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Délinquance, mixité… Ce qu’ont changé (ou pas) les milliards de la rénovation urbaine (enquête de Actu.fr)

14 novembre 2022

Enquête. Délinquance, mixité… Ce qu’ont changé (ou pas) les milliards de la rénovation urbaine
La démolition des tours et barres d’immeubles devait améliorer la vie de leurs habitants. Mixité sociale garantie, moins de délinquance… Mais qu’en est-il vraiment ? Enquête.

Alors que les milliards pleuvent depuis des décennies, la réputation des quartiers dits « sensibles » ou de la « politique de la ville » (QPV) n’est pas bonne.

Selon un rapport du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) publié en 2018, l’image des QPV s’est dégradée entre 2009 et 2018 ; l’insécurité (56%) et les difficultés sociales (29%) sont pour les sondés les premières caractéristiques de ces territoires.

Il s’agit aussi d’une réalité sociale. Les 1 296 QPV de France métropolitaine regroupent près de cinq millions d’habitants. Ils concentrent des populations à faibles revenus. Selon l’Observatoire national de la politique de la ville, « en 2018, le revenu disponible médian de leurs habitants reste en moyenne très inférieur à celui des habitants de France métropolitaine (13 770 euros contre 21 730 euros par an) et le taux de pauvreté y est trois fois plus important (44,7 % contre 14,6 %) ».

Pourtant, les programmes nationaux de rénovation urbaine (PNRU), dont le premier s’est achevé en 2021, devaient modifier cette réalité. Mais notre enquête dévoile les faiblesses de ces programmes colossaux. Alors qu’est-ce qui a changé (ou pas) depuis que les milliards se sont déversés sur ces quartiers qui concentrent les plus grandes difficultés ?

Des millions de logements en très peu de temps
Dans les années 1950, pour faire face à une crise du logement et au baby-boom, la France décide de construire vite et beaucoup. De 1950 à 1960, trois millions de logements sortent de terre. Le pays doit aussi loger un million de rapatriés d’Algérie, des centaines de milliers de fonctionnaires venus d’outre-mer et toute la main d’œuvre, souvent étrangère, incitée à venir travailler dans l’Hexagone. Dans le même temps, les populations de classes moyennes bénéficient de la croissance économique et partent s’installer dans des logements individuels, permettant aux nouveaux-venus d’investir ces nouveaux quartiers.

À Meaux en Seine-et-Marne, les quartiers Beauval et de la Pierre-Collinet sont construits à la hâte dans les années 1960. Ils hébergent jusqu’à la moitié des habitants de la ville, soit 25 000 habitants. « Le Meaux d’avant était scindé en deux. Les quartiers étaient finalement devenus des espaces à part, cloisonnés, sans avenir précis, sans réel espoir », rappelle le maire, Jean-François Copé. [...]

Extrait de actu.fr du 08.11.22

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