> PÉDAGOGIE(S), DISCIPLINES, ACTIONS LOCALES > PEDAGOGIES (LES) > Pédag. différenciée / individualisée > La différenciation est-elle vraiment efficace pour aider nos élèves à (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

La différenciation est-elle vraiment efficace pour aider nos élèves à apprendre ? (site Etreprof, janvier 2020)

19 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

La différenciation est-elle vraiment efficace pour aider nos élèves à apprendre ?
Théorie. Site Etreprof

« Désolée de vous le dire là, maintenant, comme ça, mais c’est impossible de différencier pour tous les élèves, partout, tout le temps. À moins d’y laisser votre peau et votre santé mentale. »

Maintenant qu’on a dit ça, qu’est-ce qu’on fait ?
Déjà, on se détend. Ce qui nous est présenté comme un objectif commun (parfois vécu comme une injonction), à savoir « Tu ne laisseras personne sur le bord de la route », semble jeter la lumière sur notre incompétence et nous ronge de culpabilité. Et bien figurez-vous que rien n’a encore prouvé que différencier soit si utile aux élèves. Juré.

Bien sûr, ça partait d’une bonne idée. Qui peut vraiment être contre l’idée initiale de Philippe Perrenoud qui écrivait que « différencier, c’est rompre avec la pédagogie frontale, la même leçon, les mêmes exercices pour tous ; c’est surtout mettre en place une organisation du travail et des dispositifs qui placent régulièrement chacun, chacune dans une situation optimale » ? On est plutôt tous d’accord avec cette idée. Le problème, c’est la pratique.

La différenciation fige les inégalités et on ne s’en rend pas compte
Deux sociologues se sont particulièrement intéressés à la question. Rochex et Crinonsont allés dans les classes de CP et de CM2 pour suivre les enseignants et les élèves tout au long de l’année scolaire. Ils se sont rendu compte que les enseignants qui pratiquaient une « différenciation active » (en adaptant le contenu des tâches en fonction du niveau de l’élève) finissaient par figer et creuser les inégalités de départ. En effet, les élèves identifiés comme les plus faibles étaient fréquemment confrontés à des énoncés plus simples, à un vocabulaire moins riche, à des activités moins complexes que les élèves identifiés comme plus forts. Au terme de l’année, ils avaient donc moins progressé car ils avaient été moins souvent dans une situation de défi intellectuel. À l’insu des enseignants et des élèves eux-mêmes, les exigences avaient été nivelées par le bas. Ce qui est inévitable lorsque l’on recherche, en différenciant, à accrocher l’élève. Nécessairement, nous aurons tendance à multiplier les courtes tâches, simples, qui mettent les élèves en réussite et les remotivent. (Source : La construction des inégalités scolaires. Au cœur des dispositifs d’enseignement, Rochex et Crinon)

Extrait de etreprof.fr du 31.01.20

 

Les guides pratiques
Des marches à suivre étape par étape
Les guides pratiques pour s’outiller
Le guide pratique est le parfait GPS pour aborder chaque thématique avec la juste prise de hauteur et faire nos propres choix pédagogiques. Une dizaine de fiches pratiques et un éclairage théorique pour aller droit à l’essentiel.

Extrait de etreprof.fr

Voir aussi :

Première rentrée en REP : peurs et clichés revus et corrigés. Ou pas... Témoignage (site Etre prof, juillet 2018)

Répondre à cet article