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Philippe Watrelot : L’école d’après sera ce que nous en ferons... Penser le changement plutôt que changer le pansement

6 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

« L’école d’après sera ce que nous en ferons »
TRIBUNE
Philippe Watrelot

Professeur de sciences économiques et sociales, formateur, militant pédagogique, ancien président du Conseil National de l’innovation pour la réussite éducative.

Le professeur de sciences économiques et sociales, et militant pédagogique, Philippe Watrelot, espère que la période de confinement permettra « une redéfinition et une réévaluation de la place du métier d’enseignant dans la société ».

[...] Enfin et surtout la crise est aussi un révélateur et un amplificateur des inégalités sociales. L’éloignement physique a renforcé la distance sociale de certains élèves à l’égard des normes et des attentes du travail scolaire. Ce n’est pas, loin de là, une simple question de distribution de matériel qui résoudra cette question. Car ces inégalités ne sont pas nouvelles. Cela fait longtemps que les enquêtes, les sociologues, les mouvements pédagogiques montrent que le système éducatif français est celui « du grand écart » et qu’il laisse de côté les vaincus de l’école.

Si l’on veut que la question des inégalités n’ait pas été qu’un simple alibi pour la réouverture des écoles, alors il faudra engager une véritable réflexion pédagogique pour construire une école plus juste et plus efficace. On ne pourra enseigner dans l’école d’après avec la pédagogie d’hier… « entre augmentation des inégalités éducatives et transformation pédagogique »

L’image de l’école et des enseignants peut sortir grandie de cette crise. Ne serait-ce que par la prise de conscience de l’expertise que constitue l’acte d’apprendre et de l’importance du rôle des enseignants dans les services publics. On peut espérer qu’il en ressorte une redéfinition et une réévaluation de la place de ce métier dans la société. Je ne suis pas prophète et je me garderais bien de dire ce que sera ou devrait être l’école de demain. Mais on peut cependant affirmer que « l’école d’après » devra se poser ces quelques questions (et bien d’autres) si elle veut faire de cette crise l’occasion d’une réelle mutation.

« Penser le changement plutôt que changer le pansement »…

Extrait de lemonde.fr du 05.05.20

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