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L’efficacité des politiques publiques (éducatives) mises en œuvre à Roubaix (rapport d’inspections générales dans et hors EN) (ToutEduc)

12 novembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Roubaix : tableau de la difficulté scolaire sur un territoire (inspections générales)

Avant la publication du rapport "Mathiot - Azéma" sur "Mission territoires et réussite", le ministère publie un rapport très détaillé (242 pages) sur "l’efficacité des politiques publiques mises en oeuvre à Roubaix", signé des inspections générales de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur, de l’agriculture et de l’IGAS (affaires sociales). Certains des constats relatifs à la situation scolaire sont riches d’enseignements, et certainement transposables à d’autres territoires. En voici une sélection.

La ville compte 67 écoles primaires, dont 49 écoles publiques et 43 en REP+, 12 collèges dont 7 publics et 6 en REP+, 7 lycées, 6 lycées professionnels et 21 centres de formation pour apprentis (CFA).

Maternelle. "La population roubaisienne manifeste certaines formes de réticence à la scolarisation : si l’on excepte les classes passerelles, dispositif de soutien adapté et généralement apprécié, la scolarisation des plus jeunes (2 ans, ndlr) n’a pas véritablement rencontré de demande ; des actions doivent donc être engagées auprès des familles au moment où la scolarité devient obligatoire à partir de trois ans." La mission recommande de "développer des actions d’accompagnement à la parentalité".

Visite médicale. Le taux d’élèves ayant bénéficié de la visite médicale de la sixième année "est passé de 31% en 2016 à 72 % à la rentrée 2018 (...). Ces consultations ont révélé des problèmes (d’audition notamment), directement préjudiciables à la scolarité et, fréquemment, une mauvaise alimentation."

Dédoublements. Le classement en éducation prioritaire renforcée s’est traduit par 140 postes supplémentaires pour les écoles primaires publiques en 2019, dont 92 postes pour les dédoublements des classes de CP et de CE1.

"Dans les écoles de REP+ de Roubaix, 36,7 % des élèves connaissent de (grandes, ndlr) difficultés en français et 37,5 % en mathématiques, à l’entrée au cours préparatoire. L’année suivante, la proportion est la même pour le français, mais elle augmente pour les mathématiques (49 %). L’année de CP n’a donc pas permis d’atteindre les objectifs fixés. On constate le même phénomène au niveau national en REP+, le taux d’élèves fragiles étant même supérieur à celui de Roubaix, en français comme en mathématiques, en CP comme en CE1."

Elèves allophones. "En quatre ans, entre 2013 et 2017, le nombre d’élèves allophones bénéficiant d’une prise en charge spécifique est passé, à Roubaix, de 326 à 539 (...). Dans le premier degré (...), il arrive que les directeurs découvrent l’arrivée de ces élèves et de leurs familles lorsque ceux-ci se présentent, sans même qu’ils en aient été avertis au préalable par les services municipaux qui délivrent le certificat d’inscription. Ils doivent alors sur-le-champ organiser l’accueil de l’élève dans une des classes, en fonction de son âge."

Privé. L’enseignement privé sous contrat "est historiquement très implanté à Roubaix" et accueille "28% des élèves dans le premier degré, 50% des élèves de collège, 46% des élèves de LGT et 42% des élèves de LP". Il "accueille une population scolaire moins défavorisée que l’enseignement public (...). Les situations peuvent être très contrastées selon les établissements : avec à un extrême, le collège Sainte-Marie, dans le quartier de l’Alma, qui présente un IPS (indice de position sociale) de 62 tout à fait comparable à celui d’un collège REP+, et, à l’autre extrême, le collège Jeanne d’Arc, situé dans le quartier du parc Barbieux qui affiche un IPS de 144, très nettement supérieur à celui du collège Baudelaire (IPS de 87 pour ce collège hors EP).

"La mission a été surprise de constater les relations quasi inexistantes entre les responsables des établissements des deux réseaux, public et privé. Il n’y a pas de réunions communes qui soient organisées par le rectorat ou la DSDEN pour leur permettre de se rencontrer et de se connaître, à quelque échelon que ce soit, pas même à l’échelon local."

"Devoirs faits". "Il est difficile d’évaluer quantitativement les effets de ’devoirs faits’ dans les collèges REP+ de Roubaix. On constate une baisse des devoirs non rendus et moins de zéros pour travail non fait, ce qui fait remonter les moyennes. La corrélation aux résultats scolaires n’est toutefois pas, à ce stade, significative." La mission recommande pourtant d’ "inscrire ’Devoirs faits’ à l’emploi du temps de tous les élèves de sixième et de cinquième" pour que tous en bénéficient.

Orientation. La mission recommande de "développer le partenariat avec la Région pour permettre la mise en place dans les établissements de Roubaix des actions d’information sur les métiers et les formations dans le cadre des heures dévolues à l’accompagnement à l’orientation en faveur des élèves de quatrième, de troisième et de seconde".

Absentéisme. "Les établissements scolaires roubaisiens, à tous les degrés d’enseignement, sont confrontés à un absentéisme endémique. Globalement, le ratio d’élèves signalés à l’IA-DASEN (...) est le double à Roubaix de ce qu’il est dans le département du Nord."

Décrochage. "Roubaix se distingue nettement des autres communes du bassin s’agissant du décrochage des plus de 16 ans (...). Une des causes majeures d’échec scolaire et de décrochage est, pour un élève, de ne pas comprendre à quoi tendent les apprentissages qu’on lui demande de suivre. Un rapport de l’IGEN, en 2013, préconisait d’introduire expressément le décrochage dans le travail du conseil pédagogique. Les enseignants doivent pouvoir réfléchir ensemble aux facteurs de décrochage propres à l’école."

Instruction à domicile. "Le nombre de déclarations d’instruction à domicile a nettement augmenté en 2018-2019 (...). La majorité des situations concerne des familles de culture musulmane, qui invoquent la plupart du temps le manque d’autorité et le laxisme de l’école, les mauvaises fréquentations, les risques encourus par leur enfant en termes de violence. Les inspecteurs, qui effectuent les visites à domicile, relèvent que si les familles concernées n’avancent jamais de motifs religieux, elles affichent les signes d’une pratique rigoriste de l’islam."

Violences scolaires. "Il n’y pas de problème spécifique de violence dans les établissements de Roubaix" mais "le nombre de faits signalés est en augmentation sur les trois dernières années, en particulier dans le premier degré. Alors qu’en 2017-2018, aucune violence physique n’était signalée dans le premier degré, on en compte déjà dix au mois d’avril 2019 (...), le nombre de signalements de violences verbales dans le premier degré passe en trois ans de deux à onze (....). Le fait que des collèges en REP+ puissent être conduits à exclure de 20 à 30 élèves par an, soit l’équivalent d’une classe, doit amener une prise en charge de ce problème à l’échelon académique". La mission recommande de "favoriser, en lien avec les partenaires locaux, une réponse graduée aux manquements des élèves, en recourant à tout l’éventail des mesures existantes et non à la seule exclusion définitive".

A noter encore parmi les recommandations de la mission :

"Le dialogue entre les élèves et les familles, d’une part, et les équipes pédagogiques et éducatives, d’autre part, doit absolument être renforcé, avec, au besoin, le concours de partenaires afin de réduire cette rupture qui engendre un taux important d’échec scolaire et de décrochage"

"Le pilotage académique de l‘éducation prioritaire gagnerait à être renforcé de manière à mieux mobiliser l’ensemble des corps d’inspection autour des difficultés pédagogiques spécifiques que rencontrent les équipes et de mieux évaluer l’effet des actions conduites. Dans la perspective de la mise en place des ’cités éducatives’, un accompagnement fort par un responsable académique des futurs ’chefs de file’ apparaît aussi nécessaire. Il faudra, en effet, que ceux-ci disposent des moyens d’exercer pleinement leur mission de coordination, non seulement auprès des acteurs de l’éducation nationale (à l’échelon du premier degré et second degré, y compris les lycées), mais encore dans un cadre partenarial en lien, en particulier, avec le représentant de la commune et celui de la préfecture."

"Créer la mention complémentaire ’Animation-gestion de projets dans le secteur sportif’ à la suite du baccalauréat professionnel."

"Mettre en œuvre des mécanismes de collaborations entre l’Éducation nationale, les acteurs sanitaires et les acteurs du handicap (...). Mobiliser les ressources sanitaires du programme de réussite éducative pour maintenir un suivi des enfants pendant la construction de leurs parcours de prise en charge (...). Développer les solutions de prise en charge en santé mentale et dans le champ du handicap (...)"

Le rapport (PDF)

Extrait de touteduc.fr du

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