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Avec la mise en place de 40 nouvelles cités éducatives, le gouvernement accélère le démantèlement de l’éducation prioritaire (communiqué Snes)

8 décembre 2020 Version imprimable de cet article Version imprimable

Les cités éducatives prennent de l’ampleur
Avec la mise en place de 40 nouvelles cités éducatives, le gouvernement accélère le démantèlement de l’éducation prioritaire.

Le projet de loi de finance 2021 a acté la création des 40 nouvelles cités éducatives annoncées depuis septembre. Le 18 novembre ont été publiées les instructions concernant leur « labellisation ». Pour rappel, 80 cités existent déjà.

Comment seront choisies les nouvelles cités éducatives de la rentrée 2021 ?
Les collectivités locales concernées par des Quartiers politique de la ville (QPV) sont invitées à candidater. Les IA-DASEN (Inspecteurs d’académie-directeur académique des services de l’éducation nationale) doivent dresser pour le 16 décembre 2020, en lien avec les préfets, une liste de sites sélectionnés. Pour être retenue, une candidate au label cité éducative doit présenter deux collèges REP+, ou un REP+ et deux REP. Les projets éducatifs envisagés seront aussi des critères déterminants.

Le processus de labellisation s’achèvera en juin 2021 avec la signature d’une « convention triennale d’objectifs et de moyens » entre l’État, la commune et les différents partenaires pour 3 ans, définissant les modalités de financement.

Devenir de l’Éducation prioritaire, cités éducatives et expérimentation de contractualisation
Le développement des Cités éducative s’accompagne d’une expérimentation de contractualisation triennale des moyens lancée dans les académies de Lille, Nantes et Marseille pour la rentrée 2021. Lors de son audition au Sénat le 2 décembre, N. Elimas, secrétaire D’État chargée de l’éducation prioritaire, a confirmé les grandes lignes du projet ministériel de remplacement du label REP à la rentrée 2022 par une allocation progressive des moyens, gérée au niveau académique. Si cette contractualisation des moyens se généralisait, ils seraient octroyés sur la base de projets et non sur les difficultés sociales des élèves accueillis. Les REP+ seraient maintenus mais pour la plupart dans le cadre des cités éducatives.

L’éducation prioritaire en péril
Le ministère vise une destruction systémique de l’éducation prioritaire, assortie dans le cadre des cités éducatives d’un risque de déréglementation du fonctionnement des collèges et des statuts des personnels.

Les cités éducatives s’inscrivent dans l’idéologie néolibérale des « territoires apprenants » qui décrètent que l’on peut apprendre et se former partout ailleurs qu’à l’école, ce qui participe à diluer l’importance d’un service public d’éducation de qualité. Les collectivités territoriales et les services de l’État (préfecture et rectorat) devraient les copiloter. « Une stratégie éducative ambitieuse et innovante » devrait être mise en œuvre avec une place de plus en plus importante du périscolaire et des collectivités au détriment de l’éducation nationale. Une « gouvernance » s’imposerait aux conseils d’école et conseils d’administration des collèges, minorant la place des personnels, et promouvant les associations de parents et des acteurs « partageant les valeurs républicaines », avec à sa tête le trinôme principal de collège – délégué du préfet – chef de service de la collectivité. Les moyens supplémentaires annoncés, de l’ordre de 17 millions par an pour ces 40 nouvelles cités éducatives, seront octroyés en fonction de la mise en place de cette « stratégie ».

Se mobiliser pour relancer une politique ambitieuse de l’éducation prioritaire
Malgré les difficultés posées par la crise sanitaire, des sections de la FSU, avec le SNES, organisent actuellement des états-généraux de l’éducation prioritaire dans les départements, parfois en visioconférence. L’objectif est de donner la parole à l’ensemble des acteurs de terrain pour construire des propositions pour une école qui participe à la réduction des inégalités et à la réussite de tous. La date du 28 janvier sera celle des états-généraux de l’éducation prioritaire au niveau national.

A l’inverse du projet ministériel, le SNES avec la FSU demande que soit déployée une politique d’éducation prioritaire plus ambitieuse et que la carte actuelle soit élargie, en toute transparence, aux établissements donc les critères sociaux et scolaires en relèvent aujourd’hui, dont les lycées qui étaient classés avant 2014.

Extrait de snes.educ du 06.12.20

 

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