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Qu’est-ce que l’Education nationale appelle fluence (épisode 2), Roland Goigoux dans Les Cahiers pédagogiques

18 février 2022

Qu’est-ce que l’Éducation nationale appelle fluence ? (épisode 2)
Entre rapidité et fluidité de lecture, automatisation du décodage ou expressivité, il y a fréquemment confusion. Après un premier épisode consacré à l’usage fait des résultats des évaluations nationales de CP et 6e, Roland Goigoux poursuit ici une série qui comptera quatre articles consacrés à la fluence en lecture.

La fluence, substantif féminin dérivé du latin fluentia (écoulement), évoque le mouvement d’un fluide. Au sens figuré, Paul Valéry a évoqué « la fluence des phrases » capable de « dénouer sans effort une situation[1] ».

Les psychologues anglophones ont introduit le terme fluency pour caractériser la fluidité d’une lecture à haute voix, une lecture « précise, assez rapide, réalisée sans effort et avec une prosodie adaptée[2] ». Leurs collègues francophones l’ont traduit par fluence pour le distinguer de ce que les enseignants avaient coutume d’appeler fluidité, l’une des qualités requises par la lecture « expressive » qui était l’objectif du cours moyen dès les instructions de 1923[3].

Le ministère de l’Éducation nationale conserve les deux termes fluence et fluidité, mais au prix d’une certaine confusion puisqu’il les utilise aussi comme synonymes d’automatisation du décodage des mots écrits[4]. Cela le conduit à parler de fluence pour décrire la vitesse et la précision du décodage de mots isolés et de mots inventés[5], ce qui est contre-intuitif pour les enseignants qui conçoivent plutôt la fluence comme « la capacité à lire correctement un texte continu, au rythme de la conversation et avec la prosodie appropriée[6] ». Pragmatiques, la plupart d’entre eux considèrent que la fluence est ce que mesure le test imposé par le ministère[7] : un nombre de mots lus correctement dans un temps imparti. [...]

Extrait de cahiers-pedagogiques.net du 15.02.22

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