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Le rassemblement national voit "l’éducation prioritaire comme injuste – elle privilégierait les banlieues et les minorités au profit de la ruralité notamment" (Ismail Ferhat sur The Conversation)

22 avril

Si l’école a profondément changé depuis les années 1970, le discours tenu par le Front national puis le Rassemblement national à son sujet reste assez constant, comme l’explique Ismail Ferhat, professeur des universités en sciences de l’éducation à l’Université Paris-Nanterre. Le point en six questions à quelques jours du deuxième tour des élections présidentielles 2022.

[...] Ce cycle se ferme avec la prise du parti par Marine Le Pen, pour laisser place à un discours plus favorable à l’école publique qui fait disparaître le « chèque éducation ».

TC : Par quelles mesures concrètes ce programme se traduirait-il sur le terrain ?

Les mesures prônées par le Front national puis le Rassemblement national sont assez stables dans le temps. Ils appellent d’abord, comme le rappelle Jean-Michel Barreau, au « rétablissement de l’autorité » dans la classe, arguant que l’école fonctionnerait mieux si les maîtres étaient mieux respectés. Ceci passe par l’instauration de l’uniforme à l’école publique, ce qui n’a jamais existé en France. Ensuite, l’éducation prioritaire est vue comme injuste – elle privilégierait les banlieues et les minorités au profit de la ruralité notamment –, la réflexion se résume à pointer le rôle des enfants immigrés dans le déclin scolaire et à mettre l’accent sur quelques matières (français, histoire-géographie, etc.)

Si beaucoup d’élèves portaient des blouses par le passé, jamais l’uniforme n’a été imposé à l’école primaire au niveau national. Shutterstock
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La démocratisation scolaire est vue comme une mauvaise chose, ce qui distingue radicalement le FN, puis le RN, de l’ensemble des partis politiques. De la droite gaulliste à l’extrême gauche, aucune autre organisation politique ne prône la baisse du nombre de bacheliers ou d’étudiants. La suppression du collège unique ne figure plus dans le programme présidentiel de 2022, ce qui peut être vu comme un élément de la logique de dédiabolisation actuelle du Rassemblement national. Mais la sélection précoce des élèves, avec une orientation post-CM2, reste au centre de son discours.

TC : Le Rassemblement national s’intéresse-t-il plus aujourd’hui à un électorat enseignant réputé voter plus à gauche ?

Jusqu’aux années 2000, le Front national a tenu un discours très hostile aux enseignants, ou du moins, à leurs syndicats. S’il est traditionnellement bien implanté chez les policiers, les gendarmes et les militaires, le Front national séduisait peu les fonctionnaires en général. Mais en 2015, la situation bascule et le vote en sa faveur connaît une percée chez les agents du service public, jusqu’à devenir une force du côté des agents de catégorie B et C.

Extrait de theconversation.com du 21.04.22

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