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Portrait d’une enseignante d’histoire-géographie, professeure relais au Musée Carnavalet et militante du CRAP

2 novembre 2022

CRAP, Portraits
Essayer c’est avancer

Enseignante d’histoire-géographie, Alexandra Rayzal tente, expérimente en permanence dans ses classes de collège et en tant que professeure-relais au Musée Carnavalet de Paris. Son gout de la créativité et du collectif, elle les partage au sein du CRAP-Cahiers pédagogiques, un atout précieux à l’heure où la survie de l’association est en jeu.

Passionnée par ses études d’histoire, elle passe le Capes plus par pragmatisme que par vocation, pour « gagner sa vie ». Au départ, elle se sent peu armée pour travailler avec des adolescents, car sans expérience préalable : « Je me suis sentie longtemps débutante, j’ai mis du temps à me sentir à l’aise. » Un établissement plutôt difficile est le cadre de ses débuts professionnels. Elle ne parvient pas à faire cours sereinement, à enseigner les notions du programme. Elle craque, s’arrête un peu, puis revient, soutenue par ses collègues.

Elle prend du recul, décide de proposer des activités totalement différentes. « J’avais une classe de 4e très pénible et je n’arrivais pas à tenir un cours traditionnel avec eux. J’ai organisé des travaux de groupe pour écrire le journal de la Révolution française. Et ça a marché, les élèves étaient très motivés. Ça m’a libérée. »

Depuis, elle emprunte la pédagogie du détour chaque fois qu’elle constate que le frontal ne fonctionne pas, que l’agacement monte de son côté ou de celui des collégiens. « On prend peu de risques. En cas d’échec du détour, il faut se dire qu’on a seulement remplacé un truc qui ne marchait pas par un autre qui ne fonctionne pas non plus. » Et, bien souvent, l’échec n’en est pas vraiment un.

Faire appel à la créativité des élèves

Elle tente chaque année un projet créatif avec ses classes en utilisant comme support l’écriture ou les arts plastiques. Une année, un groupe de quatre élèves s’était appliqué pour réaliser un magnifique tableau pour illustrer l’empire byzantin. « C’était joli, elles étaient impliquées dans le projet, mais n’avaient rien appris sur le fond. Mais auraient-elles appris plus dans un cours classique où elles étaient peu attentives ? Ce n’était ni un échec, ni une réussite, chaque plantage amène à réfléchir. »
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Au musée

Depuis quelques années, elle a élargi sa palette créative en étant le mercredi professeure relais au Musée Carnavalet à Paris. Son rôle est de concevoir des ressources et des activités pédagogiques, d’animer l’interface entre le musée et les enseignants. Le travail se renouvèle sans cesse avec des expositions temporaires qui se succèdent aux côtés de la collection permanente. « J’apprécie l’éclectisme plutôt que d’être spécialisée dans quelque chose. En ce moment, il y a une exposition temporaire intitulée “Parisiennes citoyennes !”. Il y a eu aussi “Proust, un roman parisien”, “Napoléon et Paris”, entre autres. »
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Situation de crise

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« Il peut y avoir une opposition entre cultures associatives, mais ce n’est pas juste entre des conservateurs qui ne veulent pas changer et d’autres qui veulent tout bousculer. Ça va plus loin que ça, dans la réflexion sur des positions philosophiques, éthiques. J’aime bien, car ça fait évoluer. Il y a des choses à entendre, qui enrichissent ma pensée. »
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Monique Royer

Extrait de cahiers-pedagogiques.com du 20.10.22

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