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Note d’analyse et de propositions du CSP sur le programme d’enseignement de l’école maternelle (le Café, ToutEduc). L’analyse de Pascale Garnier (Sorbonne Paris Nord)

10 décembre 2020 Version imprimable de cet article Version imprimable

Note d’analyse et de propositions du CSP sur le programme d’enseignement de l’école maternelle

Le 1er septembre 2020, le ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports a adressé à la Présidente du Conseil supérieur des programmes (CSP) une lettre de mission fixant au Conseil son programme de travail pour l’année 2020-2021. Parmi les réflexions et les travaux à mettre en œuvre, le ministre a souhaité que le Conseil se consacre à l’école maternelle.

En effet, la loi pour l’École de la confiance du 28 juillet 2019 fixe une obligation d’instruction à partir de trois ans et révise ainsi le temps de la scolarité obligatoire. Dès lors, comme il le précise dans sa lettre de mission, le ministre souhaite que le CSP confronte « l’esprit des évolutions apportées par la loi [pour l’École de la confiance] et le programme [de maternelle] actuellement en vigueur […] » et qu’il lui soumette « des pistes d’aménagement de ce programme ».

Afin de répondre à cette demande et pour éclairer ses réflexions, le CSP a consulté et auditionné plusieurs personnalités : des inspecteurs généraux, des responsables pédagogiques à la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) du ministère, des professeurs et des chercheurs. Les travaux engagés ont abouti à l’élaboration d’une note intitulée « Note d’analyse et de propositions sur le programme d’enseignement de l’école maternelle ».

Organisée en cinq parties, cette note présente l’analyse que fait le CSP des grands enjeux de l’école maternelle : l’instruction obligatoire dès l’âge de 3 ans, la prise en compte des spécificités de l’école maternelle dans la formation des professeurs des écoles, le jeu, le langage, les nombres, ou encore l’introduction à quelques aspects des sciences. Elle formule également des propositions et des recommandations pour aménager et compléter le programme en vigueur et pour clarifier et enrichir les attendus des enfants en fin d’école maternelle.

Comme le Conseil le rappelle dans la présentation de la note « [l]es trois années de scolarité préélémentaire doivent assurer à tous les enfants des acquisitions qui leur seront nécessaires pour aborder avec confiance le cours préparatoire. […] Sans pour autant être l’antichambre de l’école élémentaire, l’école maternelle doit permettre à tous les enfants d’accéder sans difficulté préalable aux apprentissages fondamentaux ». C’est dans le respect de ces objectifs que le CSP a élaboré sa note.

Consultez la note d’analyse et de propositions sur le programme d’enseignement de l’école maternelle

Consultez la lettre de mission relative au programme de travail 2020-2021 du Conseil supérieur des programmes du 1er septembre 2020

Extrait de education.gouv.fr de décembre 2020

 

Une note du CSP annonce un nouveau programme de maternelle
Epargnée jusque là, l’école maternelle va elle aussi être profondément modifiée par JM Blanquer. Arguant de la scolarisation obligatoire dès 3 ans, le Conseil supérieur des programmes (CSP) définit un recadrage important du programme de maternelle. La nouvelle école maternelle sera celle des fondamentaux, des évaluations nationales (de le PS à la GS), des listes de vocabulaire et surtout de la préparation de l’évaluation de CP. Car l’école maternelle sera axée sur la préparation à l’entrée en CP. Alors que les programmes existants donnent toute satisfaction, le ministre fait plus qu’amener un nouveau programme. Il construit une véritable rupture dans la culture professionnelle des enseignants de maternelle.

Un angle nouveau

"L’instruction obligatoire dès 3 ans, en fixant un cadre commun, offre à tous les enfants les mêmes chances de réussir leur scolarité", affirme sans rire la Note du CSP. L’école maternelle est non seulement l’école de l’épanouissement, mais aussi l’école du langage. C’est pourquoi elle contribue grandement à lever le premier obstacle qui peut se présenter à certains enfants, celui d’une familiarité insuffisante avec la langue française. Or une certaine aisance dans le maniement du français, outre qu’elle conforte le sentiment d’appartenance du jeune enfant à la communauté nationale, lui est nécessaire pour qu’il soit en mesure d’apprendre convenablement à lire, à écrire et à compter à l’école élémentaire... Le 2 octobre 2020, un pas supplémentaire et décisif a été accompli pour conforter la place de l’école maternelle dans le système éducatif français : à la rentrée scolaire 2021, c’est l’école, et non pas seulement l’instruction, qui sera obligatoire à 3 ans pour tous les enfants".

C’est par ce contexte que le CSP justifie ses "propositions" pour le programme de maternelle. Tout au long de la Note le CSP explique qu’il apporte des améliorations au programme de 2015. Il faut dire que ceux-ci ont été très bien accueillis par les enseignants. Mais, avec cette Note, les références idéologiques du programme de maternelle changent et par suite les objectifs et les pratiques. Il ne s’agit pas d’un "nettoyage" du programme de 2015 mais bien d’une réécriture.

Le CSP n’e fait pas vraiment mystère quand il parle d’un "angle nouveau". "En 2014 et en 2015, l’élaboration de ce programme était guidée par une vision générale de l’enfant mettant l’accent sur son développement comportemental et psycho-cognitif. La loi rendant obligatoire l’instruction dès l’âge de 3 ans invite à reconsidérer ses priorités et ses finalités, et à veiller à la construction progressive, mais effective des apprentissages... Les trois années de scolarité préélémentaire doivent assurer à tous les enfants des acquisitions qui leur seront nécessaires pour aborder avec confiance le cours préparatoire. Sans pour autant être l’antichambre de l’école élémentaire, l’école maternelle doit permettre à tous les enfants d’accéder sans difficulté préalable aux apprentissages fondamentaux"

Etablir les fondamentaux

Le premier objectif de la maternelle devient "permettre une entrée en CP réussie". " L’école maternelle acquiert un nouveau statut : elle devient une école à part entière, un lieu qui constitue le premier jalon de la scolarité. Il lui revient d’établir les fondements, éducatifs et pédagogiques, qui permettront aux enfants de bénéficier des meilleures conditions pour aborder, dès le cours préparatoire, l’apprentissage des savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter et respecter autrui". Il est précisé d’ailleurs que les enseignants devront "se conformer à des protocoles précis" pour enseigner en maternelle.

On ne trouvera donc dans la Note de définition du nouveau programme que pour le français, les maths et les sciences. Tout le reste disparait. L’école maternelle se recentre sur les fondamentaux.

Fabriquer des français
L’accent est mis sur le langage, ce qui n’est pas une nouveauté à l’école maternelle. Mais l’approche est toute autre. " Si le programme en vigueur affirme bien « la place primordiale du langage comme condition essentielle de la réussite de toutes et de tous », il ne met pas suffisamment l’accent sur la « langue », orale et écrite, comme premier moyen d’entrer dans les apprentissages et comme condition de la réussite scolaire".

Voilà la nouvelle présentation de l’apprentissage de la langue : " Le langage désigne une faculté d’expression et de communication qui recouvre diverses formes, mais aussi un immense défi de conceptualisation et d’énonciation que l’Homme a relevé. Ainsi, pour l’être humain, le langage remplit une fonction essentielle intimement liée au fait qu’il soit doué de pensée. C’est dans une langue déterminée que le langage réalise sa fonction proprement humaine... Cette langue est d’abord celle de son milieu familial, sa langue maternelle. À l’école maternelle, l’enfant apprend la langue française qui est la langue de la Nation, creuset commun qui lui est ouvert dès l’âge de 3 ans. Cette langue, facteur de cohésion nationale et de rayonnement culturel, constitue le socle de son identité en France et dans le monde". Car l’école maternelle a pour mission de fabriquer des Français.

Des évaluations en PS et GS
La Note explique longuement à quel point les programmes de 2015 se sont trompés. Elle invite à suivre deux maitres : S Dehaene, présenté comme référence unique pour la lecture, et A Bentolila. Selon la Note il y aurait soit la méthode Dehaene soit la méthode globale, celle-ci étant très mauvaise, comme si elle existait encore à l’école.

Le nouveau programme organisera un apprentissage explicite et ordonné de la langue avec un enseignement "explicite et structuré du vocabulaire adossé à des travaux de classification , de mémorisation". Cela conduit le CSP a annoncer deux évaluations de tous les enfants une en petite section (PS) à 3 ans et une autre en grande section (GS) à 5 ans. Cette dernière vérifiera "l’acquisition à la fin de la GS". Sinon l’enfant redouble ?

L’étude des nombres suit les mêmes choix. Le premier guide est les évaluations de CP : l’école maternelle doit y préparer. Les références changent : S Dehaene est toujours là mais s’y ajoute C Villani et C Torossian. Et rien d’autre.

Cette Note , qui donne des listes des "attendus des enfants en fin de maternelle", en français , maths et sciences, opère une rupture par rapport au programme de 2015. Le nouveau programme réduit l’école maternelle à l’antichambre de l’école élémentaire avec un enseignement limité au lire, écrire, compter. En ce sens c’est aussi une rupture avec toute l’histoire de l’école maternelle qui devrait s’opérer cette année.
François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 10.12.20

 

Ecole maternelle : un programme "aménagé et complété" par le Conseil supérieur des programmes

A la demande de Jean-Michel Blanquer, et dans le cadre de l’abaissement à 3 ans de l’obligation d’instruction, le Conseil supérieur des programmes publie une "Note d’analyse et de propositions sur le programme d’enseignement de l’école maternelle". Le CSP prend des précautions, il ne propose pas de réécrire le programme de 2015 (auquel les enseignant.e.s sont très attaché.e.s, ndlr) et il affirme que l’école maternelle n’est pas "l’antichambre de l’école élémentaire", d’autant que les enfants de 3 à 6 ans peuvent accomplir "en trois mois", "des progrès impressionnants qui ne dépendent pas toujours des stimulations que lui apportent les adultes" et que, "à cet âge, la relation affective prime sur la relation pédagogique". D’ailleurs, selon le programme en vigueur "sa principale mission est de donner envie aux enfants d’aller à l’école pour apprendre".

Le CSP ajoute toutefois aussitôt que cette école "doit permettre à tous les enfants d’accéder sans difficulté préalable aux apprentissages fondamentaux", il précise que "le jeu est au service des apprentissages", il insiste à plusieurs reprises sur la nécessité que les apprentissages soient menés "de manière systématique et structurée", ce à quoi n’invite pas "le programme en vigueur" et il invite les enseignant.e.s à "tenir compte des exercices proposés lors des évaluations nationales de début de CP". Il ajoute : "S’il faut absolument éviter de préparer les jeunes enfants aux exercices qui leur seront proposés en CP, il n’en demeure pas moins que ces exercices, conçus avec beaucoup de soin (par le Conseil scientifique de l’Education nationale, ndlr) (...), peuvent faire office de guide et dessiner l’esprit dans lequel le travail avec les enfants de maternelle peut être mené" en mathématiques (comme dans dans d’autres domaines, ndlr).

La note d’analyse évoque en effet, à propos de la lecture, les travaux de Stanislas Dehaene qui a montré, à propos de l’apprentissage de la lecture qu’ "il suit un processus analogue à celui qui permet au nourrisson de reconnaître les visages de ses proches" ce qui "permet de comprendre l’inefficacité par ailleurs constatée de la méthode dite ’globale’ d’apprentissage de la lecture. Le cerveau de l’enfant, quand il procède à une reconnaissance, travaille sur des segments, et au premier chef sur les lettres : l’école maternelle doit donc préparer à l’exercice de cette aptitude qui se déploiera pleinement au cours préparatoire en construisant la ’conscience segmentale’ des petits enfants", les adultes les amenant à prendre conscience de leurs apprentissages.

Le CSP évoque aussi le contexte : "L’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire de 6 à 3 ans ne change pas grand-chose pour l’écrasante majorité" des enfants puisque aujourd’hui, 97 % des enfants de trois ans vont à l’école maternelle mais seulement 67 % en Seine-Saint-Denis (une information inédite, ndlr) et 70 % Outre-mer. Cette réforme "invite à envisager sous un angle nouveau les apprentissages et les acquis des enfants, et à sensibiliser les parents à l’obligation d’assiduité de leur enfant. Le taux très élevé de scolarisation à 3 ans cache, en effet, une assiduité souvent irrégulière durant la semaine et même durant la journée, notamment des plus jeunes enfants."

La note insiste aussi sur la formation des professeurs des écoles qui devrait faire "une place de choix aux stades de développement de l’enfant, à sa protection, à ses droits et à sa santé ainsi qu’à des démarches pédagogiques adaptées pour renforcer ses capacités d’expression et de communication verbales, et pour l’introduire aux objets mathématiques". Elle considère de plus que certaines conditions doivent satisfaites en termes d’effectifs et de locaux. Elle propose que le même enseignant suive les enfants de petite section jusqu’en grande section. Elle plaide pour que soit portée "une attention particulière aux modalités de coopération entre les enseignants et les ATSEM" dont la formation devrait être renforcée.

Et le CSP prévoit un certain nombre de points sur lesquels le programme peut donc être aménagé, notamment en ce qui concerne "la compréhension du principe alphabétique", le vocabulaire, "les structures grammaticales élémentaires", la notion de nombre... Il considère, à propos du nombre, que "la progression à mettre en place est peu visible dans le programme en vigueur", mais la proposition du CSP "d’expliciter les objectifs à atteindre en proposant des repères souples dans un parcours d’apprentissage sur l’ensemble du cycle" vaut pour tous les domaines.

Extrait de touteduc.fr du 09.12.20

 

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