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B * "Atelier Narr-actif" prévention langage oral GS-CP dans 9 écoles des Deux-Sèvres, dont 2 écoles REP

24 mars

Atelier Narr-actif" prévention langage oral GS-CP

QUOI ?

L’atelier Narr’actif consiste en une activité de production narrative auprès d’élèves de GS-CP, dans le but de développer leurs capacités de langage oral, notamment leurs habilités linguistiques structurales et discursives. Sa mise en œuvre a pris la forme d’une recherche-action, mobilisant à la fois un collectif d’enseignants, spécialisés et non-spécialisés, à l’échelle du département, et l’appui de collègues enseignants-chercheurs du laboratoire CeRCA[1] et de la Mission recherche de l’INSPE de Poitiers.

L’originalité du dispositif réside dans le type d’intervention, axé sur le développement des repères représentationnels (identification des caractéristiques clés) et sur la structuration des informations linguistiques essentielles à la compréhension des situations de communication, permettant l’autorégulation.

[1] CeRCA : Centre de Recherche sur la cognition et l’apprentissage – UMR CNRS 7295 – Université de Poitiers

Recherche

Les liens entre le développement des compétences narratives orales et les prérequis de l’entrée dans la langue écrite ont été largement étayés par une série de travaux. Il a été montré en effet que les capacités narratives étaient prédictrices du développement du langage oral et écrit (Griffin et al., 2004), que les enfants qui avaient eu un retard de langage ou de parole produisaient des narrations écrites appauvries (Bishop& Clarkson, 2003) et enfin que les enfants faibles lecteurs avaient de faibles capacités narratives (Cain, 2003). Toutefois, peu de travaux ont testé l’impact d’une intervention ciblée en production narrative, en début d’apprentissage, sur le développement des compétences langagières.

Dans le cadre de cette recherche-action, nous testerons l’hypothèse selon laquelle un entrainement basé sur l’identification des caractéristiques clés d’une narration permettrait d’améliorer les capacités langagières des jeunes élèves repérés comme étant en difficulté de langage.

https://www.reseau-canope.fr/conseil-scientifique-de-leducation-nationale-site-officiel/evenements/le-prix-chercheurs-en-actes/

QUI ?

2 membre(s) dans l’équipe - 2 partenaire(s)

La mise en œuvre de l’atelier Narr’actif mobilise à la fois des enseignants spécialisés dans l’aide aux élèves en grande difficulté scolaire et des enseignants en classe de CP. Nous allons ainsi pouvoir tester l’efficacité d’un dispositif d’intervention auprès d’un groupe restreint ou d’élèves ciblés en difficulté dans le langage oral. Cet atelier est conçu dans le cadre d’une recherche-action formation, permettant de s’appuyer sur des données validées scientifiquement, en offrant une possibilité de "montée en compétences" des enseignants grâce aux apports théoriques, échanges et croisements de regard du fait de la mobilisation d’un enseignant-chercheur du laboratoire CeRCA. La découverte et l’application de la rigueur nécessaire à toute recherche est perçue sous un nouveau jour, car au service de la création d’un outil pour répondre aux besoins des élèves, en situation de production orale, dans une dimension peu explorée qu’est la capacité d’autorégulation.

- Les partenaires

Structure Participation
MSHS Poitiers Laboratoire CeRCA Co-concepteur de la recherche-action formation
CARDIE Accompagnateur

- Les participants

• 121 élève(s)
• 8 enseignant(s)
• 2 autre(s) participant(s)

OÙ ?

Interétablissements Poitiers

Ecole maternelle, Ecole élémentaire - CP

Cette action se met en place dans plusieurs écoles du département des Deux-Sèvres. Dans le cadre de la recherche adossée, l’objectif est de travailler à la fois sur des groupes expérimentaux pris dans différents contextes et des groupes témoins dans des contextes équivalents. Les établissements sont dispersés sur l’ensemble du département, en milieu rural et semi-rural. Deux écoles se situent en secteur REP.

Pour 4 classes de CP, l’atelier est mené par l’enseignant(e) avec l’ensemble des élèves. Pour 3 autres, ce sont uniquement les élèves ciblés en difficulté qui bénéficient de l’atelier, mené par l’enseignant(e) spécialisé(e) du RASED.

- Établissement(s)

• Poitiers ECOLE ELEMENTAIRE PUBLIQUE (079)
• Poitiers ECOLE ELEMENTAIRE PUBLIQUE (079)
• Poitiers ECOLE ELEMENTAIRE PUBLIQUE (079)
• Poitiers BOUILLE LORETZ (079) [REP]
• Poitiers ECOLE ELEMENTAIRE PUBLIQUE (079)
• Poitiers LA GATINELLE (079)
• Poitiers JOSEPH DUFOURNET (079) [REP]
• Poitiers DE VIOLINE (079)
• Poitiers ECOLE PRIMAIRE PUBLIQUE (079)

• 1 académie(s)
• 9 établissement(s)
• 7 classe(s)

POURQUOI ?


- Problème identifié

Depuis plusieurs années, les professionnels de terrain (enseignants, enseignants spécialisés et corps d’inspection) font le constat d’une augmentation de cas d’élèves en difficultés, surtout dans les zones rurales. En effet, de nombreux échanges entre collègues à propos des élèves à besoins éducatifs particuliers en zone rurale ou semi-rurale mettent en avant le fait que ces élèves « résistent » aux différentes formes d’aide mises en œuvre et se retrouvent en difficulté persistante pour l’acquisition de compétences expertes dans la maîtrise de la langue ; ce qui risque de les conduire en situation d’illettrisme à l’âge adulte. L’une des dimensions qui a attiré particulièrement notre attention face à ces difficultés persistantes concerne le contexte social dans lequel évoluaient ces élèves. On constate des déficits spécifiques dans le traitement du langage oral pour les élèves de milieu rural ou semi-rural, en lien avec le contexte social.


- Indicateur(s) qualitatif(s)

• Différentes recherches ont permis d’identifier des compétences discursives de haut niveau déficitaires chez les adultes en situation d’illettrisme, ainsi que chez les élèves de 4e SEGPA.
• Pour l’Académie 12,7% de jeunes ont été repérés en difficulté de lecture lors des JDC 2016 (moyenne nationale 10,8%)
• Il y a plus de 14% des jeunes en difficulté de lecture dans les Deux-Sèvres


- Sources d’inspiration

Type Titre Auteur Année
Article Peut-on aider l’enfant à mieux raconter ? Les effets de différentes méthodes d’intervention Edy Veneziano 2010
Article Compétences narratives et communicatives chez des personnes en situation d’illettrisme E. Eme, J. Reilly, Y. Almecija 2009

QUAND ?

Du 01/09/2017 Au 30/06/2023

COMMENT ?

Depuis plusieurs années, des enseignants constatent une augmentation des cas d’élèves en difficulté pour l’acquisition des compétences essentielles à la maîtrise du langage, en particulier dans les zones rurales.

À Niort, le service École Inclusive de la Direction des Services Départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) a ainsi créé l’atelier de narration « Narr’actif ». Cette activité de prévention en petits groupes, qui fonctionne sur le principe de la conversation, est destinée aux élèves de début de CP.

À partir de 7 albums sans texte, les enseignants invitent les élèves à s’exprimer lors de 2 séances par semaine pour un même album, dont la seconde est de type interventionnelle (questions sur les causes, évènements, motivations des comportements), d’une demi-heure sur une période de 7 semaines consécutives.

• Les objectifs ?

◦ Repérer les caractéristiques des situations narratives
◦ Prévenir des difficultés en expression écrite et orale.
◦ Favoriser la capacité d’autorégulation


- Moyens mobilisés

Ressource Type
Ingénieure d’étude Humain


- Modalités de mise en œuvre

→ Phase 1 :

• Évaluation diagnostique, autour de cinq compétences ciblées : diversité lexicale, erreurs morphosyntaxiques, schéma canonique, cohésion référentielle et expressions évaluatives.
• Le support est une production orale individuelle d’un récit à partir de huit images, avec un enregistrement audio
• Évaluation du langage oral en réception et production
• Évaluation des fonctions exécutives
• Captations vidéo de séances en début et fin
• Constitution des groupes expérimentaux (élèves en-dessous de la médiane pour au moins trois des cinq compétences ciblées) et contrôles (appariements avec les élèves élèves du groupe expérimental),

→ Phase 2 :

• Activité de prévention avec les élèves des groupes expérimentaux, d’une durée de quatorze séances d’environ trente minutes.
• Les supports utilisés sont des albums sans texte de la série « histoire sans paroles ».
• Sur une première séance, les enfants élaborent un récit à partir des images de l’album, sous forme de conversation libre.
• Puis en deuxième séance, la même histoire est reprise avec une intervention de l’expérimentateur de type « conversationnelle ». Celui-ci pose des questions sur les causes, les événements, les motivations des comportements des personnages, sans toutefois offrir de réponse.
• Cette démarche est reconduite pour chacun des albums retenus, soit 7 au total.

→ Phase 3 :

• Évaluation finale : reprise de l’épreuve de production orale d’un récit, avec les mêmes images qu’au début de l’expérimentation et les mêmes principes de passation et d’évaluation, pour le groupe expérimental et le groupe contrôle.
• Réévaluation des fonctions exécutives

→ Phase 4 :

• Analyse comparative des vidéos de début et fin
• Évaluation externe des retranscriptions des productions orales
• Analyse statistique des résultats, avec l’aide d’un chercheur.
• Vérification des hypothèses de recherche, conclusions

→ Phase 5 :

• A partir des résultats, élaboration d’un outil de prévention à destination des enseignants de GS/CP et des RASED

QUEL BILAN ?


- Modalités d’évaluation

• Auto-évaluation de l’action par l’équipe pédagogique

◦ Chaque année, dans l’Académie de Poitiers, les porteurs de démarches innovantes sont sollicités par le CARDIE pour répondre à un questionnaire d’autoévaluation. Les réponses font l’objet d’une exploitation et un retour est fait aux équipes.

• Évaluation interne à l’Éducation nationale

◦ Cette action est connue et reconnue par la DSDEN79.
◦ Une grille d’évaluation/observation, pendant chaque séance, a été élaborée par les enseignants du groupe.
◦ L’analyse collective de captations vidéos de début et fin de l’atelier permet d’évaluer les gestes professionnels mobilisés.
◦ Il est fait appel à des évaluateurs externes au groupe (enseignants de CP) pour l’analyse des récits (début et fin).

• Évaluation par des chercheurs

◦ Cette action a été candidate au Prix "Chercheurs en acte" en 2021 et elle a obtenu le Prix "Évaluation et intervention pédagogique".
◦ Évaluation en début et fin d’atelier des productions de récit, ainsi que de certaines fonctions exécutives.
◦ Analyse des données recueillies par une ingénieure d’étude.

• Autoévaluation proposée par le CARDIE en juin 2021

Voir

ET APRÈS ?

Après parution d’un article scientifique signé par Victor Millogo (CeRCA), nous allons produire des outils pour favoriser les acquisitions (mallette "Atelier narr’actif").


- Diffusion

Diffusion Type Document, lien Date
Effets d’une intervention ciblée en production narrative sur le développement des capacités langagières des élèves de GS/CP Texte Article 18/01/2021


- Développement et suite de l’action

• Une deuxième phase d’expérimentation a démarré, avec à la fois des groupes d’élèves en prévention ciblée et des groupes tout venants. Il s’agit de mesurer l’effet d’une sélection des élèves en difficultés autour des compétences narratives. Les résultats sont en cours d’analyse.

• Des albums originaux sont en cours de création.

• Un outil d’évaluation facilement utilisable est à l’étude.

Extrait d’Innovathèque du 09.03.22

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