Mixité sociale : le rectorat de Paris réforme la procédure Affelnet. Le cas des élèves de REP affectés en centre ville (Le Café, ToutEduc, Le Monde)

4 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

Paris réforme l’affectation des lycéens
L’académie de Paris retire son système d’affectation par secteur pour un système de points qui privilégie l’affectation la plus proche du domicile. Officiellement il s’agit de favoriser la mixité sociale et de donner plus de choix aux élèves. Ainsi les élèves ont d’abord un maximum de points (32 640) s’ils choisissent un lycée proche de chez eux. Mais ce qui compte ce sont les points qui font la différence. Ainsi 9600 dépendent du niveau scolaire qui est un facteur qui renforce la ségrégation sociale, contre 1200 au maximum pour l’indice de positionnement social. La bourse intervient pour 600 points. Il est très difficile d’évaluer les effets de cette réforme. Mourad Besbes, vice président de la Fcpe 75, reste prudent. "Il pourrait y avoir plus de chance pour les CPS défavorisés", dit-il. "Mais il va falloir voir exactement". Ce qui est certain c’est que si la réforme devait envoyer dans des lycées du centre des collégiens venus d’établissements Rep, il faudrait un accompagnement. Or cette année les moyens des lycées parisiens sont diminués avec uen baisse que la Fcpe 75 qualifie d’historique. Même si le système d’affectation améliore la mixité sociale, ce qui ne nous parait pas évident, les conditions du succès ne sont pas réunies.

Le nouveau système

Extrait de cafepedagogique.net du 04.03.21

 

Affelnet à Paris : l’académie publie le nouveau dispositif
L’académie de Paris publie le nouveau dispositif "Affelnet" pour l’affectation des élèves après la classe de 3ème, toutefois la "carte interactive" qui permet de "connaître les lycées d’affectation possible en fonction de (son) collège de secteur" ne fonctionne pas sur tous les navigateurs.

Pour prendre un exemple, les élèves du secteur du collège Georges Rouault (REP+) dans le XIXème (arrondissement nord-est de Paris) ont le choix en priorité entre les lycées Diderot et Bergson (situés dans le même arrondissement), Colbert dans le 10ème, Maurice Ravel et Hélène Boucher dans le 20ème. En secteur 2, ils peuvent demander une vingtaine d’autres établissements, dont Montaigne et Fénelon (situés dans le Nord, l’Est et le centre parisien), et en secteur 3, tous les établissements parisiens.

A chaque candidature est associé un nombre de points, dont, au maximum, 9 600 pour les résultats scolaires auxquels s’ajoutent un bonus de 600 points pour les boursiers et un "bonus de proximité" de 32 640 points pour une candidature en secteur 1, de 17 760 points en secteur 2 et de 16 800 points sinon. S’y ajoutent encore 1 200 points si le collège a un IPS (indice de positionnement social) inférieur à 106 (moyenne nationale) et de 600 points si cet indice est inférieur à la moyenne académique (124).

Selon les informations dont dispose ToutEduc, ce nouveau principe s’attire l’hostilité des parents du centre de Paris, qui n’ont accès qu’à un nombre limité de lycées (pour le collège Montaigne, dans le VIème, le secteur 1 comprend les lycées Montaigne, Lavoisier, Fénelon, Paul Bert et Camille Sée, mais pas Buffon ni Victor Duruy), mais plus encore celle des familles du Nord-Est parisien dont on voit avec l’exemple du collège Georges Rouault que le choix en secteur 1 est limité à des lycées du XIXème, du Xème et du XXème. Or, le bonus pour le secteur 1 est tel qu’ils estiment que leurs enfants n’ont pratiquement aucune chance d’obtenir une place dans un lycée du centre ville...

Ce dispositif est destiné à améliorer la mixité sociale, mais un lycée comme François Villon, dans le sud de Paris, qui est peu demandé et dont la plupart des élèves ont eu entre 8 et 10 de moyenne au collège en français et mathématiques, verra-t-il sa situation changer parce que sa concurrence sera réduite à 4 autres lycées ? Les mêmes mécanismes de sélection ne seront-ils pas à l’oeuvre, à une échelle plus réduite ?

Le site de l’académie de Paris ici

Extrait de touteduc.fr du 03.03.21

 

Mixité sociale : petite révolution à Paris dans l’affectation en lycée
La réforme de la procédure Affelnet, dont le rectorat présente le détail ce mercredi, veut en finir avec les établissements « de niveau » et favoriser la mixité. Sans convaincre tous les parents.

En dévoilant, mercredi 3 mars, le détail de la refonte d’Affelnet, la procédure d’« affectation des élèves par le Net », qui concerne, chaque année, entre 12 000 et 14 000 adolescents faisant le « saut » du collège au lycée, l’académie de la capitale sait qu’elle entre dans une zone de turbulences.

Fini la sectorisation selon quatre districts (nord, sud, est et ouest) : ce sont autant de secteurs d’affectation que de collèges – et Paris en compte 116, rien que dans le public – qui vont se dessiner. Une petite révolution à l’entrée au lycée.

Début mai, chaque élève de 3e aura à formuler des vœux parmi cinq lycées situés à 25 minutes maximum de son collège de secteur ; candidater dans ce « secteur 1 », selon la terminologie académique retenue, rapportera 32 640 des 43 440 points inscrits au barème de l’Affelnet nouvelle formule. Le nombre se veut incitatif, sans être contraignant, défend-on au rectorat de Paris : l’élève pourra aussi candidater au sein d’un « secteur 2 » regroupant jusqu’à vingt lycées situés à moins de 40 minutes de trajet, voire dans tout Paris (le « secteur 3 »), mais il devra alors se contenter, respectivement, de 17 760 points et de 16 800 points.

Lire aussi « Tout sauf mon collège de secteur » : les stratégies d’évitement de la carte scolaire

Ce zonage « par cercles concentriques » n’a pas encore été rendu public : une carte interactive précisant, pour chaque collège, les lycées d’affectation devait être mise en ligne par l’académie, mercredi après-midi. Mais le rectorat nous a livré quelques exemples de secteurs : le collège Colette-Besson, dans le 20e – un arrondissement de l’ancien district est, le plus grand et le plus peuplé, qui cumulait les difficultés d’affectation –, sera lié aux lycées Voltaire, Victor-Hugo, Henri-Bergson, Charlemagne et Hélène-Boucher.

Le collège François-Couperin, dans le 4e, s’apprête à être mis en réseau avec les lycées Voltaire, Victor-Hugo, Sophie-Germain, Simone-Weil et Charlemagne. Le collège François-Villon, l’un des plus évités de Paris, dans le 14e arrondissement, fonctionnera avec le lycée du même nom (celui de la cité scolaire François-Villon), mais aussi avec Paul-Bert, Louis-Armand, Buffon et Victor-Duruy.

Notes maximales
Ces listes mêlant les réputations ne doivent rien au hasard. « On a sélectionné pour chaque collège au moins deux lycées très attractifs, un ou deux intermédiaires dans la hiérarchie mentale des familles, et un ou deux, moins attractifs, explique Claire Mazeron, directrice académique des services de l’éducation nationale. On a aussi veillé à ce que tous les enseignements de spécialité soient représentés. » Avec deux objectifs affichés : « Favoriser la proximité géographique sans créer d’effet ghetto, défend l’ancienne vice-présidente du syndicat Snalc, et renforcer la mixité sociale et scolaire pour en finir avec les lycées “de niveau”. »

[...] Etabli pour chque établissement en fonction de la sociologie des familles (la profession déclarée des parents), [l’indice de position sociale] doit bénéficier selon deux tranches (de 600 à 1 200 points) aux élèves de 80 collèges de la capitale, en lieu et place du bonus "éducation prioritaire", qui ne bénéficiait qu’à 26 établissements.

Extrait de lemonde.fr du 03.03.21

 

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