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"Ecole et politique : jusqu’où ?", Daniel Subervielle, Christian Lajus et Patrick Wargnier, préface d’Alain Boissinot, Vérone éditions [sortir progressivement "des politiques de zonage prioritaire"] (présentation ToutEduc)

25 mai

Peut-on éviter la politisation des politiques scolaires ? (ouvrage)
Peut-on imaginer "un allègement considérable et durable de (la) prégnance permanente et envahissante du politique sur le système éducatif français" ? Pour Daniel Subervielle, Christian Lajus et Patrick Wargnier, la réponse est positive et ils en présentent une démonstration dans "Ecole et politique : jusqu’où ?". Les auteurs font surtout oeuvre d’historiens. Ils remontent jusqu’à René Haby, nommé ministre de l’Education au lendemain de la victoire électorale de Valéry Giscard d’Estaing, et notent que "la plupart des locataires du 110, rue de Grenelle ont marqué leur plus ou moins longue période d’exercice d’une mesure parfois emblématique" et dont certaines, "et c’est heureux, perdurent".

Les analysant finement une à une, ils sont amenés à critiquer plutôt sévèrement Jean-Michel Blanquer qui n’a pas pris en compte "l’absolue nécessité de stabiliser durablement les programmes". Ils s’interrogent aussi sur la propension du système éducatif à rejeter sur l’enfant la responsabilité de ses difficultés, "à rétrécir la sphère de l’éducation au profit des sphères psychiatriques ou psychologiques". Ils reviennent sur les efforts entrepris pour favoriser un peu plus de mixité scolaire et mettent en évidence les avantages des classes à plusieurs niveaux, donc de la gestion de l’hétérogénéité, ils détaillent longuement les divers avatars de la formation initiale et continue des personnels, et plus précisément de l’encadrement du système scolaire. Ils critiquent une Ecole qui, "au nom d’une soi-disant unité nationale, d’une apparence de cohésion sociale, d’une supposée cohérence", nie la diversité "des territoires, des unités d’enseignement, des personnels et plus encore des élèves", tandis que les personnels eux-mêmes sont considéré comme "des clones".

L’ouvrage s’achève sur une mise en cause des syndicats, et plus particulièrement du SNES-FSU et de ses positions "dogmatiques valorisant l’autogestion et l’anti-administration". Les auteurs préconisent de "confier à une instance européenne le soin d’établir et de ’sanctuariser’ les grandes orientations éducatives", ou, au moins, de créer une instance nationale, une Haute autorité de l’éducation indépendante des assemblées parlementaires, du gouvernement et des syndicats, à moins de déléguer aux Régions le soin d’adapter les lois et règlements à leurs contextes spécifiques... Ils voudraient également voir renforcer le statut d’autonomie des établissements, transformer les écoles primaires en EPEP, sortir progressivement "des politiques de zonage prioritaire".

"Ecole et politique : jusqu’où ?", Daniel Subervielle, Christian Lajus et Patrick Wargnier, préface d’Alain Boissinot, Vérone éditions, 450 pages, 27€

Extrait de touteduc.fr du 24.05.22

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