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Deux Notes de la Depp sur l’enquête Cèdre relèvent une augmentation des écarts en Français entre l’éducation prioritaire et le hors-EP

30 septembre 2022

Maîtrise de la langue en fin d’école : une légère hausse du niveau global des élèves en 2021
Cedre 2003-2009-2015-2021

Note d’information Depp, 22.28 – Septembre 2022.

Mesuré en fin d’école primaire en 2021 dans le cadre du cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon (Cedre), le niveau des acquis des élèves en maîtrise de la langue (compréhension de l’écrit et étude de la langue) progresse légèrement après douze ans de stabilité. La proportion des élèves qui appartiennent aux groupes des niveaux les plus forts augmente, au détriment des groupes intermédiaires. Cette hausse est principalement portée par le secteur public hors éducation prioritaire. Les filles sont toujours plus performantes que les garçons, mais les écarts se réduisent. Comme lors des précédents temps de mesure, les différences de niveaux restent très marquées par l’origine sociale des élèves.

Extrait de la Note Deep sur l’école

 

Compétences langagières et littératie en fin de collège : des résultats stables en 2021
Cedre 2015-2021

Note d’information Depp, 22.29, Septembre 2022

Mesuré en fin de collège en 2021 dans le cadre du cycle des évaluations disciplinaires
réalisées sur échantillon (Cedre), le niveau des acquis des élèves en compétences langagières et littératie (compréhension de l’écrit) montre une légère baisse, statistiquement non significative, entre 2015 et 2021. Derrière cette stabilité générale, on observe une baisse des performances en éducation prioritaire et une augmentation des écarts de niveau entre les filles et les garçons. Comme en 2015, les différences de performances restent marquées par l’origine sociale des élèves.

EXTRAIT
[...] Baisse des performances en éducation prioritaire
Les élèves scolarisés en éducation prioritaire(EP) voient leurs performances baisser depuis
2015 (- 8 points) æfigure 4. Dans le même temps, les performances sont stables dans le secteur public hors EP. De ce fait, l’écart entre les scores moyens de ces deux groupes d’élèves augmente. Il passe de 17 points en 2015 à 22 points en 2021. En EP, 30,2 % des élèves se situent dans les groupes de bas niveaux (groupes < 2) et peuvent être

Extrait de la Note Depp sur le collège

 

Français : L’enquête CEDRE montre une aggravation des inégalités à l’école et au collège
Comment évaluer le ministère Blanquer ? En attendant les résultats de Pisa, en oubliant ceux des évaluations nationales, il reste comme évaluation sérieuse l’enquête CEDRE réalisée tous les 6 ans par la Depp (division des études du ministère). Les résultats des évaluations en français viennent d’être publiées. Ils montrent une légère hausse de niveau à l’école et une stabilité au collège. Mais ces légers frémissements cachent les vrais changements. Après une décennie de réduction des inégalités sociales de résultats, les 5 années du premier quinquennat Macron se traduisent par une explosion des inégalités. L’école et le collège sont devenus encore plus inégalitaires. Reste à comprendre pourquoi.

A l’école

La DEPP publie deux Notes d’information sur la maitrise du français en fin d’école et de collège réalisées dans le cadre de l’enquête CEDRE. Elles portent sur l’évaluation d’un échantillon d’élèves réalisée en 2021. La précédente évaluation, en 2015, montrait une réduction des écarts de niveau à l’école et un relèvement global du niveau au collège. Six ans plus tard la situation s’est sensiblement dégradée.

En fin d’école, les élèves évalués en 2021 sont entrés en CP en 2016 et ont connu les réformes Blanquer. Globalement l’enquête CEDRE montre une très faible hausse des performances, le niveau passant de 251 à 254 entre 2015 et 2021. "Dans le même temps la dispersion des résultats augmente", écrit la Depp. 62% des élèves ont une maitrise correcte des compétences attendues alors qu’ils étaient 60% en 2015. 11% des élèves sont de très faibles compreneurs.

Surtout les écarts sociaux augmentent. Les élèves du public non prioritaire ont un taux moyen de 257 en hausse de 5 points par rapport à 2015. Le score du privé augmente aussi passant de 260 à 263. Le score moyen des élèves de l’éducation prioritaire est stable. Par suite l’écart entre eux et les élèves hors éducation prioritaire augmente alors qu’il n’avait cessé de se réduire depuis 2003. La part des élèves très faibles repart à la hausse en éducation prioritaire alors qu’elle s’était réduite dans la décennie précédente.

L’image de la lecture reste marquée elle aussi par les inégalités sociales. Si pour les enfants favorisés elle permet de s’évader, pour les plus fragiles, pour ceux des milieux populaires elle ne sert qu’à apprendre. Pas à se faire plaisir.

Au collège

Au collège, ce sont les élèves de 3ème qui ont été évalués en 2021. Par rapport à 2015, le niveau est stable. 56% des élèves ont une maitrise satisfaisante, soit 2% de moins qu’en 2022.
La part des élèves très faibles est passée de 15 à 17%. " Les élèves scolarisés en éducation prioritaire (EP) voient leurs performances baisser depuis 2015 (- 8 points)", écrit la Depp. "Dans le même temps, les performances sont stables dans le secteur public hors EP. De ce fait, l’écart entre les scores moyens de ces deux groupes d’élèves augmente. Il passe de 17 points en 2015 à 22 points en 2021. En EP, 30,2 % des élèves se situent dans les groupes de bas niveau".

"Le poids de l’origine sociale sur les performances des élèves se confirme en particulier dans les établissements accueillant les élèves les plus et les moins favorisés", poursuit la Depp. Environ un tiers des élèves se déclarent rapidement découragés ou démunis de stratégie de lecture".

Ces résultats montrent un véritable revirement pour l’enseignement du français sous le premier quinquennat Macron. La décennie précédente a été une décennie de progrès des élèves de l’éducation prioritaire et donc de réduction des inégalités. Le principal résultat du premier quinquennat c’est l’aggravation des écarts sociaux de réussite.

Des réformes néfastes

Comment expliquer cette évolution ? Une part ne concerne sans doute pas l’école mais l’aggravation des conditions de vie des élèves les plus défavorisés. Elle revient à la politique sociale globale du gouvernement qui a accru la pauvreté et aggravé les conditions de vie des enfants défavorisés.

Mais l’éducation nationale a aussi sa part. Les réformes introduites par JM Blanquer à l’école, notamment le plan français, n’ont pas réussi aux plus défavorisés. L’accent mis sur les fondamentaux, la promotion des pédagogies traditionnelles de la répétition à travers de nombreux guides, ont visiblement profité aux enfants favorisés. Elles ont aidé les plus pauvres à couler. Les cinq dernières années ont été celles de l’adaptation de l’Ecole aux plus aisés. Elles ont tourné le dos et finalement annulé 10 ans d’efforts en faveur des élèves pauvres.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 29.09.22

 

"Maîtrise de la langue" au CM2 : augmentation des écarts entre 2016 et 2021

La proportion des élèves de CM2 les plus forts en "maîtrise de la langue" augmente, note la DEPP. Le service statistique de l’Education nationale publie, ce 28 septembre l’évaluation "CEDRE" (cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon) qui porte sur des élèves qui étaient au CM2 en 2021, "donc des élèves entrés majoritairement en CP en 2016, soit un an avant la mise en œuvre de la politique de dédoublement des classes de CP en REP et en REP+". La DEPP ne souligne pas en revanche que la proportion d’élèves en très grande difficulté et scolarisés en éducation prioritaire a fortement diminué entre 2003 et 2009 (passant de 7,3 % à 5,5 %) et à nouveau en 2015 (2 %), pour remonter à 3,4 % l’an dernier.

Toujours est-il qu’en 2021, 62,5 % des élèves de CM2 "ont une maîtrise satisfaisante des compétences exigibles en fin de scolarité primaire alors qu’ils étaient environ 60 % jusqu’en 2015. Cela se traduit par une diminution d’environ 3 points des élèves appartenant aux groupes de niveaux intermédiaires (...). Cette hausse est principalement portée par le secteur public hors éducation prioritaire", mais "dans le même temps, la dispersion des résultats augmente" et "l’écart de performances entre les élèves de l’EP et ceux du public hors EP augmente".

Sans surprise, la DEPP souligne que "les différences de niveaux restent très marquées par l’origine sociale des élèves" et que "les filles ont, en moyenne, de meilleures performances que les garçons", mais que "la différence entre le score moyen des filles et celui des garçons se réduit".

La DEPP a également interrogé les élèves sur leurs pratiques de lecture en dehors de l’école, et, là encore, elles varient selon l’origine sociale des élèves. "68 % des élèves appartenant au quart des écoles les moins favorisées déclarent lire pour apprendre", 39 % "pour s’évader", alors que dans les écoles les plus favorisées, ils sont 56 % à lire pour s’évader, 53 % à lire "pour apprendre". Les filles sont également plus nombreuses que les garçons à lire "pour s’évader".

Extrait de touteduc.fr du 28.09.22

 

“Maîtrise de la langue“ en fin de collège : baisse du niveau en éducation prioritaire

En 2021, le score moyen des élèves de 3ème était de 247 points" en "compétences langagières et littératie" alors qu’il était de 250 points en 2015. La baisse de niveau "n’est pas significative" estime la DEPP. Le service statistique de l’Education nationale publie rend compte du bilan des acquis des élèves en fin de collège établi dans le cadre du dispositif CEDRE (cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon). Certaines données montrent pourtant des évolutions importantes.

Quelque 44 % des élèves n’ont pas "une maîtrise satisfaisante des compétences exigibles en fin de troisième", c’est à dire qu’ils ont "une maîtrise fragile des compétences de prélèvement, d’inférence ou de compréhension du sens global (d’un texte) sur des supports scolairement familier", voire pour certains des difficultés "dans des situations de lecture de vie courante (...). Une partie des élèves est facilement découragée et démunie face à la lecture. Ainsi, à l’affirmation ’Quand on me demande de lire un texte d’une page, je suis découragé(e) d’avance’, 37,5 % des élèves se déclarent plutôt d’accord ou tout à fait d’accord."

La DEPP "observe une baisse de performance significative chez les garçons" (241 contre 247 en 2015). Autre évolution notable, la baisse du pourcentage d’élèves ayant redoublé au moins une fois (11,5 % contre près de 17 % en 2015) s’accompagne d’une baisse du niveau de ces élèves, avec un score moyen qui diminue de 224 points en 2015 à 209 points en 2021. Quant aux élèves scolarisés en éducation prioritaire, "ils voient leurs performances baisser depuis 2015 (de 233 à 225). Dans le même temps, les performances sont stables dans le secteur public hors EP."

Extrait de touteduc.fr du 28.09.22

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