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B* Apprendre, progresser et réussir avec les pictogrammes à l’école REP Tony Lainé de Poitiers

9 août

Apprendre, progresser et réussir avec les pictogrammes
Dispositif expérimental de maîtrise de la langue à l’école [REP] Tony Lainé, Poitiers.

- A l’origine du projet

Environnement du projet

L’école Tony Lainé est une école située en réseau d’éducation prioritaire qui accueille 207 élèves répartis sur neuf divisions. Le quartier compte un grand nombre de familles d’origines diverses dont la majorité est issue de catégories socio-professionnelles très défavorisées et ne parle pas le français à la maison (on a dénombré vingt-sept langues différentes parlées).

Situation de départ

Malgré toutes les approches tentées, les difficultés persistaient dans la maîtrise de la langue orale : un nombre important d’élèves en difficulté à l’oral en petite section était toujours en difficulté en grande section. La nécessité d’un maître supplémentaire et d’une nouvelle approche s’imposaient. L’équipe a donc réfléchi à un projet qui permette à tous de développer et d’acquérir les compétences orales attendues.

- Mise en place du projet

Objectifs du projet

Il s’agit avant tout de prévenir l’échec scolaire, plutôt que d’y remédier, afin de :

◦ développer le langage,
◦ comprendre les consignes,
◦ vivre ensemble et développer l’autonomie,
◦ construire et réguler la posture d’élève,
◦ réduire les écarts et prévenir l’échec scolaire.

Pour cela, trois axes de travail ont été privilégiés :

◦ du coté des élèves : développer les compétences orales afin de favoriser la réussite scolaire,
◦ du coté des familles : rassurer et expliciter pour créer le lien,
◦ pour l’équipe enseignante : repenser le travail en équipe pour construire une organisation apprenante, s’engager dans de nouvelles pratiques et postures et favoriser le développement professionnel.

Organisation du projet

Le projet implique toute l’équipe éducative. Il s’adresse majoritairement aux élèves de moyenne section (deux classes) mais un travail est également mené avec les autres niveaux. Ainsi, en petite section, un atelier cherche à favoriser le "oser parler" en passant par le jeu pour les enfants pour qui l’oral est difficile.
Un maître supplémentaire, Mme Duguy, titulaire de son poste, a été affectée à plein temps sur le projet. Elle intervient en co-enseignement la majorité du temps et coordonne le projet en équipe et avec les partenaires, en particulier la recherche.

Mise en œuvre

◦ Avec les élèves :
Les séances recourent à l’utilisation des pictogrammes pour comprendre les consignes et à de nouvelles activités, Narramus et La Pédagogie de l’écoute (d’après Peroz). En début d’année, tous les élèves de petite section sont observés afin de déterminer les besoins. Les séances se déroulent dans les salles de cours habituelles, de préférence en utilisant une salle de classe et une salle contigüe.

◦ Avec les familles :
La classe est ouverte aux parents le vendredi. Les parents sont accueillis en observation dans la classe jusqu’à 9h30 puis un temps d’échange avec le maître supplémentaire s’ensuit. De plus, un atelier de co-éducation est proposé le dernier mercredi de chaque mois, sur inscription. Il est animé par la maîtresse spécialisée ADR et le maître supplémentaire et porte sur des questions qui lient maison et école, telles quelle "Comment mieux dormir pour apprendre à l’école ?".

◦ Avec l’équipe :
Un temps de régulation chaque jeudi midi sur la pause méridienne permet d’échanger sur les activités des élèves de moyenne et grande section. Des conseils des maîtres sont dédiés également au projet. Mme Duguy aménage son emploi du temps de façon à intervenir selon les contraintes matérielles (salle supplémentaire attenante à la salle de classe) et les besoins de l’équipe enseignante.

- Zoom sur...

Les pictogrammes

L’idée de l’utilisation des pictogrammes en classe est venue de l’inclusion des enfants à besoins particuliers pour qui on utilisait justement les pictogrammes.

Les pictogrammes s’organisent en deux catégories :

◦ pictogrammes consignes : bleus pour les outils scolaires, rouges pour les actions ;
◦ pictogrammes métacognition : sur des tâches mentales.

Le but est d’amener les élèves à développer leur langage et à devenir autonomes dans leur prise de parole et dans la gestion des tâches scolaires.

Pour cela, leur utilisation se fait selon les niveaux de la façon suivante :

◦ en petite section : les pictogrammes outils sont introduits en fin d’année pour certains enfants,
◦ en moyenne section : trois séances par semaine en coenseignement et au quotidien dans la classe par l’enseignant de la classe,
◦ en grande section : une séance par semaine et au quotidien dans la classe..

Une séance

La séance est organisée de façon à travailler en petits groupes afin que chaque élève progresse selon son niveau de compétences. Les élèves écoutent la consigne orale puis la réalisent en s’aident des pictogrammes posés sur la table par l’enseignante (exemple : "entoure"...). L’enseignante vérifie ensuite que la consigne a été correctement réalisée par chaque élève Les consignes peuvent être simples ou plus complexes, selon le niveau de compétences du groupe. Lors de la correction, l’enseignante reprend si nécessaire avec l’enfant. Chaque réussite est ensuite valorisée par un jeton. Selon les séances, deux autres types de tâches sont possibles : les élèves codent eux-mêmes la consigne et la réalisent, ou ils partent d’un travail déjà réalisé, verbalisent la consigne et la codent.

Vidéo servant à comprendre l’organisation d’une séance avec les pictogrammes.
durée 01:28) (MPEG4 de 15.6 Mo)

Les partenariats

Depuis septembre 2020, un partenariat est engagé avec la section RPIP du lycée Branly de Châtellerault : des jeunes de la section ont pris en charge la cohérence graphique et l’impression des pictogrammes. Ils réalisent aussi la "mise en forme" du livret d’accompagnement destiné à la diffusion à d’autres équipes (livret mentionné dans la partie "perspectives").

Dominique Bellec, enseignant chercheur accompagne l’équipe dans l’élaboration et la mise en œuvre d’une recherche prospective .

L’INSPE et le CERCA.

- Bilans et perspectives

Premiers bilans :

◦ Une quinzaine de familles par classe participe aux classes ouvertes ou aux ateliers de co-éducation. Ces ateliers sont désormais mis en place depuis cette année pour tous les parents de l’école élémentaire.
◦ les évaluations des élèves rendent compte des effets bénéfiques du dispositif. Les recherches doivent permettre d’objectiver ces observations.
◦ le dispositif entraîne des changements de pratiques dans le travail de toute l’équipe enseignante au quotidien.

Les points forts du dispositif

Au terme de ces trois années, on observe des progrès dans :

◦ le développement du langage,
◦ la compréhension des consignes,
◦ le vivre ensemble et la construction de la posture d’élève,
◦ l’autonomie des élèves,
◦ le climat scolaire.

Perspectives

Les bilans hebdomadaires et annuels effectués par l’équipe font émerger des perspectives, telles que :

◦ un livret d’accompagnement des pictogrammes qui devrait être finalisé en début d’année prochaine (voir ci-dessus). Il s’agira donc de diffuser, à l’aide de ce document, à d’autres équipes et établissements ;
◦ le développement du travail avec la recherche (tests en septembre et en juin, et dans le cadre de la recherche prospective avec Dominique Bellec, tests selon la même fréquence : les résultats sont attendus en fin d’année) ;
◦ le développement du travail avec les familles car il n’a pas pu être pleinement exploité du fait des contraintes sanitaires.

Extrait de ac-poitiers.fr du 27.06.22

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