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Les Pédagogies critiques. Sous la dir. de Laurence De Cock & Irène Pereira. Ed. Agone/Fondation Copernic, 2019 (présentation ToutEduc)

8 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

Laurence De Cock et Irène Pereira revisitent les "pédagogies critiques" (ouvrage)

Les Pédagogies critiques
Sous la direction de Laurence De Cock & Irène Pereira
En coédition avec la Fondation Copernic.
Parution : 11/01/2019
ISBN : 9782748903850
Format papier : 144 pages (12 x 19,5)
12.00 € + port : 1.20 €

Format numérique
8.99 €

En France, les pédagogies critiques sont rendues invisibles, abusivement englobées dans les pédagogies « nouvelles » ou « alternatives » à la mode dans les écoles de riches. Alors que partout ailleurs dans le monde les pédagogies critiques sont clairement distinguées des méthodes libérales, qui réduisent l’éducation à un parcours de performance personnelle, la France se singularise par un débat réduit à l’opposition simpliste entre « tradition » et « modernité ».

Le propos de cet ouvrage collectif est donc de remettre à la première place l’essentiel : les pédagogies critiques participent d’un projet politique de remise en cause de l’ordre néolibéral et des dominations de toutes sortes.
C’était la démarche des grands fondateurs Célestin Freinet et Paulo Freire ; c’est aussi celle que perpétuent et renouvellent beaucoup de pédagogues d’aujourd’hui.

Table des matières
1. Célestin Freinet et Paulo Freire, des pédagogies de transformation sociale, par Gauthier Tolini
2. Panorama international des pédagogies critiques, par Irène Pereira
3. Qu’est-ce qu’une pédagogie féministe ? par le groupe « Traces »
4. Faut-il décoloniser l’enseignement de l’histoire ? par Laurence De Cock
5. La récupération néolibérale des pédagogies alternatives, par Jean-Yves Mas
6. L’éducation populaire, par Adeline de Lepinay

Extrait dela présentation éditeur

 

Laurence De Cock et Irène Pereira revisitent les "pédagogies critiques" (ouvrage)

Derrière les termes apparemment neutres de "développement personnel", de "motivation" ou d’ "autonomie" se niche "un projet social et politique exactement inverse" à celui pour lequel plaide la "pédagogie critique". Dans sa conclusion de l’ouvrage collectif "Les pédagogies critiques", Laurence De Cock, s’inscrit dans une politique explicite "d’émancipation" et elle ajoute : "on le voit, c’est à chaque palier du système éducatif que la pédagogie critique gagnerait à se faire connaître, ne serait-ce que pour que s’accomplisse le principe républicain le plus passé sous silence, à savoir la justice sociale."

Les "pédagogies critiques", qui s’intéressent, pour paraphraser Paulo Freire, pédagogue brésilien, "à la conscientisation des oppressions", doivent, selon l’auteure, se démarquer nettement du "néo-libéralisme" et leur dimension "transformation sociale", qui était présente chez les pionniers comme Freinet ou Freire, se retrouverait aujourd’hui dans des "pédagogies de transformation sociale se présentant comme féministes, queer, décoloniales, antiracistes…".

L’ouvrage regroupe donc au terme d’un tour d’horizon international les diverses formes d’une "pédagogie intersectionnelle contre les privilèges sociaux", lesquels produiraient des "normes évidentes" qui doivent pourtant être questionnées "et un point de vue qui tend à se considérer comme universel". Il évoque par exemple diverses expériences de militantes féministes et professionnelles de l’Éducation nationale du groupe Traces comme Flora qui "démasculinise (son) langage au sein de sa classe car en maternelle les petites filles sont habituées à ce qu’on leur parle au féminin et sont de fait exclues du langage collectif masculin", ou encore Agnès qui facilite l’accès libre à toutes les activités, précisant que "ce travail de déconstruction des stéréotypes est aussi un enjeu avec les collègues".

Au-delà de la question du féminisme, ces pédagogies placent les militants "dans la perspective d’une pensée intersectionnelle aujourd’hui incontournable pour appréhender la complexité du monde". Se déclinent ainsi la pédagogie critique de la norme, la pédagogie féministe, la pédagogie queer, la pédagogie critique de la race, la pédagogie critique décoloniale, la pédagogie critique du classisme (qui s’intéresse entre autres aux préjugés des enseignants sur les familles de milieu populaire) et l’éco-pédagogie.

Dans sa conclusion, Laurence de Cock fustige l’absence de maîtrise par "les jeunes professionnel-les" de "la construction sociale des savoirs à transmettre, le fait que ces savoirs ne soient pas totalement neutres". Elle rappelle à ce sujet l’attitude de Manuel Valls qui en appelait directement à la sanction contre des "élèves sceptiques, soupçonneux voire attirés par des théories fumeuses", afin de contrer la prétendue "culture de l’excuse".

Non, semble lui répondre à distance l’auteure, "les expériences diverses qui sont décrites (...) ne sont pas réductibles à de vulgaires jeux de rôles ou ’activités scolaires’, elles sont au contraire un préalable à des apprentissages raisonnés de savoirs qui se chargent dès lors d’une dimension émancipatrice (…)."

Extrait de touteduc.fr du 24.02.19 : Laurence De Cock et Irène Pereira revisitent les "pédagogies critiques" (ouvrage)

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