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Enseignant, fonctionnaire et citoyen, un dossier de Carnets rouges, n° 22, mai 2021 (avec un article de Patrick Rayou sur les deux stratégies contre les inégalités éducatives)

2 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

Carnets rouges n°22 | Mai 2021 | Libertés et responsabilités pour une école démocratique

  • En tant que fonctionnaires, les personnels d’éducation et notamment les enseignants représentent l’État. Cela les oblige à se conformer aux instructions qui sont formulées par le pouvoir politique sans pour autant nier une liberté dans l’exercice de leur fonction et leur liberté de citoyens. Cette liberté exige par ailleurs des personnels d’éducation une responsabilité vis-à-vis de l’intérêt général

Au sommaire de ce numéro
L’Édito | Patrick Singéry

Le dossier
Enseignant, fonctionnaire et citoyen | Gérard Aschieri

Selon Condorcet ou Robespierre, quelles libertés accorder à l’école et aux enseignants ? | Jean-Pierre Véran

Le métier enseignant sous contraintes | Adrien Martinez

La souveraineté sur le travail | Nicolas Go

Libertés académiques en danger | Sylvie Bauer

Le programme n’est pas l’alpha et l’oméga du métier d’enseignant | Denis Paget

Les enjeux idéologiques des pro- grammes de maternelle | Christine Passerieux

Apprentissage de la lecture : les stratégies d’une reprise en main... | Paul Devin

Ouvrir l’enseignement des sciences aux pratiques de savoirs critiques ? | Christian Orange

Les SES et les valeurs républicaines | Jean-Yves Mas

L’instrumentalisation politique du roman national | Laurence De Cock

Petite histoire de l’enseignement des valeurs civiques et morales | Pierre Kahn

Entre normes scolaires et normes sociales. Compenser ou étayer ? | Patrick Rayou

La liberté pédagogique, plus que jamais ? | Jacques Crinon

L’entretien
Entretien avec Éric Gutkowski
Inspecteur de l’Éducation nationale, secrétaire général adjoint du SNPI-FSU

Notes de lectures
Apprendre à lire, une pratique culturelle en classe | Paul Devin et Christine Passerieux (dir)
Note de lecture proposée par Patrick Singéry

La moufle | Florence Desnouveaux, Céline Murcier et Cécile Hudrisier
Littérature jeunesse proposée par Christine Passerieux

La mouette et le goéland | Jeanne Boyer
Littérature jeunesse proposée par Christine Passerieux

Au secours Voilà le Loup ! | Cédric Ramadier et Vincent Bourgeau
Littérature jeunesse proposée par Christine Passerieux

Consultez et téléchargez ce numéro sur le site internet de la revue

 

P Rayou : Normes scolaires et normes sociales : Compenser ou étayer ?
Une des responsabilités de l’école démocratique est, outre le fait d’admettre en son sein tous les enfants, de leur permettre de réussir. Or si le phénomène de « massification » n’a cessé de se développer dans les dernières décennies, jusqu’à concerner, pour le second degré, la quasi-totalité d’une classe d’âge, les réussites y sont très différentes selon les milieux sociaux d’origine et les mêmes diplômes obtenus ne garantissent pas des trajectoires scolaires et sociales d’égale valeur.

L’idée s’impose assez vite que, plus connivents avec les normes scolaires, certains élèves et groupes d’élèves y jouent davantage « sur leur terrain » et n’y connaissent pas les conflits paralysants de ceux qui ne s’y sentent pas à leur place", écrit Patrick Rayou dans Carnets rouges n°22. "Les normes scolaires suscitent de fait deux types de conflits qu’il importe de ne pas confondre. Le premier résulte d’une manière de faire apprendre et d’apprendre qui n’est pas celle d’autres milieux de socialisation. Installer ce conflit, l’aider à se développer puis se résoudre fait partie de la mission centrale de l’école qui est de faciliter l’entrée dans la culture. Cet accès est plus difficile pour les enfants dont les normes de socialisation familiale sont les plus éloignées de celles que promeut l’institution scolaire. Le risque est grand d’un « effet Matthieu » qui consiste à y donner plus à ceux qui ont déjà plus. Il est aggravé par les évolutions curriculaires contemporaines qui rapprochent des normes de l’enseignement supérieur traditionnellement réservé aux élites sociales, éloignent de la culture de l’école primaire, « école du peuple »...
Pour éviter que ce conflit central n’en suscite un deuxième en transformant les inégalités sociales en inégalités scolaires et réciproquement, deux solutions sont généralement proposées. La première est de regarder les catégories sociales défavorisées comme privées de normes scolaires intangibles et, dans un souci de justice, de leur donner ce qui leur manquerait. De telles politiques de compensation ont montré leurs limites car elles érigent en idéal ce qui caractérise les classes qui maîtrisent l’école. La deuxième, plus complexe, mais vraisemblablement plus féconde, est de considérer que l’ « enculturation » est un rapport entre des êtres singuliers et la culture humaine déposée au long de l’histoire et que c’est dans cette tension qu’ils deviennent humains".

Dans Carnets rouges N°22

Carnets rouges

Extrait de cafepedagogique ;net du 01.06.21

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