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Dossier "Éducation scientifique et technologique et émancipation", Recherche en Education N°34 - Novembre 2018 (2 études dans des écoles en éducation prioritaire)

10 décembre 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

Recherche en Education N°34 - Novembre 2018
Éducation scientifique et technologique et émancipation
Coordonné par Denise ORANGE-RAVACHOL

Au sommaire, deux articles sur des actions en éducation prioritaire :

CORA COHEN-AZRIA 75
Sorties scolaires dans les musées de sciences :
étudier l’émancipation par l’analyse du sujet didactique

Résumé
Ce texte contribue à la réflexion autour de la question des fonctions émancipatrices et de ses conditions dans le cadre des visites scolaires au musée. À partir d’un ancrage didactique, l’investigation de ces situations nous a conduit à les étudier au prisme de la notion de sujet. Il s’agit d’analyser à la fois le sujet didactique dans le cadre de situations singulières que sont les visites scolaires dans les musées de sciences, le sujet institutionnel selon l’institution de référence dans cette collaboration ou partenariat, mais également de s’interroger sur le sujet concepteur de discours (scientifique, muséologique ou encore scientifique scolaire). Si l’émancipation concerne d’abord l’individu par rapport au groupe, la visite scolaire au musée se construit le plus souvent sur l’expérience collective. Ces dimensions nous amènent à interroger la (dé)personnalisation des discours produits par les scientifiques, par les muséologues et par les élèves-visiteurs.

p. 85
[...] Certaines situations de visites scolaires au musée peuvent avoir des répercussions au-delà de l’espace muséal. Toujours dans le cadre de la recherche-action sur l’apprentissage de la lecture de l’exposition (Cohen, 2002), les élèves étaient amenés à s’interroger sur l’écriture muséographique tout en construisant leur place de visiteur. Ils prenaient alors conscience de l’existence de concepteurs ainsi que de leurs intentions dans l’écriture de l’exposition.
Lors d’une séance conclusive en classe, l’un des élèves de cours moyen deuxième année (CM2) d’une Zone d’éducation prioritaire (ZEP) de Grigny a fait un parallèle entre son expérience muséale dans le cadre de ce projet et son quotidien. Il a en effet déplacé la question de l’écriture muséale, vers celle de l’écriture dans l’espace de consommation. Si rien n’est posé au hasard dans l’exposition afin de raconter une histoire scientifique, dans le supermarché, les produits ne sont également pas disposés sans règles. Lorsque cet élève a fait part de sa remarque à la classe, les autres ont participé au débat sur les raisons de la présence des bonbons près des caisses dans les supermarchés. Cet exemple issu d’un parallèle fait entre deux espaces distincts s’appuie sur la place que prend le sujet quant à son interprétation et sa compréhension de la situation qu’il vit et non qu’il subit. Certes, alors que les objectifs initiaux se concentraient sur un domaine scientifique, il le déplace ou l’élargit avec comme pivot l’activité réflexive du sujet. [...]

 

 MARIE ODILE LAFOSSE-MARIN 87
Impacts émancipateurs d’une coopération scientifique enseignant à l’école primaire sur les représentations des enfants et leur mobilisation dans les apprentissages en sciences.

Dans les écoles classées en éducation prioritaire, les enseignants hommes sont beaucoup plus nombreux que la moyenne, 32% contre 9% dans les écoles considérées comme favorisées de notre échantillon. Chez les filles sans ASTEP (accompagnement en science et
technologie à l’école primaire), il est surprenant de constater qu’avec un maître le pourcentage des hommes dessinés n’est pas supérieur à celui des femmes alors qu’il l’est avec une maîtresse. Chez les filles avec ASTEP, le résultat est plus étonnant encore : la corrélation entre les femmes dessinées et l’ASTEP est particulièrement significative quand le professeur est un homme (75% de femmes et 19% ’hommes).

p. 88
[...] Les institutions scientifiques dont dépendent les étudiants accompagnateurs proposent une reconnaissance du travail d’accompagnement et de sa dimension de formation. De plus en plus
d’établissements, universités et écoles d’ingénieurs, créent des unités d’enseignement qui permettent d’octroyer et de valider des crédits d’études (ECTS), du niveau licence 3 au doctorat.
Un réseau national de correspondants se met progressivement en place. Dans chaque académie, un correspondant scientifique travaille avec un correspondant académique (inspecteur pédagogique régional ou inspecteur d’académie) au développement de l’ASTEP dans sa région. Cette pratique s’est développée depuis 1996 pour atteindre environ une classe sur cent sur l’ensemble de la France, dont 26% en éducation prioritaire, 16% en milieu rural (en 2014-2015). [...]

p. 97
[...] L’influence de la pratique des sciences est perceptible mais elle ne se fait pas sentir de la même façon chez les garçons et chez les filles. Chez les garçons, c’est la pratique des sciences, avec ou sans ASTEP, qui augmente chez eux la fréquence des termes de création de savoir. Chez les filles, la pratique des sciences ne semble pas suffire à les faire bouger, c’est l’accompagnement par un jeune scientifique qui y réussira. Avec ASTEP le pourcentage de femmes « créatives » c’est-à-dire ayant recours à un vocabulaire de création de savoir, est multiplié par deux. Comme pour d’autres variables déjà rencontrées, cet impact de l’ASTEP est plus marqué chez les élèves d’écoles de milieux défavorisés. [...]

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