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Les critères d’inscription en éducation prioritaire

juin 2006, par Lucienne Siuda Version imprimable de cet article Version imprimable

Les critères d’inscription en éducation prioritaire

 

Les élèves sont inscrits dans une école ou un établissement selon le seul critère géographique de lieu de résidence de la famille. Toutefois, depuis "l’assouplissement de la carte scolaire" en 2007, chaque famille peut demander une dérogation pour une inscription dans l’établissement secondaire de son choix.

 

Lors de la deuxième relance de l’éducation prioritaire, en 1998, la création de zones d’excellence, la mise en valeur des réussites, la mise en place des réseaux d’éducation prioritaire avaient pour objectif d’éviter la « ghettoïsation » de certains établissements.
En effet, il avait été mis en évidence que des familles développaient des stratégies d’évitement pour ne pas inscrire leurs enfants dans un établissement en ZEP. Agnès Van Zanten , chercheuse au CNRS-Fondation nationale des Sciences politiques, dénonce les effets pervers de ces stratégies :
« Les enquêtes montrent également qu’une partie tout au moins des établissements classés en zone d’éducation prioritaire font l’objet d’un évitement important de la part de familles (...). Or, au travers de leur défection, ces familles (...) appartenant à des catégories sociales plus favorisées que celles qui restent et dont les enfants rencontrent généralement moins de difficultés scolaires, renforcent les processus de concentration qui sont en grande partie à l’origine des problèmes rencontrés dans ces zones. Mais il faut également signaler les pratiques ségrégatives d’une fraction de celles qui restent et qui demandent des « classes protégées » pour leurs enfants que beaucoup de chefs d’établissement s’empressent de créer pour éviter qu’elles n’adoptent à leur tour des pratiques de fuite. »
Cet effet pervers n’est pas sans conséquences : comment peut-on rendre l’élève citoyen de la République en le confrontant à une ségrégation sociale aussi sévère ?
Par ailleurs, dans l’histoire de l’école, cette ségrégation n’est pas nouvelle : jusqu’à une période récente, les petits lycées, le lycée classique, les grandes écoles étaient réservées à une toute petite partie d’enfants issus de l’élite sociale. Tous les autres passaient par le cursus de l’école communale. L’école est progressivement sortie, entre les années 1920 et 1975 de ce système dual pour connaître une autre forme de ségrégation due à l’urbanisation hâtive de l’après-guerre et des Trente Glorieuses.

 

Documents

- Dans son rapport La mixité sociale à l’école et au collège, datant de mars 2002, Jean Hébrard, Inspecteur général de l’Éducation nationale, propose dans la dernière partie, de « continuer à réconcilier les familles et les enseignants avec les situations d’hétérogénéité sociale et scolaire » et en conclusion, il répertorie comment « se donner les moyens d’accepter plus de mixité sociale dans l’école : douze points pour redonner à l’école son rôle d’intégration ».
Le rapport est à l’adresse suivante :
http://www.education.gouv.fr/rappor...

- Quelques éléments de bibliographie pour une vision générale de l’histoire de l’École en France :
. Y. Galupeau, La France à l’école, Paris, Découvertes, Gallimard n° 147, 1992.
. Cl. Lelièvre et Ch. Nique, Bâtisseurs d’École. Histoire biographique de l’enseignement en France, Paris, Nathan pédagogie, coll. Repères pédagogiques, 1994.

 

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