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Crise du recrutement des enseignants dans le 1er degré (communiqué Snuipp) et dans certaines disciplines du second degré (Le Café). Expérimentation de "visioprofesseurs" dans l’académie de Nancy

11 mai

COMMUNIQUE DE PRESSE : Bilan des années Blanquer : le métier n’attire plus
Le taux de présents et présentes aux premières épreuves sera l’un des plus bas de l’histoire du concours de recrutement des professeurs des écoles.
L’opacité entretenue par le ministère sur ce concours se lève petit à petit avec les résultats d’admissibilité désormais connus dans plusieurs académies. Le nombre de candidats et candidates inscrites depuis novembre n’a lui toujours pas été communiqué officiellement. Quant à la répartition académique des 9888 places offertes au concours, elle n’a été publiée que le 1er avril, quatre jours avant le début des épreuves… C’est bien un mépris affiché pour les futures enseignantes et enseignants du premier degré alors que la répartition des postes offerts aux CAPES est connue, elle, depuis novembre.

Des choix discutables ont par ailleurs guidé cette répartition. Douze académies voient le nombre de postes augmenter alors qu’elles avaient subi une baisse en 2021. A l’inverse, Aix-Marseille et Rouen voient leurs postes baisser après avoir été augmentés en 2021. Cette politique de « yoyo » opaque est délétère en matière d’attractivité. Sans compter qu’avec le recul d’un an de la place du concours, le vivier de personnes candidates est nettement inférieur aux années précédentes.

Les premiers chiffres font craindre le pire : des académies qui chaque année pourvoient tous les postes offerts pourraient effectivement ne pas faire le plein. La chute importante du nombre de présent.es fait baisser fortement le taux d’admissibilité. Ainsi, à Montpellier, le nombre d’admissibles par poste offert au concours externe n’est que de 1,53. A Grenoble, il est de 1,22 et pour l’académie de Dijon, ce chiffre tombe à 1,15.

Postes au concours non pourvus, listes complémentaires insuffisantes voire inexistante… la volonté est bien de favoriser le recours aux contractuels et pourtant les rectorats peinent à en recruter. Au final, combien de classes se retrouveront sans professeur·e à la rentrée ?

Depuis plusieurs années, le SNUipp-FSU alerte sur le manque d’attractivité du métier et la crise du recrutement qui est devenue systémique. Il est urgent de mettre en œuvre une politique volontariste permettant d’enrayer cette crise du recrutement.

Pour le SNUipp-FSU, cela doit passer par un plan pluriannuel de recrutements, des pré-recrutements dès la première année de licence, un concours en fin de troisième année de licence suivi de deux années de formation pleine et entière reconnue par un master et une formation continuée après la titularisation.

Une revalorisation conséquente des salaires et une amélioration des conditions de travail sont également nécessaires à la fois pour attirer des candidat·es et pour enrayer la hausse des démissions.

Il s’agit là d’un enjeu essentiel pour l’avenir de l’école publique. Le futur gouvernement va devoir y répondre rapidement car il y a urgence.

Extrait de snuipp.fr du 09.05.22

 

Concours du second degré : catastrophe annoncée
Année noire. Alors que les premiers résultats des épreuves d’admissibilité paraissent se dessine une année catastrophique pour le recrutement des enseignants. On assiste à des déficits très importants dans les discipline dont les résultats sont déjà connus : allemand, maths et SVT. Même si des biais techniques jouent un rôle, ils n’ont pas été anticipés par le ministère et des centaines d’enseignants vont manquer à la rentrée.

Deux fois moins d’admissibles qu’en 2021

Les premiers résultats des épreuves d’admissibilité du capes externe sont publiés ce 10 mai. Et déjà se dessine un déficit d’enseignants sans précédent dans plusieurs disciplines importantes.

Ainsi en maths. Cette année seulement 816 candidats sont admissibles. En 2021, 1705 candidats étaient admissibles. On mesure la différence ! Le ministère recrute 1035 professeurs. Seulement la moitié pourrait être recrutée à la suite des épreuves d’admission en juin.

En allemand, seulement 83 candidats sont admissibles. Ils étaient 177 en 2021. Et il y a 215 postes proposés.

Ces deux disciplines sont traditionnellement déficitaires, même si c’est dans des volumes beaucoup plus faibles. Ce n’était pas le cas en SVT. Cette année il n’y a que 425 candidats admissibles contre 552 en 2021. Il y a 260 postes à pourvoir.

D’autres disciplines sont attendues dans les jours à venir : les lettres, l’anglais, l’histoire-géo par exemple. Il est probable que l’on assistera à la même déconfiture.

Une catastrophe ou révolution libérale ?

Comment en est on arrivé là ? Le ministère plaidera probablement la faute technique. Cette année entre en application la réforme du recrutement avec le passage du concours en M2. Cela a appauvri le vivier de candidats. Ces effets auraient du être anticipés soit dans les postes mis au concours soit techniquement en autorisant des dérogations. En fait le ministère a annoncé de nouveaux moyens pour 2022 en sachant très bien qu’il n’aurait pas les recrutements proposés.

Il y a des raisons plus fondamentales. Cette année le ministère s’est bien gardé de publier le nombre de candidats aux concours. Cela n’avait pas échappé aux spécialistes qui suivent ces données. On se doutait qu’il y avait un problème. Mais on commence à découvrir maintenant son ampleur.

Mais ce mouvement a commencé bien avant la réforme de 2022. Depuis 2018 on assiste à un recul du nombre de candidats aux concours. En 2021 il y avait 30 494 candidats au capes externe contre 33 490 en 2019.

Comment expliquer cette situation ? Le ministre a beaucoup communiqué sur la revalorisation des enseignants. Du coup les candidats savent encore mieux qu’avant à quoi s’attendre. La modeste revalorisation en tout début de carrière ne cache plus l’écart de rémunération avec les carrières de la fonction publique ou du privé. Elle n’occulte pas l’absence de revalorisation pour la moitié des enseignants et sa modestie pour les autres. Ce mois ci les nouveaux enseignants entrent dans le métier avec un salaire égal à 1.1 fois le SMIC avec un master 2. Voilà un élément du bilan réel de JM Blanquer.

Les étudiants sont aussi sensibles à l’inversion de tendance qui a lieu depuis l’alternance de 2017 en ce qui concerne le nombre des postes proposés. Après des années où l’Education nationale a cherché à recruter un nombre important d’enseignants et crée 60 000 postes, on est passé à une chute brutale des postes proposés dans le 2d degré. L’Education nationale proposait 7315 postes au capes externe en 2017, 7200 en 2015. Elle n’en propose plus que 5490 en 2020 et 5441 en 2021, 5225 en 2022. Pour que les étudiants s’orientent vers les masters enseignement et se présentent aux concours il faut leur garantir des débouchés. Sans cela il est difficile de les faire entrer dans un tunnel de formation de 2 années.

La réforme de la formation des enseignants a dégradé davantage encore la situation. Les étudiants en master meef pouvaient encore en 2021 devenir fonctionnaire stagiaire pour leur seconde année de formation et être rémunérés. Cette possibilité a disparu. Les futurs professeurs sont devenus des étudiants ordinaires durant les deux années de master avec la possibilité d’avoir des stages rémunérés. Leur situation matérielle s’est dégradée. La disparition du statut de fonctionnaire stagiaire joue particulièrement contre les candidats venus de milieu populaire.

Tout cela n’arrive pas par hasard. La loi de transformation de la fonction publique renforce l’appel aux contractuels. Leur part dans l’éducation nationale ne cesse d’augmenter. Ils sont passés de 8% à 14% des professeurs du 2d degré en 10 ans. C’est une révolution par étapes qui est en train de se faire. Toutes ces mesures visent à sortir les enseignants et les écoles de la fonction publique. Sans le dire.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 11.05.22

 

Dans l’académie de Nancy-Metz, sept « visioprofesseurs » pour pallier le manque d’enseignants remplaçants
Ces professeurs du second degré, volontaires, vont pouvoir remplacer, à distance par le biais de visioconférences, des collègues absents dans des établissements où les contractuels font défaut.

Extrait de lemonde.fr du 11.05.22

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