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La communauté éducative face à la radicalisation des jeunes : "un confusionnisme" des idées (The Conversation)

30 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

La communauté éducative face à la radicalisation des jeunes
David Puaud
Anthropologue, IRTS Poitou-Charentes

[...] Ces actes terroristes ont fait ressurgir dans le débat public ce que je qualifierais d’« atmosphère radicale », caractérisée par une ambiance confusionniste entremêlée d’une pelote d’opinions sur des sujets aussi divers que la laïcité, le terrorisme, le sentiment d’insécurité, la violence endémique, l’immigration, la liberté d’expression…

Difficile dans ce contexte d’agir et de réagir en tant que travailleur social et/ou enseignant. Des pistes existent néanmoins.

[...] Un confusionnisme des idées
Il n’existe pas de nouvelles « bonnes pratiques » ni de programmes spécifiques pour prévenir la bascule de sujets en voie de radicalisation, mais cahin-caha, les animateurs ou autres enseignants et éducateurs contribuent à prévenir ce phénomène en diffusant des stratégies de civilité autrement dit de déjouer les ressorts à la violence et à l’extrémisme.

Or travailler en amont auprès des jeunes, y compris les « hésitants », devient de plus en plus rude dans un atmosphère où se renforce chaque jour un confusionnisme des idées à coup de qualifications aux effets ricochets indéniables (racailles, voyous, sauvageons…) et des mesures politiques catastrophiques (suppression de la politique de proximité en 2003, loi sur la prévention de la délinquance de 2007…) corrélées à des opiniologies médiatiques décomplexées.

En ce sens la radicalisation du débat public renforce un sentiment d’insécurité ainsi que le déploiement de « dispositifs » sécuritaires d’exception devenus pérennes.

Mais au-delà de ce climat morose, il reste des raisons d’espérer. Car à la question « Que faire ? », on peut oser une réponse : chercher, esquisser, faire sens.

L’histoire nous apprend que c’est dans les périodes de crises qu’émergent des expériences novatrices, des opportunités de changement comme le disait Friedrich Holderlin : « Là où croit le péril… croit aussi ce qui sauve. »

Extrait de theconversation.com du 29.10.20

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