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Un rapport de l’IGAEN sur l’accompagnement à la scolarité (mai 2006)

30 juin 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du site de la « Documentation française », le 30.06.06 : L’accompagnement à la scolarité

L’accompagnement à la scolarité - Pour une politique coordonnée équitable et adossée aux technologies de l’information et de la communication

Alain-Marie Bassy, Jean-Yves Dupuis, Jean-Michel Bérard. Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche

Selon le présent rapport, le système éducatif ne peut ignorer l’existence aujourd’hui d’un vaste marché du soutien scolaire en dehors de l’Ecole qui peut constituer une menace pour l’égalité des chances. Mais, il ne saurait faire abstraction de l’apport décisif des technologies de l’information et de la communication dans le renouvellement de la pédagogie, malgré les risques d’accentuation de la fracture numérique. Ce rapport s’efforce de définir les axes d’une politique à long terme de l’accompagnement à la scolarité qui prenne en compte ces données nouvelles dans l’objectif d’une plus grande égalité des chances.

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Un extrait du rapport

Qu’entend-on par accompagnement à la scolarité ?

Le soutien scolaire et l’aide aux devoirs appartiennent depuis longtemps au paysage éducatif (soit sous la forme des études dans l’école ou l’établissement, soit sous celle des cours particuliers à domicile). En revanche la notion d’ « accompagnement » est apparue en France plus tardivement, au début des années 80, avec les « études assistées » d’initiative associative, destinées prioritairement aux enfants immigrés, scolarisés à l’école élémentaire. Elle a été progressivement élargie, d’une part aux actions éducatives périscolaires, d’autre part, à travers les contrats locaux d’accompagnement à la scolarité (CLAS) et les contrats éducatifs locaux (CEL), aux élèves en difficulté ou socialement démunis de l’école, du collège et du lycée - dans un premier temps en ZEP et en ZUS, puis sur l’ensemble du territoire.

La seconde « Charte de l’accompagnement à la scolarité », signée en 2001, s’efforce de définir précisément la notion, son champ, ses finalités et son public : « On désigne par « accompagnement à la scolarité » l’ensemble des actions visant à offrir, aux côtés de l’École, l’appui et les ressources dont les enfants ont besoin pour réussir à l’École, appui qu’ils ne trouvent pas toujours dans leur environnement familial et social. Ces actions, qui ont lieu en dehors des temps de l’École, sont centrées sur l’aide aux devoirs et les apports culturels nécessaires à la réussite scolaire. [...] L’accompagnement à la scolarité reconnaît le rôle central de l’École. [...] Les actions d’accompagnement à la scolarité reconnues par la présente Charte et soutenues par les pouvoirs publics sont avant tout destinées à ceux qui ne bénéficient pas des conditions optimales de réussite scolaire. Elles ont un caractère gratuit et laïc. »

Si la clarté et la pertinence de ces définitions sont incontestables, la situation sur le terrain apparaît beaucoup plus confuse. Les divers acteurs sont loin de mettre sous les mots les mêmes réalités. Pour plusieurs raisons :

- Il existe à l’intérieur de l’École (notamment au collège et au lycée), sous forme d’études dirigées, de tutorat, d’entraînement sur des logiciels d’accompagnement (du type Paraschool, dont certains conseils généraux ont fait l’acquisition pour équiper l’ensemble des collèges du département) et d’autres dispositifs (ateliers socioéducatifs, associations sportives, dispositif « École ouverte »), des actions de soutien, d’aide aux devoirs et d’ouverture culturelle pour le public prioritairement visé. Les distinctions temps scolaire/hors temps scolaire et intérieur/extérieur de l’École restent donc souvent floues pour les usagers. Pour eux, les frontières ne sont pas nettement tracées et le système éducatif est de ce fait de plus en plus sollicité et impliqué dans la nécessaire articulation entre les deux temps et les deux espaces. Soutien scolaire et accompagnement, s’ils sont clairement distingués par la Charte, restent néanmoins très proches et paraissent dans le prolongement l’un de l’autre.

- Si pour la plupart des animateurs, l’accompagnement se compose d’une partie proprement scolaire et d’une partie dédiée à l’ouverture culturelle, sportive et citoyenne, pour les parents, soucieux de la réussite scolaire de leur enfant, l’accompagnement à la scolarité doit essentiellement apporter une aide aux devoirs et aux leçons qu’ils ne sont pas en mesure d’assumer eux-mêmes, l’ouverture culturelle représentant certes un « plus » mais non l’essentiel. L’accompagnement est encore une fois placé dans le droit fil d’un soutien complémentaire de l’École, aujourd’hui inégalement réparti en raison même du niveau des ressources familiales4.

- Le terme d’accompagnement (scolaire) et l’objectif de réussite individuelle sont en effet revendiqués aujourd’hui par des intervenants, privés mais aussi publics, déterminés à exploiter ce qui apparaît comme un marché porteur : entreprises privées de cours à domicile (Acadomia, Legendre, Complétude, etc.), organismes publics à vocation marchande, commercialisant du soutien à domicile (tel schol@domia pour le GRETA Nord-Allier) ou à distance (CNED) ; groupements de bénévoles assurant l’aide aux devoirs et le tutorat (AFEV, Secours populaire, Secours catholique) ; producteurs ou diffuseurs de logiciels « d’accompagnement » (Paraschool, Maxicours, CNDP) diffusés sur des plates-formes du multimédia éducatif comme le Canal numérique des savoirs - CNS - ou le Kiosque numérique de l’éducation - KNE -) qui offrent des substituts ou des compléments de scolarité du CP à la terminale, dans toutes les disciplines.

- Enfin, l’accompagnement à la scolarité au sens défini par la Charte repose nécessairement sur le volontariat des élèves et de leurs familles. Même si les enseignants peuvent avoir un rôle persuasif fort pour orienter vers l’accompagnement à la scolarité les élèves qui en ont le plus besoin, le libre choix des familles et les conditions de fonctionnement du dispositif (horaires, lieux, capacités d’accueil) rendent aléatoire le ciblage du public, accentuant de ce fait de potentielles inégalités (voir infra 1.2.1).

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