relations se créent. C’est certainement très difficile à mettre en place, mais je ne pense pas que tout ce que nous pouvons voir aujourd’hui, qu’il s’agisse des « réseaux ambition réussite » ou d’autres contrats soit une solution.

M. Philippe DALLIER.- Monsieur le Président, je vais essayer de faire court puisque beaucoup de choses ont été dites. Nous essayons surtout de comprendre pourquoi cela s’est passé à certains endroits et aussi pourquoi cela a pris à d’autres endroits un caractère beaucoup plus dur qu’ailleurs. Comme vous l’avez dit, pour rapprocher cela de l’éducation nationale, dans certains endroits très difficiles, le collège du coin ne rencontre pas de difficultés particulières, en tout cas quand les choses sont bien gérées, alors que, dans d’autres endroits où les conditions sont moins difficiles socialement, cela ne se passe pas bien.

A-t-on essayé de croiser ces informations avec celles que peuvent nous apporter les autres institutions, notamment lorsque les jeunes s’en sont pris à des écoles, des collèges ou des stades ? Je ne sais pas s’il y a quelque chose à en conclure, mais le fait de dire qu’ici, le taux de chômage est de 40 % chez les jeunes et de 15 % chez les adultes ne permet pas d’expliquer ce qui s’est passé. Ce travail de recoupement des données et les analyses faites par les différentes institutions vous a-t-il été demandé et, si la réponse est positive, pourrions-nous en bénéficier ?

Ma deuxième question concerne la carte scolaire. Je suis maire d’une commune qui est en plein milieu de la Seine-Saint-Denis et quand j’entends parler des expériences faites aux États-unis dans lesquelles on prend un certain nombre de gamins pour les emmener ailleurs, je pense que c’est très bien à titre d’expérience, mais je me demande comment, dans un département où la quasi-totalité des établissements, à quelques exceptions près, relèverait de moyens supplémentaires, on peut mettre ce genre de chose en pratique. Pensez-vous que le problème de la carte scolaire peut être abordé de la même manière pour ce qui concerne le primaire et les collèges, d’un côté, et pour ce qui concerne le lycée et l’université, de l’autre ?

Moi aussi, je peux vous parler de la Seine-Saint-Denis parce que c’est ce que je connais le mieux et que j’y ai fait mes études jusqu’à l’université. Comme nous le voyons dans nos villes, le nombre de parents et même d’enseignants qui mettent leur gamin dans le privé dès le primaire devient incroyable. Or, quand on leur demande pourquoi ils mettent leur gamin dans le privé, même en maternelle, la réponse est qu’ils veulent être certains qu’au moment du collège et du lycée, il pourra rester dans cette institution privée. C’est leur première réponse.

Ne pensez-vous pas que, par rapport au lycée et à l’université, le fait que les parents aient ce sentiment de cloisonnement bien réel et disent : « Même quand nos gamins de Seine-Saint-Denis sont très bons, ils doivent aller à la faculté en Seine-Saint-Denis » soit un problème ? Certes, il y a quelques expériences (je dépends du lycée de Bondy, où nous nous sommes retrouvés, monsieur le Recteur), avec l’Institut de sciences politiques, mais ne croyez-vous pas que cette problématique de la carte scolaire et la manière dont on l’aborde aujourd’hui ne font qu’accentuer les problèmes ?

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